L’Intelligence artificielle (IA) finira-t-elle par faire de nous des supermen, omnipotents et omniscients ou au finish, fera-t-elle de nous les agneaux sacrificiels de l’autel de l’innovation ? Ô Juste ciel, prépare-toi, car bientôt nous reprendrons la construction de la Tour de Babel. Et cette fois-ci, nous percerons le dôme de fer de ta demeure céleste et nous te livrerons à Lucifer sur Terre ! Depuis que l’intelligence est devenue artificielle, nous sommes devenus des logiciels cobayes d’une trainée de technologies aux effets incertains. Nos cerveaux ne sont plus que des greffons de matière grise de plus en plus isolée de nos cranes évidés. Depuis que l’Homme a décidé de faire comme Dieu en créant à base de ferraille et de câblages, des êtres dotés de savoir et d’autonomie, la machine est devenue quelqu’un. Depuis l’apparition des premiers robots dans l’industrie en 1954, dès 1956, l’idée de l’Intelligence artificielle germa en tant que discipline scientifique à part entière. Plus de 60 ans après, l’embryon du rêve est devenu une monstrueuse réalité à laquelle de plus en plus, on ne peut s’en passer.
Savoir utiliser l’Intelligence artificielle aujourd’hui est une opportunité et même une longueur d’avance sur les autres. Dans le milieu des connaisseurs, on se vante d’être à la page et ceux qui tâtonnent avant de cliquer du bout des doigts fébriles sont nargués et traités d’analphabètes du siècle. L’IA comme on l’appelle affectueusement sonne comme une onomatopée à résonance futuriste et aux prouesses hallucinantes. Désormais, l’on peut presque tout faire avec l’IA et pendant que l’Homme ose pousser sa curiosité à la lisière de l’impossible, la machine s’entraine à dépasser son propre record, ses propres limites. Comme une hydre, l’insatiable sangsue mécanique de données pousse ses tentacules et étend son envergure. Mais, personne n’en a cure ! La bête intelligente se renforce chaque jour au gré des clics d’un monde assoiffé de connaissances hébergées ailleurs.
Oui IA, ce mammouth de données empilées et compilées par domaine, est abusivement abreuvée par l’Homme pour être capable de faire mieux que lui-même. Aujourd’hui, un simple copier coller peut générer un travail journalier en deux ou trois minutes. IA peut faire le travail de tout un service sans se reposer, sans réclamer de salaire, sans broncher pour quoi que ce soit. Mais pendant que les robots remplacent les Hommes, le chômage galope dans les rues sous le regard médusé d’une foule de désabusés oisifs. Avec l’IA, le travail des Hommes devient une sinécure et rien ne dure plus longtemps. Le temps de travail est devenu un flash à peine perceptible. Mais finalement, à quoi sert-il de travailler si la machine peut tout faire à notre place ? Quelle serait notre place alors si le travail ne nous concerne plus mais est délégué, sinon confié à une intelligence qui finit par nous infliger la paresse et l’oisiveté ? Prendre des notes en choisissant ses mots, rédiger un rapport, écrire une lettre ou un livre n’est plus un acte de travail ou de réflexion ; on peut tout confier à IA et en un temps record avoir le résultat escompté sans suer, sans cogiter, sans le moindre effort. Il y en a même qui vous « fabriqueront » des romans, des chansons ou des scénarii de film sans saisir le moindre paragraphe. « Demandez et vous recevrez » ; tel pourrait être le slogan ou la devise.
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », prévenait François Rabelais. Heureusement que de nombreuses personnes et structures publiques et privées l’utilisent à bon escient. Parce qu’au quotidien la technologie, à travers l’IA, facilite la vie de millions de personnes en améliorant l’accès à l’information, aux services numériques, à l’éducation, à la santé et à de nombreuses solutions pratiques. Pour les agents de bureau, elle constitue par exemple un outil d’appui à la rédaction, à la recherche, à l’analyse des données, à l’automatisation des tâches répétitives et à l’amélioration de la productivité. Dans l’administration publique, l’IA peut contribuer à moderniser les services, accélérer le traitement des dossiers, renforcer la qualité de la prise de décision et améliorer l’efficacité de l’action publique au bénéfice des citoyens.
On ne peut pas ramer à contre-courant de l’évolution. Il faut simplement l’adopter, le dompter et non le contraire.
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr






