S’il apparaît évident que le coup de force raté intervenu à Niamey le weekend dernier a pour principal commanditaire, la France et ses services de renseignements extérieurs (selon les mots du général Abdramane Tiani, Macron a juré de ne pas quitter le pouvoir la queue entre les jambes), il est clairement établi qu’il n’aurait pu avoir l’ombre d’un commencement, sans la traitrise de soldats et civils nigériens, stipendiés par l’impérialisme international pour maintenir leur pays sous sa férule humiliante.
Les images de la télévision nationale nigérienne sont sans équivoque sur le sujet ; ce qui nous remet à l’esprit l’histoire tourmentée du continent et les propos prémonitoires du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré qui n’a de cesse de nous rappeler que la traitrise est l’un des dangers majeurs qui guette nos processus souverainistes.
A la lumière des évènements politiques malheureux qui ont ensanglanté l’Afrique et dont les plus emblématiques sont l’assassinat de Patrice Lumumba, Sylvanius Olympio, Marien Ngouabi et Thomas Sankara, ce sont en effet des traîtres très proches du premier cercle du pouvoir nigérien qui ont tenté cette forfaitaire dont le succès aurait plongé le pays dans une longue période d’incertitude et de chaos propice au retour des prétendus « sauveurs » du continent.
Défenestrée avec fracas du Sahel central et en proie depuis à une lente descente aux enfers sur fond de marasme économique, de chômage et de « grisou » social, la France macroniste fait des pieds et des mains pour reprendre le contrôle de cet espace vital pour sa survie. Macron qui est pointé du doigt par les cercles militaires, politiques et économiques qui lui imputent ce tableau sombre par son manque de courage, n’a désormais qu’une seule obsession : avoir la peau d’un des dirigeants de l’AES pour détricoter cet espace souverainiste en gestation et laisser son successeur terminer le travail de « normalisation ».
Le terrorisme étant en passe d’être vaincu, il ne reste plus que les militaires indignes, sans foi ni loi pour exécuter cette basse besogne. Appât du gain, faiblesse morale et besoin d’affirmation de soi, sont les raisons principales qui dictent la conduite de ces soldats du déshonneur. Aussi, l’agitation de la « fibre ethnique » n’y est pas étrangère dans un continent où la conscience citoyenne et le patriotisme sont souvent à géométrie variable. Plutôt que de se « nourrir » du patriotisme pour fortifier leur esprit, vivifier leur âme et participer à la construction nationale, les traîtres et les réactionnaires préfèrent « l’argent frais » quelle que soit sa provenance, pour satisfaire leurs pulsions personnelles.
Le scénario étant connu, il appartient à nos dirigeants de maintenir leur niveau de vigilance au très haut niveau, avec notamment des services de renseignements efficaces et une veille citoyenne permanente. Dans le même temps, l’élévation de la conscience révolutionnaire doit être de mise pour changer le logiciel des générations futures.
Prise dans le maelstrom de la mondialisation marchande et financière qui privilégie le paraître et l’avoir au détriment de l’être, la jeunesse africaine est malléable mentalement et souvent peu au fait des enjeux géostratégiques de l’heure.
Le réarmement idéologique et culturel, voilà le défi majeur à relever pour nos autorités, outre les projets et programmes de développement. C’est vrai que la traitrise est difficile à déceler, surtout quand elle est « tapie » au cœur même du pouvoir, mais une jeunesse éduquée et consciente l’empêchera de prospérer sous nos tropiques. Il faut donc combattre le terrorisme, développer le pays et surmonter les obstacles en gardant « l’esprit clair et les yeux secs ». C’est le prix à payer pour rentrer définitivement dans l’histoire. Ceux qui luttent, ce sont ceux qui vivent !
Boubakar SY






