L’heure du réarmement idéologique

En déclarant lors de sa rencontre avec les forces vives de la région de Yaadga qu’il ne saurait y avoir deux capitaines dans un bateau, le capitaine Ibrahim Traoré ne faisait qu’exalter l’un des principes de base de tout mouvement révolutionnaire, à savoir le centra-lisme démocratique. En effet, celui-ci stipule que l’action révolutionnaire est soumise à « la liberté totale dans la discussion et à l’unité totale dans l’action dans le respect strict de la ligne politique ». L’organisation exige donc une discipline de fer et ne saurait se complaire dans une « hiérarchisation » des leaders comme c’est le cas justement dans les régimes militaires qui sont aux antipodes des régimes révolutionnaires.

Profitant de la crédulité et du niveau de conscience révolutionnaire moyen des masses populaires, les communicants de la contre-révolution se sont engouffrés dans la brèche pour tenter de donner une description caricaturale du président du Faso. Or, le but de la Révolution progressiste populaire (RPP), à l’instar de toute révolution socialiste, est de réaliser une structure sociale supérieure à celle du capitalisme et de ses différents modes de gestion du pouvoir d’Etat. C’est dire qu’au-delà même du capitaine Ibrahim Traoré et de l’organe dirigeant du pays, c’est le peuple qui est le souverain premier, dans la mesure où tout part de lui et revient à lui. Pour mieux implémenter cela au sein des masses populaires, il faut accélérer leur instruction et leur réarmement culturel et idéolo-gique et développer l’esprit d’initiative en leur sein.

C’est vrai que l’on retrouve cela dans les actions volontaristes engagées jusque-là dans les secteurs primaire, secondaire ainsi que dans la gouvernance vertueuse et souverainiste, mais il faut aller plus au large pour élever davantage la conscience révolutionnaire et permettre au peuple de jouer pleinement son rôle. Avec les échos favorables en provenance du front, l’espoir renaît, d’où la nécessité de ne pas se laisser prendre au piège de l’agitation propagandiste des communicants de l’ennemi. Il ne faut pas baisser la garde, surtout quand on observe les récents événements de la scène sécuritaire sous régionale avec l’impérialisme internatio-nal qui redouble d’effort dans ses visées déstabi-lisatrices de nos Etats.

En outre, il faut sacraliser le travail, l’ordre et la discipline pour accroître la productivité du travail en l’organisant sur un mode supérieur et satisfaire ainsi nos besoins fondamentaux. La Chine dont on aime prendre l’exemple s’est forgée à force de travail et de remises en cause stratégiques pour s’asseoir à la table des grands de ce monde. Tout est urgent dans cette perspective, et, le peuple, acteur premier de son bien-être doit plus que jamais s’engager sur tous les fronts de bataille économique, sécuritaire, politique et culturel ouverts ou à ouvrir. L’éclairer et l’organiser dans cette occurrence est donc une obligation de survie. Pour le reste, « l’évangile » de Ouahigouya de par sa profondeur émancipatrice et spirituelle mérite de guider l’action de l’exécutif et de servir de bréviaire à tous les hommes épris de paix, de liberté et de justice. L’heure de la structuration politico-idéologique est donc venue pour mieux relever les défis.

Boubakar SY

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