Gestion et états financiers des EPE 2025: 518,6 milliards F CFA de recettes mobilisées

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo (milieu), a salué les personnels des EPE pour les performances réalisées.

La 27e assemblée générale des Etablissements publics de l’Etat s’est tenue, vendredi 31 juillet 2026, à Ouagadougou sous la présidence du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, président par délégation de l’AG des EPE.

La 27e session de l’assemblée générale des Etablissements publics de l’Etat (AG/EPE) ouverte dans la matinée du vendredi 31 juillet 2026, à Ouagadougou, a pris fin dans l’après-midi. Des recommandations et résolutions ont été formulées pour une gestion saine et durable des 106 structures publiques (88 EPE classiques 18 Fonds nationaux) à l’issue de l’examen des rapports de gestion et des états financiers de 2025.

Au titre des recommandations, il est ressorti entre autres, la nécessité de renforcer les capacités des acteurs de la chaîne d’évaluation des marchés publics sur les innovations du nouveau dispositif de la commande publique, de fixer les volumes horaires obligatoires et des horaires de vacations à ne pas dépasser dans les écoles de formation. Il a été également demandé de prendre des dispositions pour assumer la dématérialisation des actes au niveau des EPE. Au niveau du ministère de la Santé, l’AG a souhaité la prise de mesures afin de fluidifier les mouvements des personnels au sein des établissements publics. Quant aux résolutions, elles sont relatives à l’approbation des rapports de gestion des conseils d’administration, des états financiers de l’exercice de 2025.

A l’issue de l’examen des rapports présentés par l’institut des finances publiques du Burkina, l’agence Burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel, le conseil burkinabè des filières agropastorales et halieutiques, l’agence Faso abattoir, le centre hospitalier universitaire de Pala, l’économat des forces de défense et de sécurité, ont reçu une injonction de disposer d’un plan de recrutement adapté et prenant en compte les résultats de l’audit des postes de travail.

Les responsables des EPE ont été invités à mettre en œuvre les résolutions et recommandations issues de cette session.

Selon le rapport du secrétariat sur la gestion des EPE, au titre de l’exercice 2025, les 88 établissements classiques dont « Les Editions Sidwaya » fait partie, ont mobilisé 518,6 milliards F CFA de recettes totales, soit une hausse de 9,2% par rapport à 2024. Les recettes propres y représentent 18,42%. Leur trésorerie finale est de 172,3 milliards de F CFA, tandis que leur taux global d’autofinancement s’établit à 27,9 %, pour une norme de 20%.

Les dépenses, elles se chiffrent à 405,6 milliards FCFA soit une augmentation de 5,38% par rapport à 2024. Les fonds nationaux ont, pour leur part, mobilisé 371,8 milliards FCFA de ressources. Ils ont effectué 420,2 milliards FCFA de paiement dont 314,7 milliards F CFA injectés directement dans l’économie nationale.

Des performances malgré un contexte exigeant

Leur taux moyen d’autofinancement est de 111,3% soit plus de 5 fois le seuil de référence. Dans le rapport, l’exécution des recettes révèle une amélioration nette au niveau de 76 EPE, tandis que celle des dépenses demeurent en dessous de la fourchette de référence pour une majorité des EPE, traduisant des retards dans la réalisation des activités programmées. Pour les ratios caractéristiques, le taux de financement global progresse mais 34 EPE restent en dessous du seuil de 20%, appelant un effort accru de mobilisation des ressources propres.

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, par ailleurs président par délégation de l’AG des EPE, a exprimé sa satisfaction face aux progrès accomplis par les EPE, malgré un environnement économique et sécuritaire exigeant. Il a confié que ces établissements publics ont fait preuve de résilience et d’un engagement soutenu dans l’accomplissement de leurs missions dans le respect des textes qui régissent leurs fonctionnements.

Le président de la CN-CES, Basolma Bazié, a appelé à la relecture de la loi 033 devant définir notamment les caractéristiques d’un contrat à durée déterminée dans les EPE.

Ces résultats, selon lui, traduisent les efforts consentis par les conseils d’administration, les équipes dirigeantes et l’ensemble des personnels des établissements publics. Toutefois, il a notifié que cette performance financière ne saurait constituer une fin en soi. « La véritable performance d’un établissement public se mesure dans sa capacité à améliorer durablement les conditions de vie des populations, à garantir un service public accessible et de qualité, à créer de la valeur ajoutée et à contribuer efficacement au développement économique et social du pays », a précisé le chef du gouvernement.

Il a reconnu que les travaux ont mis en évidence des défis liés à la gouvernance, à la mobilisation des ressources, à la qualité des prestations offertes aux usagers, ainsi que l’efficacité de certaines interventions publiques. « Ces difficultés, aussi importantes soient-elles, ne doivent ni entamer notre détermination, ni ralentir notre engagement.

Au contraire, elles doivent renforcer notre volonté de bâtir des établissements publics plus performants, plus innovants, plus responsables et davantage orientés vers les résultats », a affirmé le premier ministre. Il a invité les présidents des conseils d’administration à exercer « pleinement » leur mission d’orientation stratégique, de contrôle et de veille dans le respect des principes de bonne gouvernance. Quant aux directeurs généraux, le chef du gouvernement les a exhortés à poursuivre les réformes de modernisation, à promouvoir une gestion rigoureuse des ressources et à placer l’intérêt général au cœur de chacune de leurs décisions.

