
La Cour d’appel de Fada N’Gourma, en collaboration avec le ministère de la Justice, a organisé du 7 au 9 mai 2026, ses journées portes-ouvertes. 72 heures d’immersion dans les arcanes de la justice pour rapprocher davantage l’institution judiciaire des citoyens.
La justice burkinabè veut se rapprocher davantage des citoyens et renforcer la confiance entre les justiciables et le système judiciaire. A cet effet, la Cour d’appel de Fada N’Gourma a ouvert ses portes aux citoyens du 7 au 9 mai 2026. Placées sur le thème : « Justice, sécurité et résilience : une institution au service des populations », ces journées ont constitué un cadre privilégié de dialogue et de sensibilisation.
Au menu, des panels portant sur des thématiques majeures, notamment l’organisation judiciaire, le fonctionnement des juridictions, la collaboration entre la justice et les Forces de défense et de sécurité (FDS), ainsi que la contribution des sociétés minières au développement socio-économique. Les populations ont également bénéficié de consultations juridiques gratuites et d’échanges directs avec les professionnels du droit. Outre les communications, diverses activités sportives, culturelles et récréatives, notamment un cross populaire, un tournoi de mini-maracana, des jeux de société ainsi qu’une rue marchande ont rythmé l’évènement.
Une justice en mutation face aux défis actuels

Le président du comité d’organisation, le procureur général près la Cour d’appel de Fada N’Gourma, Barnabé Compaoré, a indiqué que ces journées portes-ouvertes se voulaient un cadre pédagogique pour mieux faire connaître les missions de la justice ainsi que les réformes engagées dans le secteur. Selon lui, les défis sécuritaires et humanitaires actuels imposent une justice davantage à l’écoute des populations. « Notre justice évolue, se réforme et s’adapte aux exigences de son temps », a-t-il affirmé.
Parmi les innovations majeures qui ont vu le jour à la faveur des réformes judiciaires, M. Compaoré a cité la médiation pénale, le Travail d’intérêt général (TIG), l’accélération des procédures judiciaires, la digitalisation des services ainsi que la promotion de mécanismes endogènes de règlement des différends, à l’image du Faso Bu Kaoré. A sa suite, le ministre de la Justice, Me Edasso Rodrigue Bayala, patron des journées portes- ouvertes, a salué cette initiative qui traduit, selon lui, la volonté des autorités de bâtir une justice plus proche des citoyens et davantage impliquée dans les efforts de reconquête du territoire national. De son avis, la justice reste encore perçue, par une frange de la population, comme une institution complexe, distante et difficile d’accès. D’où la nécessité de multiplier les cadres d’échanges et de sensibilisation.
« Coup d’essai, coup de maître »
Pour le parrain de l’événement, Dr Bindi Benoît Ouoba, ces journées portes-ouvertes ont contribué à rendre la justice « plus lisible, plus accessible et plus humaine ». « Aujourd’hui, la justice va vers le citoyen. Elle explique son mode de fonctionnement, écoute le citoyen et répond à ses préoccupations. C’est ainsi que se construit une justice vivante et respectée », a-t-il déclaré. Dans la même veine, le président du comité d’organisation a souligné qu’une justice efficace ne peut pleinement accomplir sa mission que lorsqu’elle est comprise et appropriée par les citoyens.
« Ces journées ont été pensées comme un espace d’écoute, un cadre de dialogue, un lieu de pédagogie et un moment de vérité entre l’institution judiciaire et les populations », a-t-il expliqué. Abordant le lien entre justice et sécurité, Dr Ouoba a soutenu qu’« il ne peut y avoir de sécurité durable sans une justice forte, ni de justice crédible sans un environnement sécuritaire stable ». Au moment où les rideaux sont tombés sur les journées portes ouvertes de la justice, le procureur général s’est réjoui du bon déroulement de l’événement et de l’engouement suscité auprès des populations.
Même satisfaction du côté du ministre de la Justice qui s’est dit particulièrement « marqué » par la forte mobilisation des différents acteurs autour de cette première édition qu’il a qualifiée de « coup d’essai, coup de maître ». Me Edasso Rodrigue Bayala a, par ailleurs, souhaité la pérennisation de cette initiative et encouragé les autres Cours d’appel du Burkina à s’inspirer de l’expérience de Fada N’Gourma. Avant de clore l’évènement, le président du comité d’organisation a adressé ses remerciements aux autorités administratives, judiciaires, militaires, paramilitaires, coutumières et religieuses, aux parrains, aux partenaires ainsi qu’à l’ensemble des populations du ressort de la Cour d’appel de Fada N’Gourma pour leur forte mobilisation. Il a également rendu hommage aux membres du comité d’organisation qui, selon ses termes, « ont mouillé le maillot » pour faire de cette première édition un succès.
Joanny SOW





