Après plus d’un an de tensions, alimentées par l’incident du drone de combat malien abattu le 1er avril 2025, près de la zone frontière de Tin Zouatine par l’armée algérienne, Bamako et Alger ont fumé le calumet de la paix. Les deux pays se sont résolument engagés dans le réchauffement de leurs relations diplomatiques, tirant un trait sur ce sombre passé.
Après le retour de leurs ambassadeurs respectifs et la réouverture de leurs espaces aériens, le Mali et l’Algérie ont multiplié les actes pour prouver au monde entier que l’orage est bel et bien passé. A la suite du voyage à Alger en août dernier du Premier
ministre malien, le général Abdoulaye Maïga, c’est autour du chef du gouvernement algérien, Sifi Ghrieb, d’en faire autant en venant à Bamako, le 14 septembre 2026.
Comme il en avait été « le cas pour son homologue malien à Alger, le Premier ministre algérien a eu droit au tapis rouge et aux honneurs militaires dans la capitale malienne. Les deux Etats, qui partagent 1300 kilomètres de frontière terrestre, ont sans doute compris qu’il fallait taire les brouilles et se donner la main pour relever les défis communs. Alger et Bamako militent désormais pour un renforcement des efforts en faveur de la sécurité, de la stabilité, du développement et de la prospérité dans la sous-région.
L’Algérie pourrait donner un précieux coup de main à son voisin malien et aux deux autres pays, avec lesquels, il forme la Confédération des Etats du Sahel (AES). Pour avoir joué un rôle de premier plan dans les pourparlers ayant conduit à la signature de l’accord de paix de 2015 avec les groupes rebelles du Nord du Mali, notamment la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), les autorités algériennes connaissent parfaitement la situation sécuritaire dans ce pays.
La deuxième puissance militaire d’Afrique pourra, pour ce faire, porter assistance au voisin malien qui combat inlassablement les groupes armés terroristes. Si elle est confrontée au terrorisme depuis une dizaine d’années, l’armée malienne consent d’énormes sacrifices pour barrer la route aux forces du mal. Alger pourrait participer à cette dynamique, après le rétablissement des relations avec Bamako.
Le temps de méfiance et de défiance devrait laisser place à un climat apaisé afin que Alger et Bamako regardent désormais l’avenir avec enthousiasme et sérénité, dans leurs intérêts respectifs.
Kader Patrick KARANTAO