« Ne dormez pas sur le LIT »

Cette 27e session a été placée sur le thème :« La gestion des Etablissements publics de l’Etat dans un contexte de Révolution progressiste populaire ». Le président de la commission nationale de la Confédération des Etats du Sahel (CN-CES), Bassolma Bazié, exposant sur cette thématique a rappelé les missions et responsabilités des EPE dans ce contexte de Révolution progressiste populaire (RPP).

Pour lui, la gestion révolutionnaire passe par la façon de gérer, de rendre service aux masses, ce qui permet de renforcer la confiance. Il a poursuivi que l’accessibilité doit aussi aller de pair avec la qualité du service rendu. Basolma Bazié a également mentionné qu’une gestion basée sur les règles révolutionnaires doit tenir compte de la moralité. Le président CN-CES a formulé des recommandations à l’endroit de l’Etat et des responsables des EPE. Il s’agit notamment de la nécessité de mettre les moyens au profit des EPE afin qu’ils puissent faire face à leurs missions.

Il a suggéré qu’à chaque AG les responsables des EPE soumettent deux rapports, un portant sur le bilan financier et l’autre sur le bilan matériel, car l’institution fonctionne sur la base de ces éléments. Il a également demandé la relecture de la loi 033 portant régime juridique applicable aux emplois et aux agents EPE qui, depuis 2017 est sans suite. Il a conclu en invitant les responsables des EPE à ne pas dormir sur le LIT, le L déterminant la Lâcheté, le I, l’Incompétence et le T, la Traitrise. S’agissant de la loi 033, le ministre des Serviteurs du peuple, Mathias Traoré a rassuré que les travaux sont avancés et les préoccupations soulevées relatives au capital décès et la caractérisation du contrat sont traités dans le projet en cours.

Aly SAWADOGO


« La vétusté des matériels de production demeure une préoccupation majeure », Yacouba Bonkoungou, PCA par intérim des Editions Sidwaya

Sidwaya (S) : Au terme de la 27e AG des EPE, que peut-on retenir de la gestion des Editions Sidwaya en 2025 ?

Le PCA par intérim des Editions Sidwaya, Yacouba Bonkoungou, a invité le personnel à rester mobiliser pour renforcer la contribution de l’entreprise aux ambitions de la Révolution Progressiste Populaire.

Yacouba Bonkoungou (Y.B) : L’assemblée générale des Etablissements publics de l’Etat a adopté le rapport de gestion des Editions Sidwaya pour le compte de l’année 2025. Ce quitus concerne aussi bien les volets ressources humaines que les finances, le matériel et la logistique. Ces résultats satisfaisants sont à l’honneur de tout le personnel des différents segments qui font preuve d’engagement, de patriotisme au quotidien et de la directrice générale dont la qualité du management crée un climat propice à l’atteinte des objectifs au service du peuple et cela conformément aux orientations de la Révolution progressiste populaire. C’est l’occasion pour moi de saluer le professionnalisme des agents qui a permis de décrocher des dizaines de prix nationaux et internationaux dans différentes catégories. Je voudrais souligner aussi la résilience dont fait montre Sidwaya qui à ce jour est le seul journal qui est à 32 pages.

S : Au regard du contexte de la morosité économique, pouvez-vous rassurer le personnel que la Maison commune se porte bien ?

Y.B : La Maison commune se porte bien, mais en la matière, rien n’est acquis d’avance, ni définitivement. Il faut continuer les efforts pour consolider les acquis et mieux se donner de meilleures perspectives. Les efforts de rationalisation et de modernisation sont notables. Il faut continuer dans ce sens pour accroître le taux d’autofinancement et améliorer les conditions de travail. Il importe de remercier les tutelles technique et financière pour les différents appuis, tout en sollicitant davantage d’accompagnement.

S : Quelles ont été les difficultés rencontrées dans l’accomplissement des missions au cours de 2025 et les actions à entreprendre pour une amélioration continue du service public de l’information ?

Y.B : Les difficultés majeures sont liées aux défis de mobilisation des ressources financières dans un contexte où les attentes sécuritaires et sociales s’imposent comme des priorités indiscutables. La vétusté des matériels de production, de la logistique et la problématique des locaux insuffisants et inadaptés demeurent des préoccupations majeures. A cela, s’ajoute l’inadéquation de certaines procédures financières à la spécificité des Editions Sidwaya, quoique des débuts de solutions se profilent à l’horizon sur ce dernier point. Face à toutes ces attentes, des voies et moyens sont envisagées, tant au niveau de la Maison commune qu’au niveau de la hiérarchie.

S : Quel est votre message à l’endroit de l’ensemble du personnel des Editions Sidwaya ?

Y.B : Les Editions Sidwaya est une référence aujourd’hui au-delà de nos frontières. Et c’est en grande partie grâce à l’abnégation et au professionnalisme des agents. Ils doivent en être fiers et redoubler d’effort. Certes, des défis majeurs se présentent à nous, mais l’horizon est d’espérance. Il faut rester mobiliser aux côtés de la direction générale pour renforcer la contribution de Sidwaya aux ambitions de la Révolution Progressiste Populaire.

Propos recueillis par A.S

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