Après la mobilisation de 125 milliards F CFA auprès de la diaspora, le Burkina Faso franchit une nouvelle étape. Il s’agit de la première cotation, à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), du premier emprunt obligataire baptisé « Diaspora Bonds ». La cérémonie de cotation s’est tenue le jeudi 3 septembre 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Cette étape marque un passage important où les titres commencent à circuler sur un marché régional.
Diaspora Bonds a été lancée le 6 mai 2026 à Ouagadougou par le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo. Baptisé « emprunt patriotique », l’objectif de départ était de mobiliser 125 milliards F CFA mais au terme des souscriptions, ce sont 151,5 milliards F CFA qui ont été levés, soit un taux de couverture de plus de 121% pour plus de 15 millions d’obligations souscrites, répartis entre deux nouveaux titres obligataires de type A et B.
Il s’agit respectivement des « TPBF Diaspora Bonds 6,75% 2026-2031 » et des « TPBF
Diaspora Bonds 6,85% 2026-2033. Après la mobilisation, place à la cotation. La cérémonie s’est tenue le jeudi 3 septembre 2026 à Abidjan en Côte d’Ivoire. Les intervenants ont insisté sur l’intérêt de cette cotation pour l’économie burkinabè. Pour le Directeur général (DG) du Trésor et de la comptabilité publique, Jean Yves Bélem, Cette opération donne à chaque souscripteur, où qu’il se trouve dans le monde, la liberté et la sécurité de céder tout ou une partie de ses titres sur un marché régional régulé et transparent. Il a aussi souligné que la cotation ouvre également aux autres investisseurs la possibilité d’acquérir ces titres souverains sur le marché secondaire.
La courbe des taux souverains enrichie
Le DG du Trésor et de la Comptabilité publique a jugé que cette cotation enrichit la courbe des taux souverains du Burkina sur le marché régional. « La confiance des investisseurs ne se décrètent pas, elle se construit jour après jour, par la transparence, la discipline et le respect constant des engagements. Le Burkina Faso s’est distingué en se comportant comme un Etat responsable et fidèle à sa parole », a-t-il signifié. Jean Yves Bélem a soutenu que le Burkina Faso va continuer d’animer le marché des titres.
L’arrangeur de l’opération est le groupe Vista, à travers sa filiale Vista Bank Burkina. Le représentant du président de Vista holding group, Kouassi Yao, a estimé que le succès de la première émission constitue un signal fort. « Cette opération crée un lien direct entre la diaspora, les marchés financiers et les projets de développement du Burkina Faso. Elle a également mis en avant une perspective plus large », a-t-il commenté. Selon Kouassi Yao, le groupe Vista considère que l’intégration financière africaine est un levier important pour la souveraineté économique du continent.
Diversifier les financements, réduire la dépendance
Du côté de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), la satisfaction est également de mise. Son directeur général, Edoh Kouassi Amenounve, a exprimé sa joie et sa fierté après le succès de l’opération. D’après lui, ces émissions dépassent la seule levée de ressources. « Le Burkina démontre que la diaspora peut devenir une force économique et financière lorsqu’elle est bien informée et bien accompagnée », a-t-il ajouté.
Le directeur général de la BRVM a insisté que face au renchérissement du coût de la dette et la rareté du flux des capitaux, le marché financier régional est une alternative crédible. « La BRVM offre l’opportunité aux acteurs du développement de mobiliser directement l’épargne des résidents comme celle de la diaspora, réduisant du coup leur dépendance aux financements extérieurs classiques.
Les Diaspora Bonds constituent une source de financement complémentaire, stable et directement connectée à un sentiment d’appartenance que ni la dette institutionnelle ni l’aide extérieure ne peuvent offrir », a -t-il affirmé.
La Société burkinabè d’intermédiation financière (SBIF) a apporté son expertise, en tant que cheffe de file du syndicat de placement et co-arrangeur avec Oragroup. Son directeur général, Alexis Lourgo, s’est réjoui de la réussite de cette opération, une première au Burkina Faso. Selon lui, cette performance a nécessité de l’audace et du talent. « Cet emprunt patriotique a vu la participation de tous les investisseurs burkinabè et non burkinabè, résidents et non-résidents, personnes physiques et morales », a rappelé Alexis Lourgo.
Ouamtinga Michel ILBOUDO
omichel20@gmail.com






