Campagne agricole humide : 291 116 tonnes de céréales attendues dans l’Oubri

Adama kaboré s’est dit fier de l’allure de ses plants.

Les cultures présentent une physionomie jugée satisfaisante dans la région de Oubri. Les producteurs espèrent une bonne fin de campagne, soutenus par plusieurs mesures d’accompagnement de l’Etat.

Les mains dans le dos, Adama Kaboré arpente son champ de plus de quatre hectares de petit mil. Les plants, hauts de plus d’un mètre, affichent une allure rassurante. Quelques semaines plus tôt, pourtant, le producteur de Nakamtenga 2, près de Sawana, dans la région de Oubri, était inquiet. « Cette saison ne ressemble pas à celle de l’année dernière. Nous avons accusé un retard à cause du démarrage tardif des pluies », a-t-il expliqué, ce jeudi 10 septembre 2026.

Dans la région, les premières précipitations ont été enregistrées au cours de la deuxième décade de juin. Mais la campagne ne s’est véritablement installée que courant août. A cela se sont ajoutées des poches de sécheresse qui ont éprouvé les cultures.

Producteur modèle, Adama Kaboré a dit appliquer les itinéraires techniques recommandés par les services de l’agriculture. « Je suis fier de l’allure des plants. Ils résistent aux poches de sécheresse que nous connaissons actuellement », s’est réjoui Adama Kaboré, en montrant ses parcelles de mil et de maïs. Le petit mil est au stade de montaison, tandis que le maïs est en phase de nouaison.

A quelques encablures de son exploitation, une plaine aménagée de 14 hectares offre une autre illustration des efforts engagés pour diversifier la production. Labourée gratuitement par les services techniques de l’Etat, elle accueille, pour la première fois dans le village, une expérimentation de la culture du riz. Deux variétés sont notamment développées. Il s’agit de la FKR64, communément appelée TS2, connue comme le « riz de Bagré », et la FKR84, homologuée sous le nom d’Orylux 6.

Dans sa parcelle de 20 m², Fatoumata Compaoré arrache les mauvaises herbes qui concurrencent les jeunes plants de riz. Leur feuillage vert témoigne, selon elle, d’une bonne évolution de la culture. « Mon champ est beau à voir parce que j’ai mis de l’engrais urée après la pluie de la semaine dernière », a-t-elle confié. Elle s’est dit satisfaite de l’accompagnement du gouvernement. « Le travail est devenu plus facile avec l’appui que nous recevons des services techniques en charge de l’agriculture. Si la pluviométrie est bonne jusqu’à la fin de la campagne, nous pensons pouvoir obtenir un bon rendement », a-t-elle espéré.

A Ziga, Mariam Compaoré a aussi bénéficié du soutien de l’Etat, notamment à travers le labour subventionné de son champ et la mise à disposition de semences améliorées. Sur cinq hectares, elle a associé arachide, niébé, pois de terre et maïs. Ses cultures ont connu, elles aussi, des signes de stress hydrique. « Il y a quelques jours, les plants étaient fanés par manque de pluie. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux. Ils présentent une belle
allure », constate-t-elle, tout en souhaitant la poursuite des précipitations jusqu’à la fin du mois d’octobre.

L’accompagnement des services techniques

Pour une première expérience de culture du riz, Mariam Compaoré a traduit sa reconnaissance au gouvernement.

A Nagreongo, le constat est le même. Les dernières pluies ont redonné de la vigueur aux cultures d’Adama Compaoré. Sur plus de cinq hectares emblavés en maïs, petit mil et haricot, les plants ont retrouvé leur couleur. « Il y a une semaine, les plants étaient un peu fanés à cause du manque de pluie. Mais, il a plu récemment. Le champ est vraiment beau à regarder », s’est réjoui le producteur.

Pour la directrice régionale de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques de Oubri, Béatrice Tinguéri, le retard de l’installation de la campagne a effectivement perturbé le démarrage des activités agricoles. « Au cours de la campagne, nous avons noté quelques poches de sécheresse. Ce n’est pas trop prononcé, mais il y a eu des périodes sans pluie suffisante pour le bon développement des plants », a-t-elle relevé. La DR en
charge de l’agriculture reste toutefois optimiste, notamment au regard des prévisions météorologiques annonçant des pluies jusqu’en octobre.

Pour soutenir les producteurs, plusieurs mesures ont été mises en œuvre. Selon Béatrice Tinguéri, environ 396 tonnes de semences ont été mises à la disposition des acteurs. Plus de 2 600 tonnes d’engrais subventionnés ont également été mobilisées. 400 tonnes déjà vendues par la SONAGESS dans le cadre d’une opération en cours. Plus de 3 450 hectares ont, par ailleurs, été labourés au cours de la campagne, dont environ 40% gratuitement.
La directrice régionale a souligné que les services techniques ont accompagné, cette année, la production maraîchère en saison humide, période où les légumes se font rares et coûtent cher sur les marchés. A cet effet, des semences d’oignon et de tomate ont été distribuées gratuitement, avec un appui en engrais subventionné.

Pour la campagne en cours, la région de Oubri ambitionne une production céréalière de 291 116 tonnes. L’objectif pour les cultures de rente est fixé à 42 937 tonnes, tandis que la production maraîchère attendue est de 193 136 tonnes, selon Mme Tinguéri.
Dans les secteurs de l’élevage et de la pêche, les ambitions sont aussi grandes.

La région vise notamment une production de 285 010 tonnes de viande, de 6 691 992 litres de lait et de 7 424 tonnes de poisson, a fait savoir la directrice régionale. Pour soutenir ces objectifs, 77 vaches gestantes venues du Brésil ont été
réceptionnées dans l’Oubri. La campagne d’insémination artificielle doit également contribuer à améliorer les performances des troupeaux, notamment en matière de production de lait et de viande.

Djakaridia SIRIBIE

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