Quand Nicolas Maduro se débat seul dans la nasse au gros poisson de l’Oncle Sam, le monde s’émeut et crie à l’injustice. Comment un président élu peut-il aller bombarder et enlever un autre président élu chez lui, contre vents et marées, sans la moindre élégance diplomatique ? Comment un président fût-il celui du pays le plus unis et puissant, peut-il poser le pied en terre étrangère, dans un autre pays souverain, capturer son homologue chef d’Etat, le menotter et le trimbaler de force comme un vulgaire bandit ?
L’histoire ressemble à une follette anecdote, à un fait divers de rue de mauvais goût ou encore à une fiction hollywoodienne, mais c’est réel dans un monde factice, presque faux où même l’inadmissible est possible. Le rêve américain serait-il un cauchemar pour la quiétude du monde ? Les autres nations n’ont-ils aussi pas le droit de rêver grand sans être inquiétés pour leurs ressources propres ?
Ce monde appartient aux plus forts, mais c’est quoi la force dans un monde dit civilisé aux pratiques suffisantes et avilissantes ? Il paraît que la démocratie, c’est la force des arguments plutôt que l’argument de la force mais diantre où se trouve l’erreur quand un président ordonne de façon unilatérale d’arrêter son homologue et de le trainer à ses pieds pour le juger comme devant Dieu ? C’est quoi la démocratie quand ses prophètes prêchent avec l’épée sous la soutane, dans une tempête du désert ? Rien ne sert d’invoquer des alinéas béats de dispositions juridiques friables ; seule la force régit ce monde. Nous sommes dans une jungle ! Vous avez dit droit international ?
Parlez-vous du droit en papier froissable ou du droit de mauvais aloi en muscles bandés ? Vous criez à la violation de la souveraineté d’un Etat indépendant ? Le prétexte est bien emballé : « le Venezuela est une plaque tournante de la drogue et son président en est le parrain incontable. Il faut l’abattre pour assainir le monde puritain des affres de la drogue ».
La vérité est fabriquée de toutes pièces et les arguments pour la défendre sont précuits à la hâte sur le brasier de la convoitise pétrolière. La gourmandise n’est pas un vilain défaut ; c’est la hantise à justifier le faux avec les arguments du vrai qui inquiète le bon sens mais qui a dit que le bon sens était l’apanage du plus fort ? C’est peut-être trop fort, mais la vraie grandeur se trouve dans la mesure du sage qui fait preuve de pondération. En voyant tous les bombardements et les destructions infligés au Venezuela pour capturer son président, on peut s’inquiéter du sort réservé à la paix dans le monde.
Malheureusement, la réalité est têtue ; le plus fort abuse du faible, s’empare de ses ressources pour se renforcer et narguer les capacités d’hégémonie de ses concurrents. Tant pis si la grandeur doit marcher sur des corps sans vie pour parvenir à ses fins ; peu importe le lourd tribut infligé aux victimes du razzia, la vie continuera et le silence du monde résonnera aux quatre coins de la terre soumise. Il suffit de tendre l’oreille pour se rendre compte que très peu de pays africains ont osé lever le petit doigt pour dire non au projet de « colonisation américaine » au Vénézuéla.
Où sont les démocraties africaines qui ne jurent que par le droit et la liberté, la non-ingérence de quelque force que ce soit dans les affaires intérieures des Etats ? Où sont-elles ces institutions régionales et sous régionales africaines ? Que dit l’Organisation des nations unies de cet élan suprématiste du gendarme du monde ? Bravo à la Confédération des Etats du Sahel d’avoir donné le ton de la réprobation contre l’appétit à forte odeur de pétrole des Etats-Unis. Malgré toutes ces manifestations de la force illicite, les pays africains tous immensément riches de leur sous-sol sont incapables de s’unir comme pour s’affirmer et se faire respecter. Mais tant pis ! Que ceux qui ne croient toujours pas à l’hiver noir restent dans le noir !
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr






