La Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB), avec le soutien et la collaboration du ministère de la Santé, d’Enda Santé et de KENAYA Impact, a organisé, les 20 et 21 août 2026 à Bobo-Dioulasso, dans la région du Guiriko, un atelier de plaidoyer à l’intention des sage-femmes sur l’hémorragie du post-partum (HPP). L’objectif était de renforcer leurs capacités afin d’améliorer la mobilisation sociale et citoyenne autour de la réduction de la mortalité maternelle liée à cette complication.
Après Ziniaré, Tenkodogo, une quarantaine de sage-femmes de Bobo-Dioulasso, ont pendant deux jours renforcées leur capacité en matière de lutte contre l’hémorragie du post-partum (HPP).
Le HPP demeure une préoccupation majeure de santé publique au Burkina Faso. Elle représente environ 30 % des causes de décès maternels dans le pays, selon la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB).
Malgré les efforts déployés par les autorités sanitaires et leurs partenaires, la mortalité maternelle reste élevée. Si elle a enregistré une baisse d’environ 32 % au cours des deux dernières décennies, le ratio de mortalité maternelle demeure estimé à 198 décès pour 100 000 naissances vivantes. Une situation encore éloignée de la cible des Objectifs de développement durable (ODD), qui vise moins de 70 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes.
Face à cette situation, la SOGOB a réuni une quarantaine de sage-femmes, les 20 et 21 août 2026 à Bobo-Dioulasso, pour renforcer leurs connaissances et leurs compétences en matière de plaidoyer sur la réduction de la mortalité maternelle liée à l’hémorragie du post-partum.la même formation s’est réalisée à Ziniaré et à Tenkodogo bouclant la série.
La SOGOB estime que la lutte contre la mortalité maternelle ne peut se limiter aux interventions dans les formations sanitaires. Une réponse multisectorielle, associant les pouvoirs publics, les professionnels de santé, les communautés, les médias et les partenaires, est nécessaire.
Dans cette dynamique, les sages-femmes occupent une place stratégique. Au-delà de leur rôle dans la prise en charge des femmes enceintes et des accouchements, elles constituent des relais importants pour la sensibilisation des populations et la mobilisation des décideurs autour de la santé maternelle.

L’atelier visait ainsi à mieux informer les participantes sur les enjeux sanitaires, économiques et sociaux liés à la mortalité maternelle par hémorragie du post-partum. Il devait également leur permettre de s’approprier les données nationales et les stratégies mises en œuvre pour réduire les décès liés à cette complication.
Les participantes ont par ailleurs été outillées pour produire des messages et des contenus de plaidoyer susceptibles de contribuer à une meilleure mobilisation communautaire et sociale.
Durant les deux jours de travaux, plusieurs communications ont porté sur la situation de la mortalité maternelle au Burkina Faso et sur l’ampleur de l’hémorragie du post-partum dans le monde et dans le pays.
Les échanges ont également permis de s’interroger sur les raisons pour lesquelles l’HPP continue d’entraîner des décès maternels, malgré les progrès enregistrés dans le système de santé.
La prévention et la prise en charge de cette urgence obstétricale ont aussi occupé une place importante dans les discussions. Les participantes ont notamment échangé sur les moyens recommandés pour prévenir et traiter l’hémorragie du post-partum, ainsi que sur les obstacles et les opportunités liés à la législation, aux ressources disponibles et à la formation des acteurs.
Le Burkina Faso a déjà engagé plusieurs réformes et initiatives en faveur de la santé maternelle, parmi lesquelles la gratuité des soins de santé maternelle et la mise en œuvre de politiques de planification familiale. L’activation du Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS), qui permet notamment de renforcer la surveillance et la réponse face aux décès maternels, s’inscrit également dans cette dynamique.
Toutefois, l’atteinte des objectifs de réduction de la mortalité maternelle nécessite une accélération des actions et un engagement accru de l’ensemble des acteurs.
L’atelier de Bobo-Dioulasso a également permis d’encourager la création et le renforcement de partenariats entre les différents acteurs intervenant dans le domaine de la santé maternelle.
Pour les sages-femmes, désormais appelées à jouer pleinement leur rôle de relais d’opinion, le défi est de transformer les connaissances acquises en actions concrètes sur le terrain. Car derrière les statistiques, chaque décès maternel évitable constitue une vie qui aurait pu être sauvée grâce à une prévention efficace, une prise en charge rapide et une mobilisation collective.
La représentante régionale des sages-femmes du Guiriko a appelé les professionnels de santé à renforcer leur engagement dans la lutte contre l’hémorragie du post-partum (HPP). Elle a insisté sur la vigilance permanente, l’anticipation, la disponibilité des produits essentiels et l’application rapide des protocoles nationaux. Elle a également exhorté les acteurs de santé à poursuivre la sensibilisation des femmes et de leurs familles afin de favoriser les accouchements assistés dans les structures sanitaires. « Ensemble, faisons reculer l’HPP pour que plus aucune mère ne meure en donnant la vie », a-t-elle déclaré.
Boureima SANGA






