Exploitation artisanale de l’or à Kaya-Kaforo : les filons d’un orpaillage plus vert et organisé

Kaya-Kaforo conserve toujours son couvert végétal.

Le secteur minier artisanal et à petite échelle constitue une part importante de l’activité extractive au Burkina Faso. En 2024, la production totale artisanale était de 7,13 tonnes d’or contre seulement 0,49 tonne en 2023, selon le rapport de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE-BF). Ce bond significatif est une véritable opportunité de mobilisation de ressources nationales. Cependant, l’absence de formalisation et de mécanismes de contrôle adéquats pose des risques en termes de pollution de l’environnement et de dégradation de la nature. Pour mieux organiser ce secteur, la loi n°016-2024/ALT du 18 juillet 2024 portant Code minier du Burkina Faso impose désormais l’exploitation collective des sites artisanaux. A ce jour, une vingtaine de coopératives ont déjà été créées, mais leur fonctionnement reste timide. Néanmoins, la coopérative Tiawango Mine qui exploite depuis février 2026, le site artisanal de Kaya-Kaforo, dans la province du Nahouri, prend son envol. Pionnière de ce modèle coopératif, elle trace les sillons d’une exploitation artisanale mieux structurée et respectueuse de l’environnement. Reportage !

Mercredi 8 juillet 2026. Il est 7 heures à Pô, chef-lieu de la province du Nahouri, situé à 145 kilomètres de la capitale, dans la partie Sud du Burkina Faso. Les premiers rayons du soleil percent à peine l’horizon lorsque nous prenons la route du village de Kaya rattaché à la commune rurale de Tiébélé. Après une trentaine  de kilomètres de route
praticable, nous voilà dans ladite localité. Mais, il nous reste encore trois kilomètres à parcourir pour atteindre le site artisanal de Kaya-Kaforo.

Cette fois sur une piste que seuls les habitués du site d’orpaillage semblent parfaitement maîtriser. Les nids-de-poule se succèdent. Les bas-fonds ralentissent la progression et les branches d’arbres, envahissant parfois le passage, obligent notre conducteur à se frayer un chemin entre les buissons. Puis, au détour d’un virage, la brousse s’anime brusquement. Un vaste parking, où sont alignées des centaines de motos, nous annonce l’intensité de l’activité qui règne sur les lieux. Nous sommes à Kaya-Kaforo, un site artisanal d’or exploité par la coopérative Tiawango Mine composée de 100 membres.

Ses activités ont été officiellement lancées le 28 février 2026. A l’entrée, des agents de sécurité contrôlent systématiquement les visiteurs avant de les autoriser à franchir le portail d’un périmètre entièrement clôturé d’un kilomètre carré. Nous déclinons notre identité et la raison de notre présence. Quelques appels téléphoniques et plus tard, un homme se présente à nous. Il se nomme Zolo Ouetjouga. Originaire du village de Kaya, il est membre de la coopérative et responsable de la zone d’exploitation. C’est lui qui est notre guide du jour.

Pour la sécurité des orpailleurs, les trous sont moulés jusqu’à 10 mètres de profondeur.

« Nous allons parcourir le site à pied. Il est vaste. J’espère que vous tiendrez le rythme », nous lance-t-il avec un sourire aux lèvres.Le site est organisé en quatre espaces distincts. Il s’agit des zones d’extraction, de traitement du minerai, de commercialisation et une zone dédiée aux activités diverses. Chacun de ces espaces est régi par des règles précises visant à garantir la sécurité des orpailleurs et à limiter l’impact des activités sur l’environnement. Dans la zone d’extraction, c’est le vrombissement des groupes électrogènes mêlé au bruit des dynamitages qui nous accueille.

« Chaque membre a droit à un trou. C’est ce dernier qui recrute ses orpailleurs pour le travail. Pour un trou, il faut au moins dix travailleurs qui se relaient, car les activités se déroulent en continu », explique notre interlocuteur. Pour la production, précise-t-il, sur dix sacs de roche aurifère sortis des trous, deux reviennent à la coopérative. « C’est avec cette part que l’organisation fait face à ses charges de fonctionnement, de sécurité et de contribution pour le développement de commune », ajoute-t-il.

La protection de l’environnement, la règle d’or

Au fur et à mesure que nous avançons dans le périmètre, un autre détail nous saute
à l’œil. Contrairement aux sites d’orpaillage « sauvages », où les arbres disparaissent progressivement, Kaya-Kaforo conserve encore un important couvert végétal. L’ombre des nombreux arbres sert de lieu de repos pour les occupants du site.

« Ici, aucun arbre ne doit être abattu. Pour nos besoins, nous achetons du bois de filao auprès des populations du village », explique Zolo Ouetjouga. Cette exigence de préserver l’environnement n’est pas le fruit du hasard. Elle est consacrée au chapitre 5 du Code minier qui prévoit des mécanismes de protection et de restauration après l’exploitation. Dans le cahier de charges imposé aux coopératives, cette obligation est clairement définie. « Chaque vendredi, les membres suspendent une partie de leurs activités pour consacrer la journée au nettoyage du site.

Une distance de 5 mètres est observée entre deux trous.

Des poubelles ont été installées à plusieurs endroits afin de collecter les déchets plastiques et de maintenir les lieux propres », nous renseigne-t-il.
Trésorier de la coopérative Tiawango Mine et natif de la localité, Faïçal Bayemban Adi insiste sur le respect des engagements pris par les exploitants.
« Des dispositions sont également prises pour éviter toute pollution », affirme-t-il. L’utilisation des produits chimiques et des explosifs est strictement encadrée.

La coopérative bénéficie d’une autorisation pour l’emploi d’explosifs, mais leur approvisionnement et leur manipulation obéissent à des règles précises. « Nous avons un fournisseur agréé reconnu par les autorités. Les explosifs sont livrés directement sur le site et seuls des agents qualifiés sont autorisés à les manipuler afin de limiter les risques », précise M. Adi. Quant au cyanure ou le mercure, son utilisation est également prévue, mais la coopérative n’y recourt pas pour l’instant. « Nous n’en avons pas besoin à ce stade de notre exploitation », indique le trésorier.

Un dispositif de sécurité renforcé

Pour le traitement des résidus, des fosses spécialement aménagées permettent de contenir l’eau afin qu’aucun rejet ne soit déversé dans la nature, assure Kontargongo Yamenga, travaillant dans la zone de traitement. A Kaya-Kaforo, l’organisation de l’exploitation ne se limite pas à la protection de l’environnement. La sécurité des travailleurs, des visiteurs et des transactions est primordiale. Dans la zone d’extraction, les excavations sont consolidées afin de limiter les risques d’éboulement.

Zolo Ouetjouga, responsable de la zone d’extraction veille au grain pour que les règles soient respectées à la lettre.

« Nous avons exigé que les puits soient moulés en béton jusqu’à 10 mètres de profondeur. Entre deux trous, on doit observer une distance d’au moins cinq mètres », explique Faïçal Bayemban Adi.
L’accès au site est, lui aussi, rigoureusement réglementé. Chaque exploitant dispose d’un badge. Les visiteurs et les acheteurs reçoivent une autorisation temporaire avant d’entrer dans l’enceinte. « Ici, le badge est obligatoire. Sans badge, personne ne peut accéder au site », prévient Zolo Ouetjouga.

A quelques mètres de la zone de traitement, la commercialisation de l’or s’effectue dans un espace spécialement aménagé. Des collecteurs agréés y achètent directement le minerai avant sa cession à la Société nationale des substances précieuses (SONASP), conformément à la convention conclue avec la coopérative. Ce dispositif vise à assurer une meilleure traçabilité de la production et à lutter contre les circuits informels.
La sécurisation du site repose également sur une collaboration entre plusieurs acteurs. Une convention lie la coopérative à l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM) ainsi qu’à une société de gardiennage privé.

Effectivement sur le périmètre, les Forces de défense et de sécurité ainsi que les Volontaires pour la défense de la patrie, déployés sur le site, travaillent sans relâche. Des patrouilles, soit en binôme à moto, soit à pied, sont effectuées régulièrement.
« Les différents dispositifs fonctionnent en parfaite complémentarité. Depuis l’ouverture du site, nous n’avons enregistré aucun incident majeur lié à la sécurité », assure Zolo Ouetjouga. Cette quiétude rassure aussi bien les exploitants que les commerçants. Dans la zone marchande, les transactions s’effectuent dans un climat de sérénité.

Dans la zone de traitement, un dispositif est mis pour qu’aucun rejet ne soit déversé dans la nature.

Pascal Kountouga, commerçant est confiant. Il garde en souvenir un passé douloureux. « J’étais dans un autre site. Le désordre y régnait. Nous avons été plusieurs fois victimes de vols et même de braquages. Avec cette sécurité à Kaya-Kafaro, je doute fort qu’un voleur ose s’aventurer ici », ironise-t-il.

Même si les débuts restent modestes, les premiers résultats sont encourageants. « 50 % des exploitants ont déjà atteint l’or », confie le responsable de la zone d’extraction. L’installation de la coopérative Tiawango Mine ouvre de nouvelles perspectives de développement pour la localité.

Des retombées pour les populations et l’Etat

« Au début, il y avait des inquiétudes. Aujourd’hui, les choses se passent bien et nous n’avons jamais été saisis d’un quelconque conflit », se réjouit le chef du village de Kaya. Et d’ajouter que l’activité contribue progressivement à améliorer les conditions de vie des habitants. « Même les femmes du village qui vendent la nourriture sur le site, celles qui ravitaillent les orpailleurs en eau, toutes s’en sortent », souligne-t-il. Il invite d’ailleurs les autres villages à s’inspirer de cette expérience en se conformant aux dispositions du Code minier.

