Des poissons morts dans un cours d’eau. L’image est suffisamment forte pour interpeller. Mais, elle doit surtout nous pousser à réfléchir. Ce mercredi 26 août 2026, des cas de mortalité de poissons, notamment des silures sacrés, ont été constatés dans le marigot Houet, au niveau du secteur 14, à Bindougousso, dans le 3ᵉ arrondissement de la commune.
Cette découverte intervient au lendemain d’un incendie qui a touché des entrepôts de pesticides, d’herbicides et d’autres produits phytosanitaires situés à proximité. Pour l’heure, il serait prématuré d’établir un lien direct entre l’incendie et la mort des poissons. Les services techniques compétents ont d’ailleurs été mobilisés pour effectuer des prélèvements et déterminer les causes exactes de cette mortalité.
Mais, une question demeure, et elle mérite d’être posée avec insistance : où et comment stockons-nous les produits dangereux que nous utilisons au quotidien ? La question est

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d’autant plus importante que nous sommes en pleine période d’utilisation des pesticides par de nombreux producteurs. Ces produits sont utiles à l’agriculture lorsqu’ils sont correctement choisis, manipulés et utilisés. Mais, leur dangerosité ne disparaît pas une fois le bidon refermé. Un pesticide mal stocké peut devenir une menace pour les sols, les eaux, les animaux et, à terme, pour les populations. Un entrepôt installé à proximité d’un cours d’eau, dans une zone inondable ou dans un environnement vulnérable n’est donc pas un simple problème d’organisation. C’est un risque environnemental.
En cas d’incendie, de fuite ou de déversement, les substances toxiques peuvent potentiellement se retrouver dans le sol ou être entraînées vers les eaux. Et lorsqu’un cours d’eau est contaminé, ce sont tout un écosystème et des usages humains qui peuvent être affectés. L’enjeu est encore plus préoccupant dans un contexte où circulent des produits phytosanitaires non homologués ou utilisés sans respecter les prescriptions. La question n’est donc pas seulement celle de la disponibilité des pesticides. Elle est aussi celle de leur traçabilité, de leur stockage, de leur transport, de leur utilisation et
de l’élimination des emballages.
Sensibilser sur les risques

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Nous devons cesser de considérer la protection de l’environnement comme une affaire secondaire, à évoquer seulement après une catastrophe. Prévenir coûte toujours moins cher que réparer un environnement dégradé. L’incident du marigot Houet doit ainsi servir d’avertissement, sans attendre les résultats des analyses pour tirer les premières leçons. Les autorités doivent renforcer le contrôle des lieux de stockage et faire respecter les normes.
Les distributeurs et utilisateurs doivent, eux aussi, prendre leurs responsabilités. Et, les producteurs doivent être davantage accompagnés et sensibilisés sur les risques liés
aux produits qu’ils manipulent. Car, protéger l’environnement, ce n’est pas seulement défendre les arbres, les forêts ou les espèces animales. C’est protéger notre eau, nos terres, notre alimentation et, finalement, notre propre santé. Le marigot Houet nous rappelle une évidence : notre cadre de vie n’est pas une décharge où l’on peut entreposer n’importe quoi, n’importe où. La responsabilité environnementale commence précisément là où nous décidons de ne plus prendre de risques inutiles.
Paténéma Oumar OUEDRAOGO






