
L’équipe A du Burkina a lourdement chuté face aux Aiglons du Mali, hier soir, dans le cadre de la deuxième journée des Jeux de l’AES sur le terrain de l’ENAM. Battu 5 buts à 1, le Burkina Faso a surtout souffert de la maîtrise technique, physique et collective d’un adversaire qui avait déjà étrillé (6-0) l’équipe B burkinabè lors de sa première sortie. Une défaite qui met en lumière le travail qui reste à accomplir pour les jeunes Burkinabè.
Dominée dans le jeu et dépassé par l’intensité malienne, vainqueur logique contre le Niger, l’équipe A du Burkina a lourdement chuté face aux Aiglons (5-1), hier soir, lors de la deuxième journée des Jeux de l’AES. Le début de rencontre laissait pourtant entrevoir un autre scénario. Positionnés haut sur le terrain, les Etalons cadets ont tenté d’imposer leur
rythme et de maintenir les Maliens dans leur moitié de terrain. Mais cette occupation territoriale n’a pas réellement débouché sur une domination dans le jeu. Le Mali, sans paniquer, a progressivement remonté la pente et trouvé les espaces nécessaires pour faire mal.
La première alerte sérieuse est venue après le premier quart d’heure. Abdoul Razak Badini, lancé dans le dos de la défense malienne, s’est retrouvé seul face au gardien. Son lob a toutefois manqué le cadre. Une occasion qui aurait pu changer la physionomie de la partie, mais qui est restée sans suite. Le Mali, lui, n’a pas laissé passer ses opportunités. A la 20e, Yaya Niang a concrétisé une belle séquence de passes construite depuis la base pour ouvrir le score. Quatre minutes plus tard, le même joueur profitait des errements défensifs
burkinabè pour doubler la mise. Entre les deux buts, les Etalons n’ont pas véritablement réussi à réagir. Ils ont subi davantage la pression d’un adversaire désormais en
confiance.
Le troisième but, inscrit à la 27e par Boubacar Maïga sur un corner joué à la rémoise, a définitivement installé le Mali dans une position de confort. Sur un tir lointain, le portier burkinabè n’a même pas eu le temps de bouger. A partir de cet instant, les Aiglons ont contrôlé la quasi-totalité du terrain, obligeant les Burkinabè à défendre bas et à miser essentiellement sur les contres.
Avec trois buts de retard à la pause, le Burkina devait rapidement changer de visage. Deux changements opérés avant la reprise témoignaient de cette volonté. Mais le Mali a continué à dérouler. Plus mobiles et techniquement plus à l’aise, les Aiglons ont multiplié les séquences de jeu qui ont parfois valu les applaudissements du public burki-
nabè.
Les Etalons ont toutefois montré davantage de caractère dans le dernier quart d’heure. A la 75e, Lionel Soubèga s’est procuré une belle opportunité dans la surface, mais son tir a été repoussé par le portier malien. Mohamed Konaté a ensuite sa tentative contrée à la 80e. Puis Soubèga, encore lui, a tenté un lob de loin, sans trouver le cadre.
Le Burkina aurait même pu réduire l’écart à la 84e. Après une belle feinte et un crochet, Al Massaoud Kiéma a malheureusement manqué le cadre. Ces occasions tardives traduisaient un regain d’allant, mais elles intervenaient après que le Mali eut déjà fait l’essentiel.
Les Aiglons, loin de lever le pied, ont inscrit un quatrième but à une minute de la fin du temps règlementaire par Ismaël Kamissoko. Yaya Niang s’est ensuite offert un triplé à la 90e pour porter le score à 5 buts à 0. Dans les dernières secondes, Petit Noé Emile Edouard, entré en seconde période a sauvé l’honneur burkinabè, réduisant l’écart à 5 buts à 1.
Les Aiglons en finale
Pour le sélectionneur burkinabè Issa Balboné, la supériorité malienne était difficile à contester. « Le Mali était vraiment au-dessus de nous », a-t-il reconnu, estimant que ses joueurs n’avaient pas su tenir le rythme en première période. Il pointe également la dimension physique, les jeunes Maliens ayant, selon lui, pris le dessus dans ce secteur. « On a un peu commencé tard », a-t-il expliqué, promettant de travailler durant les deux prochains jours afin de présenter « un autre visage du Burkina Faso ».
Cette défaite impose surtout une réaction. Le prochain rendez-vous, face à l’équipe B du Niger, offrira aux jeunes Burkinabè une occasion de se racheter. Dans un tournoi qui sert également de cadre d’observation en vue des prochaines échéances, chaque joueur devra désormais montrer qu’il peut prétendre rester dans le groupe. Car au-delà du résultat, le duel face au Mali aura révélé l’écart qui sépare encore les deux sélections dans la maîtrise collective et l’intensité.
Côté malien, le coach Soumaïla Coulibaly préfère déjà regarder plus loin. Avec cette deuxième victoire, les Aiglons ont validé leur qualification pour la finale. Le technicien assure toutefois que le score ne constitue pas l’essentiel de sa mission. « On veut voir l’équipe, comment elle évolue, comment les jeunes se déplacent et comment ils se comprennent ? », a-t-il expliqué.
Désormais qualifié pour la finale après deux victoires, le Mali peut attendre sereinement son prochain adversaire. Celui-ci sortira du duel fratricide entre l’équipe A et l’équipe B du Burkina Faso, cette dernière ayant dominé le Niger 2 buts à 0 hier à l’annexe du stade du 4-Août. Une dernière bataille burkinabè qui aura le mérite de remettre les cartes à plat et d’offrir au vainqueur une ultime occasion de défier des Aiglons jusque-là irrésistibles.
Pengdwendé Achille OUEDRAOGO





