Inhumation du chef de Réo: le fervent défenseur des coutumes repose désormais sur la terre de ses ancêtres

Le chef de Réo repose désormais sur la terre de ses ancêtres à Réo.

Décédé le 11 janvier dernier, le chef de Réo, Aimé Ossambié Bassolé, a été inhumé le samedi 17 janvier 2026 sur la terre de ses ancêtres. Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, dépêché par le gouvernement ainsi que des personnalités de divers horizons étaient présents pour la circonstance.

Le chef de Réo repose désormais sur la terre de ses ancêtres dans cette localité, chef-lieu de la province du Sanguié. Décédé le dimanche 11 janvier, son inhumation a eu lieu le samedi 17 janvier 2026. A l’occasion, la ville de Réo a été le lieu de convergence des parents, amis, connaissances et autres proches du chef coutumier qui sont venus pour l’accompagner à sa dernière demeure.

Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, était également présent pour présenter les condoléances du gouvernement à la famille et proches du défunt. Pour Laurent Bassolé, membre de la famille royale, le départ du chef laisse un grand vide, et au-delà de la ville de Réo, c’est toute la province du Sanguié qui est plongée dans la tristesse. « C’est un monument, un baobab des traditions et de la culture lyélé qui s’en est allé et c’est vraiment une grande perte qui va nous marquer à jamais puisqu’il fût un guide pour toute la communauté », a-t-il témoigné.

Ozona Jean-Marie Bationo est membre de l’Association des chefs gourounsi, une initiative du défunt qui regroupe les composantes des communautés gourounsi de Pô, de Léo, de Tcheriba, de Ouri, de Boura et bien d’autres localités. « Le chef de Réo que nous pleurons a joué un grand rôle dans la mise en place de ce regroupement de chefs traditionnels.

Dans ces moments difficiles que traverse notre pays où le retour aux sources est prôné par nos autorités actuelles, nous avons estimé qu’il était de notre devoir de nous rassembler pour connaître l’identité du gourounsi dans une union fraternelle afin d’envisager l’avenir avec sérénité », fait-il savoir. Il a poursuivi que ce rassemblement a eu lieu en novembre 2025 à Réo au domicile familial du défunt chef et sous son leadership. « Nous attendions beaucoup de lui mais Dieu en a décidé autrement et nous implorons les mânes de nos ancêtres de l’accueillir et de veiller sur sa famille », a jouté M. Bationo.

« Il était notre confident »

Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a présenté les condoléances du gouvernement à la famille du défunt.

Pour Rosa Sandrine Bassolé, fille ainée du défunt, la mort de son père l’a dévastée parce qu’il entretenait des relations fusionnelles avec ses enfants. « Il nous a éduqués dans l’amour, l’intégrité et la dignité. Il se comportait comme notre ami et non comme un père au point que nous lui disions tout, pour avoir ses conseils avisés, quelle que soit la situation. Il était notre confident », a-t-elle soutenu.

Elle a affirmé que la douleur est grande mais elles et ses frères sont fiers de ce que leur papa a été pour sa famille, sa communauté et le Sanguié. « Il ne faisait pas de distinction entre ses enfants biologiques et les autres enfants parce qu’il a toujours œuvré pour la cohésion et le renforcement des liens au sein des communautés. Quand quelqu’un venait lui soumettre un problème, il en fait vraiment une préoccupation et même s’il faut faire recours à d’autres personnes pour trouver une solution il le fera. Désormais nous n’avons plus de guide », a-t-elle lâché, les larmes aux yeux.

Les témoignages recueillis montrent que le chef de Réo est un chef traditionnel qui a marqué toute la province du Sanguié par ses initiatives. Il a surtout été un fervent défenseur des valeurs culturelles et un ambassadeur pour le retour des Burkinabè à leurs sources pour le développement endogène prôné par le Président du Faso le capitaine

Ibrahim Traoré.
Beyon Romain NEBIE

beynebie@gmail.com

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