Du côté de la coopérative, son trésorier, Faïçal Bayemban Adi, peut s’enorgueillir. « L’Etat a vu juste en intégrant la mise en place des coopératives. L’objectif est que les retombées générées par l’or profitent d’abord au village de Kaya, puis à la commune de Tiébélé, à la région et, au-delà, à tout le Burkina Faso », affirme-t-il.
Le Président de la délégation spéciale (PDS) de Tiébélé, Aimé Gué, est de cet avis. Il estime que l’impact de cette nouvelle organisation est déjà perceptible chez les exploitants.

Selon le trésorier de la coopérative, Faïçal Bayemban Adi, tous
les exploitants doivent respecter leurs engagements.

Il fonde l’espoir que les retombées profiteront bientôt à l’ensemble de la commune. « Nous avons adopté une charte minière locale et nous poursuivrons le dialogue avec la coopérative afin qu’elle accompagne la réalisation de projets structurants au profit de la population », informe-t-il.

Pour lui, l’expérience de Kaya-Kaforo démontre qu’un site d’orpaillage peut fonctionner autrement. Là où les exploitations non encadrées peinent à respecter les règles de sécurité et les normes environnementales, foi du PDS, la coopérative apporte un mode de gestion où les responsabilités de tous les intervenants sont clairement identifiées. Cette première expérience, nous confie-t-il, ouvre la voie à d’autres qui feront incessamment de sa commune une localité minière. Deux autres coopératives, confie-t-il, sont en cours de création et deux projets de sites semi-mécanisés suivent également leur procédure d’autorisation. A ceux qui hésitent encore à rejoindre le modèle coopératif, le PDS les invite à se conformer aux dispositions légales.

« Il faut qu’ils aient accès à la bonne information. Beaucoup de réticences reposent sur des idées fausses et des désinformations véhiculées par des personnes de mauvaise foi», regrette-t-il. A Kaya, interpelle-t-il, chacun peut venir constater qu’une coopérative fonctionne très bien. « C’est ce modèle qui est dans l’intérêt de tous que nous souhaitons voir dans les autres localités », conclut-il.Et le président de la coopérative, Samuel Tahoura, de confirmer le parfait fonctionnement du site. « Auparavant, le site était exploité de manière anarchique. En 2022, un éboulement est survenu », se désole-t-il.

C’est à l’issue de cette situation regrettable, laisse-t-il entendre que l’Etat a repris la main pour y instaurer une exploitation artisanale mieux organisée. Aujourd’hui, se réjouit-il, le modèle est apprécié de partout. «Des orpailleurs ayant travaillé dans d’autres pays, comme la Guinée, nous font un retour positif », souligne-t-il. Il pense que c’est en se
mettant en coopérative que les orpailleurs peuvent favoriser la création d’emplois et contribuer au développement de leur localité.

Sur dix sacs de roche minérale extraits, deux reviennent à la coopérative.

En personne avisée de la question, le président dit apporter son expertise à ceux qui sont dans cette dynamique. « La coopérative Tewaka, dans la commune de Nobéré, est dans un processus de régularisation du site Nazinon Gold. Je donne régulièrement des conseils aux membres », laisse-t-il entendre.

Le président du syndicat national des artisans miniers du Burkina, Maneem Yam Naaba Sanem, salue cette réforme qui encourage les artisans miniers à se regrouper en coopérative. Selon lui, ce modèle favorise une meilleure répartition des revenus issus de l’orpaillage. Toutefois, reconnaît-il, la mise en œuvre de cette initiative se heurte encore à plusieurs difficultés.

A ce jour, seules quelques coopératives ont réussi à se structurer et à fonctionner de manière satisfaisante. Malgré ces défis, il se montre confiant. Il estime qu’à travers les actions de sensibilisation et le dialogue, les artisans finiront par comprendre les avantages de ce nouveau modèle d’organisation. Pour ce faire, il appelle les services de l’Etat, les collectivités territoriales, mais aussi les artisans miniers eux-mêmes, à s’impliquer davantage afin d’assurer le succès de cette démarche.

Un processus minutieux

La coopérative en question est l’une des illustrations de la vision des hautes autorités du pays consacrée dans la loi n°016-2024/ALT du 18 juillet 2024 portant Code minier du Burkina Faso, selon le directeur régional des mines, des
carrières et de l’énergie du Nazinon, Hervé Kalmogo. S’agissant du site de Kaya-Kaforo, il rappelle qu’il avait fait l’objet de fermeture et de sécurisation en 2022 du fait du contexte

Selon le chef du village de Kaya, l’activité contribue à améliorer
les conditions de vie des habitants.

sécuritaire. Pour permettre l’ouverture de ce site, ajoute-t-il, il a été décidé de mettre en place une coopérative. Mais avant d’obtenir le précieux sésame pour exploiter un site, les membres doivent obéir à un processus. Tout commence, détaille-t-il, par l’identification et la délimitation des zones favorables pour l’exploitation.

