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mardi, 6 octobre 2026
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Octobre rose : « Le ministère de la Santé prévoit de dépister au moins 6 000 femmes », Pr Nayi Zongo

Le coordonnateur du Programme national de lutte contre le cancer, Pr. Nayi Zongo : « pour qu’aucune femme ne meurt encore de cancer du col de l’utérus et du cancer de sein, mobilisons-nous ».

Chaque année, le monde entier dédie le mois d’octobre à la sensibilisation contre le cancer du sein. Ce mois dénommé : “octobre rose” est aussi commémoré au Burkina Faso où le gouvernement multiplie les efforts pour lutter contre la maladie. Dans cette interview, le coordonnateur du programme national de lutte contre le cancer, Pr Nayi Zongo, nous dépeint la situation de la maladie au niveau national et présente les grandes actions déjà menées ou en cours pour venir à bout du mal.

Sidwaya (S) : Professeur, Expliquez-nous ce qu’est octobre rose ?

N.Z. : Octobre rose est un mois consacré à la lutte contre le cancer du sein dans le monde. On a le ruban rose qui est devenu le symbole de la lutte contre le cancer et ce ruban a été popularisé surtout durant les mois d’octobre dans les années 1990. L’objectif d’octobre rose est d’obtenir un engagement des politiques, de plaider pour une mobilisation suffisante des ressources pour lutter efficacement contre le cancer du sein mais aussi de susciter une adhésion très forte des femmes au dépistage du cancers du sein.

S : Quel est la situation du cancer du sein au niveau du Burkina ?

N.Z. : Dans le monde, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent. Au Burkina, il est le cancer le plus important et représente 20% de l’ensemble des cancers. Il est le cancer féminin responsable du plus grand nombre de décès suivi par le cancer du col de l’utérus. Selon les données de l’Observateur mondial sur le cancer, chaque jour qui passe, nous perdons trois femmes en ce qui concerne le cancer du sein et trois autres femmes pour le cancer du col de l’utérus au Burkina.

S : Le ministère de la Santé a pris le lead dans la lutte contre ce cancer depuis un certain temps. Quel bilan peut-on faire aujourd’hui ?

N.Z. : Cela fait trois ans que le ministère de la Santé commémore le mois d’octobre rose. Nous avons un bilan positif. D’abord, nous avons obtenu l’engagement des autorités politiques au plus haut niveau, ce qui fait que la lutte contre le cancer du sein de façon globale et particulièrement le cancer du sein est devenu une priorité parmi les priorités. Nous avons obtenu également l’engagement de la société civile, des partenaires techniques et financiers, des entreprises, des particuliers et du citoyen lambda. Quand vous regardez les réseaux sociaux, vous verrez de nombreux messages qui incitent les femmes à adhérer au dépistage du cancer du sein. Sur le plan des données chiffrées, concernant les deux commémorations d’octobre rose 2024 et 2025, nous avons pu dépister 230 000 lésions précancéreuses du col de l’utérus, 30 000 cancers du sein par écho mammographie. Nous avons également sensibilisé à travers le territoire national, près de 4 000 femmes qui sont maintenant bien outillées pour se protéger du cancer du sein et 2 millions de femmes ont appris à faire l’auto examen des seins.

S : Pour cette année 2026, quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés ?

N.Z. : Cette année, le ministère de la Santé s’est fixé des objectifs ambitieux en phase avec la demande de la population. Pour octobre rose, le ministère prévoit, dépister par écho mammographie, au moins 6 000 femmes, dépister les lésions précancéreuses de l’utérus pour au moins 100 000 femmes et aussi sensibiliser au moins 2 millions de femmes sur le cancer du sein, sur le cancer du col de l’utérus. Il ambitionne
également apprendre à près d’un million de femmes à s’examiner régulièrement les seins chaque mois.

S : Disposez-vous des moyens pour réaliser toutes ses activités ?

N.Z. : Il y a une implication très importante du gouvernement. Cet engagement se matérialise par les
cliniques mobiles qui sont dans toutes les régions.
Tout ce qui se fait à l’intérieur des cliniques mobiles rentre dans le cadre de la gratuité qui a été accordé par décret présidentiel. Ce qui fait que toutes les femmes ont accès maintenant aux dépistages. Pour atteindre ces chiffres, il nous faut communiquer et sensibiliser et nous comptons beaucoup sur les femmes et les médias pour accompagner le ministère de la santé dans ces tâches qui vont permettre de générer la demande afin que nous atteignions les objectifs cités.

S : Quel mot avez-vous à l’endroit de la population à l’occasion de ce mois d’octobre rose ?

N.Z. : J’ai d’abord un mot de remerciement aux autorités pour avoir fait de la lutte contre le cancer du sein une priorité, pour avoir
permis que le dépistage par écho mammographie soit l’arme utilisée pour lutter contre le
cancer du sein. Quand aux agents de santé, je leurs adresse surtout des remerciements pour leur dévouement, leur constance dans la lutte contre le cancer en général et le cancer du sein en particulier. Nous traduisons notre reconnaissance à nos associations de lutte contre le cancer et à nos partenaires techniques et financiers. Nous invitons la population à méditer sur le thème national d’octobre rose 2026 qui est : « Chaque dépistage est une vie sauvée et chaque vie de femme épargnée est une famille sauvegardée ». Pour qu’aucune femme ne meurt encore de cancer du col de l’utérus et du cancer de sein, mobilisons-nous.

Interview réalisée par Samira Alida KAMBOU

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