
La réunion continentale sur le renforcement de l’action climatique de la société civile africaine en matière de systèmes alimentaires et d’agriculture en vue de la COP31 et COP32, tenue du 7 au 9 septembre 2026, à Addis-Abeba, en Ethiopie, sous l’égide de l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA), a pris fin par une déclaration commune des parties prenantes.
Pour les prochaines négo-ciations internationales sur le changement clima-tique lors des COP 31, prévue en novembre 2026, en Turquie, et COP32, en 2027, en Ethiopie, la société civile africaine a désormais une position commune sur la prise en compte des systèmes alimentaires et l’agriculture dans l’action climatique. Elle a été actée le 9 septembre 2026, à Addis-Abeba, en Ethiopie, à l’issue la réunion continentale sur le renforcement de l’action climatique de la société civile africaine en matière de systèmes alimentaires et d’agriculture en vue de la COP31 et COP32.
Dans une déclaration, qualifiée d’Addis-Abeba, qui résume cette position commune, les organisations et mouvements d’agriculteurs et d’éleveurs, de réseaux de femmes, d’enfants et de jeunes, de personnes en situation de handicap, de structures confessionnelles, des peuples autochtones, des pêcheurs, des chercheurs et des universitaires, et des représentants gouvernemen-taux et intergouvernementaux, venus d’une trentaine de pays, ont affirmé une conviction commune : l’avenir climatique de l’Afrique ne peut être dissocié de son avenir alimentaire, et les décisions concernant cet avenir doivent être prises par les personnes qui produisent, commercialisent, préparent et consomment les denrées alimentaires.
La déclara-tion a identifié quatre écarts persistants qui doivent définir la voie à suivre vers la COP31 et la COP32. Il s’agit des écarts entre l’ambition et la mise en œuvre, les besoins d’adaptation et les financements disponibles, les financements climatiques promis et ceux effectivement versés, et entre les règles mondiales et les réalités quotidiennes des personnes en première ligne qui vivent au quotidien les effets de la crise climatique.
Ce sont notamment les petits agriculteurs qui ne perçoivent pas le changement climatique comme un acronyme de négociation mais une réalité qui leur fait subir des pertes de récoltes, un stress hydrique, une baisse de la fertilité des sols, des difficultés liées au bétail, un endettement croissant, la faim et une baisse de leurs revenus. A travers cette position, la société civile place l’agroécologie, en tant que science, pratique et mouvement social, au cœur de la voie propre à l’Afrique vers la résilience et la souveraineté alimentaire.
Combler l’écart de 300 milliards de dollars fixé à COP29
En vue des prochaines négociations internationales sur le climat lors des COP 31 et 32, la déclaration d’Addis-Abeba se décline en six points de revendication. Il s’agit de : placer l’agriculture d’adaptation, la sécurité alimentaire et les systèmes alimentaires au cœur de la mise en œuvre ; rendre le financement climatique accessible, sous forme de subventions et soumis à une obligation de reddition des comptes au niveau local afin de combler l’écart par rapport à l’objectif annuel de 300 milliards de dollars fixé lors de la COP29 ; financer l’agroécologie et la souveraineté semencière menées par les Africains ; soutenir une transition juste, centrée sur les personnes, fondée sur les droits et le développement africain ; mettre en avant la nutrition, la santé, le genre et le pastoralisme dans la mise en œuvre des mesures climatiques ; mettre en place une architecture africaine de responsabilisation, d’Addis-Abeba jusqu’aux commu-nautés.
La société civile a renouvelé son engagement à relier les réalités locales aux processus nationaux, continentaux et la Convention-cadre des Nations unies sur
les changements climatiques (CCNUCC), à créer un espace permettant une participation significative des communautés les plus exposées, à mobiliser des financements publics et des subventions en faveur de solutions menées par l’Afrique, et à communiquer publiquement sur les engagements, les financements et les résultats.
Elle ne veut donc plus de COP riches en déclarations non suivies d’actions impactantes pour les communautés locales et qui excluent le continent dans le processus de décision. « L’Afrique ne doit pas attendre que son avenir alimentaire et climatique soit décidé ailleurs. Nos données doivent influencer les décisions, nos solutions doivent être reconnues, et les financements liés au climat doivent parvenir aux populations et aux régions où l’adaptation est déjà en cours », souligne la Déclaration.
Appel à collaborer pour passer des promesses à la mise en œuvre
La rencontre d’Addis-Abeba se veut le point de départ d’un appel pour des systèmes alimentaires africains justes, résilients et souverains.
« Nous appelons les gouvernements africains, les Parties à la CCNUCC, les présidences des COP 31 et 32, l’Union africaine, le Groupe africain des négociateurs, les fonds pour le climat, les partenaires de développement, les instituts de recherche et les acteurs privés responsables à collaborer avec la société civile africaine et les communautés de première ligne afin de passer de manière décisive des promesses à la mise en œuvre.
Nous appelons à la protection des agriculteurs, des systèmes de gestion des semences, ainsi que des droits à la terre et à l’eau pour les communautés rurales, locales et autochtones », martèle la société civile africaine. Pour le coordonnateur général de AFSA, Dr Million Belay, loin d’être la fin d’un processus, l’adoption de la Déclaration d’Addis-Abeba marque le début d’une série d’actions devant conduire à son opérationnalisation dans l’intérêt de la souveraineté alimentaire du continent.
C’est pourquoi, il a appelé les délégués à maintenir leur engagement et à poursuivre les efforts de coordination à l’échelle locale, nationale, régionale et continentale. Tout en saluant cette initiative qui valorise la participation constructive de la société civile africaine à l’action climat, la représentante du ministre éthiopien de la Planification et du Développement, Hanna Abebe, a souhaité que le renforcement des partenariats puisse se poursuivre afin que la voix et les connaissances des agriculteurs, des femmes, des jeunes, des éleveurs et des communautés autochtones du continent contribuent de manière significative aux décisions climatiques à l’échelle mondiale.
Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmail.com
(Depuis Addis-Abeba, Ethiopie)