« La superficie maximale est d’un km2 soit 100 hectares », précise le DR. Ces informations sont transmises aux services techniques du ministère en charge des mines pour vérification afin de s’assurer que le site demandé ne présente aucune contrainte à la mise en place de l’exploitation. Toutefois, relève-t-il, il peut arriver que le site soit couvert soit par un permis de recherche, soit une zone protégée comme les forêts classées ou les zones pastorales, ou sur un actif minier de l’Etat (permis de recherche ou d’exploitation ayant fait l’objet d’expiration ou de retrait pour des manquements aux obligations règlementaires et contenant des ressources exploitables).

Concrètement, souligne-t-il, pour ce qui est des permis de recherches, la coopérative en création négocie avec le détenteur afin de trouver un terrain d’entente. Faute d’accord, le processus s’arrête. « Pour les zones protégées, il est formellement interdit d’exploiter. Pour les actifs miniers, il y a plus de possibilité d’avoir un avis favorable pour la mise en place des coopératives », indique-t-il. Une fois ces préalables réunis, poursuit-il, place aux concertations avec les propriétaires et tous les acteurs impliqués.

« L’administration des mines, de concert avec la mairie de la localité, initie des communiqués radios pour inviter les personnes intéressées à s’enregistrer. Les personnes enregistrées sont ainsi convoquées pour une assemblée générale consacrant la création officiellement la coopérative et la mise en place des organes dirigeants, notamment le comité de gestion et le comité de surveillance », résume-t-il.

Le PDS de Tiébélé, Aimé Gué, fonde l’espoir que les retombées profiteront bientôt à l’ensemble de la commune.

A l’issue, il revient à la nouvelle coopérative d’entreprendre des démarches auprès du haut-commissariat de son ressort pour l’immatriculation et réunir les documents nécessaires qui seront déposés à la direction générale du cadastre minier pour l’obtention de leur Autorisation d’exploitation artisanale (AEA). Avant la délivrance de l’AEA, les avis de la mairie, des propriétaires terriens sont demandés.
En rejoignant une coopérative, se convainc-t-il, les artisans miniers obtiennent un cadre légal pour exercer leur métier et bénéficier d’un meilleur accompagnement de l’Etat. De son côté, se réjouit-il, l’Etat dispose d’interlocuteurs identifiés et peut convenablement
lutter contre la fraude. Même si la formalisation demande encore des
efforts de sensibilisation, promet-il, la dynamique est déjà enclenchée.

Adama SEDGO


Kaya-Kaforo brise les frontières tracées par le colon

Le modèle coopératif de Kaya-Kaforo a pu briser des frontières. Le site artisanal réunit des hommes et des femmes que les frontières issues du colonisateur semblaient pourtant séparer. Une partie des propriétaires terriens vit de l’autre côté de la frontière, au Ghana. Ghanéens de nationalité, ils conservent néanmoins des droits coutumiers sur les terres où s’étend aujourd’hui le site d’exploitation artisanale. Grâce au mode de gouvernance instauré par la coopérative, les bénéfices de l’exploitation sont répartis entre les ayants-droits, qu’ils résident au Burkina ou en territoire ghanéen. Une organisation saluée par les populations où chacun, de part et d’autre de la frontière, trouve son compte. « La famille reste la famille », dit un adage !

A.S.


Vers une sécurisation de l’or national

Le Burkina, à travers la formalisation de l’orpaillage, entreprend des mesures de
sécurisation et de traçabilité de son or. En octobre 2023, la Société nationale des
substances précieuses (SONASP) voit le jour. Elle est une société d’Etat née des cendres de l’Agence nationale d’encadrement des exploitations minières artisanales et
semi-mécanisées (ANEEMAS). La SONASP est l’unique guichet de commercialisation et d’exportation de l’or de production artisanale et semi-mécanisée, ainsi qu’une partie de l’or industriel. L’objectif étant de réduire la fraude et la contrebande. Ces
prérogatives sont régies par le nouveau Code minier, en son article 238, portant
commercialisation de l’or et des substances précieuses. En 2024, le Burkina a bouclé l’année avec une exportation d’or estimée à 64,15 tonnes. Pour une première fois, la SONASP devient le premier exportateur national, avec plus du tiers des volumes exportés (35%), traduisant l’intégration progressive de l’or artisanal dans les circuits formels.

Source : rapport ITIE-BF 2024

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