
Installée dans la deuxième décade du mois de juillet 2026, dans la commune de Mané, la campagne agricole 2026-2027 s’annonce prometteuse avec une bonne physionomie des cultures. Dans les villages réinstallés en décembre 2024 de Zincko, Lonti et Samkoudougou, le sorgho est au stade de montaison contre la ramification pour le niébé. Quant au riz, c’est le talage ou l’épiaison alors que l’arachide est en phase de floraison. Toute chose qui donne de l’espoir aux agriculture rencontrés les 28 et 29 août 2026.
Dans le village de Zincko, commune de Mané, Issouf Nagbila et sa famille forte de 105 membres disposent de champs de sorgho et de petit mil de plus de 8 hectares. Ils emblavent aussi le haricot sur une superficie d’un hectare. Nous visitons ses « champs-parrains », sis dans le quartier Débéré, dans la matinée du samedi 29 août 2026. Ses cultures présentent une bonne physionomie. Certaines cultures de sorgho sont en phase d’épiaison alors que le haricot est en floraison. Ils espèrent moissonner 100 sacs de 100 kg de sorgho, 60 sacs de 100 kg de petit mil et 7 sacs de 100 kg de haricot.
Cette Personne déplacée interne (PDI) retournée est à sa deuxième saison humide. Aux dires de Nagbila, sa production lui permettra d’assurer la ration alimentaire et les charges quotidiennes de sa famille liées à la scolarité des enfants, les soins, l’habillement, etc. Il pratique les techniques culturales telles que le Zaï et les cordons pierreux, accompagnées de fumure organique.
Clôturer les champs communautaires et réaliser des forages

« La saison s’est difficilement installée. Nous avons semé à trois reprises avant que les semis ne prennent forme. Sans le soutien des techniciens en agriculture en semences et produits phytosanitaires, mes cultures ne seraient pas bonnes », indique Issouf Nagbila. A l’entendre, il dit bénéficier de labour subventionné (10 000 f/hectare), de deux sacs de 50 kg de semence (gratuit) et six sacs d’engrais (17 000 F CFA, le sac) de l’Etat. Son souhait est la dotation de son village d’un tracteur pour le labour.
Dans le village de Lonti (commune de Mané), nous visitons un champ communautaire de sorgho d’une superficie de six hectares et un autre champ de haricot d’un hectare, exploités par une soixantaine de femmes et une quarantaine d’hommes. « Nous sommes allés voir l’agent de l’agriculture pour solliciter un soutien pour la mise en place d’un champ communautaire afin de subvenir à nos besoins familiaux », explique la porte-parole des femmes, Adjarata Sana. En termes de soutiens, ces agriculteurs ont bénéficié d’un labour gratuit des deux champs, d’une dotation (gratuit) en un sac de 50 kg de semences de
sorgho, six tasses de semence de haricot et de 15 sacs de 50 kg d’engrais, d’un suivi rapproché.
Ils ont également bénéficié d’une charrette et d’une charrue d’asile. Leurs champs constituent des champs de semences homologuées. « Cette initiative nous permettra de disposer de semences en quantité et en qualité. Le surplus nous servira de ration alimentaire et de vente pour l’éducation de nos enfants », se réjouit-elle. Dans le village de Samkoudougou, 30 femmes et 3 hommes encadreurs exploitent un champ communautaire de Niébé de 1,75 hectares.
Selon leur porte-parole, Albertine Sawadogo, ils ont bénéficié aussi d’un labour gratuit, de trois sacs de 50 kg d’engrais, de semences, accompagné de suivi rapproché.
« Ils recevront bientôt des produits phytosanitaires en cas d’attaque au niveau des cultures », rassure le chef de Zone d’agriculture technique (ZAT) de la commune de Mané, Salif Konané. A l’entendre, leur culture est en stade de floraison et le rendement attendu est estimé à 1,2 tonne à l’hectare. Pour la porte-parole, leur production permettra d’assurer l’alimentation de leurs familles et de résoudre certaines charges familiales.
« Nous cultivons majoritairement sur les flancs des collines.
Les tracteurs ne peuvent pas accéder à ces flancs. Mais si nous gagnons une dotation conséquente en engrais et semences améliorées, cela va beaucoup augmenter nos rendements », sollicite Albertine Sawadogo. Les femmes de Lonti et Samkoudougou exhortent le chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré à clôturer leurs champs communautaires et réaliser un forage pour leur permettre de mener des cultures maraîchères pendant la saison sèche.
La formation en activité génératrice de revenus (élevage, saponification, tissage) est aussi l’une de leur doléance. Tous les intervenants traduisent leur reconnaissance à l’endroit du chef suprême des armées et des forces combattantes pour leur réinstallation depuis décembre 2024. A écouter le chef ZAT de Mané, la campagne agricole 2026-2027 s’est installée à partir de la deuxième décade du mois de juillet et le sorgho est actuellement au stade de montaison, le niébé au stade de ramification.
Les résultats escomptés seront atteints

Quant au riz, c’est le talage ou l’épiaison alors que l’arachide est en phase de floraison. L’Etat et son partenaire, le PCRSS, ont soutenu les agriculteurs de Mané. Selon lui, en termes de semences, la commune a bénéficié de 14 200 kg de semences, toutes spéculations confondues et 111 tonnes d’engrais (NPK et urée). Au niveau du labour, 190 hectares, dont 20 hectares pour les PDI (gratuit), ont été labourés à prix subventionné. Selon Salif Konané, sa commune a été dotée de 13 motoculteurs dont 5 octroyés par le PCRSS et 8 de l’Etat.
« Le partenaire nous a aussi donné de petits matériels tels que 100 charrettes et 100 charrues au profit des populations retournées. Il nous a également appuyés en intrants agricoles avec 13 tonnes de semences et 44 tonnes d’engrais », liste–t-il. Pour lui, il est tôt d’estimer la production attendue dans sa zone agricole, mais si la pluviométrie continue dans ces conditions jusqu’à la fin du mois d’octobre, les résultats escomptés seront atteints.
A l’entendre, la difficulté majeure de ses producteurs est le manque de matériels agricoles du fait qu’ils sont tous des populations retournées. Concernant ses agents, Salif Konané énumère, entre autres, le manque de matériels roulants (moto), l’insuffisance du carburant pour le suivi rapproché des agriculteurs avec l’offensive agricole, la vétusté du local du service communal de l’agriculture de Mané, le manque de matériels informatiques (ordinateurs) pour la capitalisation des données agricoles.
Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com





