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mardi, 6 octobre 2026
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Thèse amphigourique

Dans un « papier » dont il a le secret, le directeur de la rédaction de Jeune Afrique, François Soudan, véritable mercenaire de la plume (les témoignages émanant des palais présidentiels africains l’atteste) tente de rapprocher le nationalisme libérateur du capitaine Ibrahim Traoré, à celui expansionniste et chauviniste des extrêmes droites occidentales principalement celles américaine et française dont les porte-voix sont actuellement Donald Trump et Marine le Pen. Une thèse amphigourique et auto-suggérée si tant est qu’il y a loin de la coupe aux lèvres s’agissant de ces deux modèles de gouvernement.

Faut-il le rappeler, la doctrine politique du capitaine Ibrahim Traoré est basée sur la libération d’un peuple, celui burkinabè, soumis jusque-là à une domination étrangère sans pour autant faire preuve d’ostracisme à l’endroit des autres peuples épris de cet idéal noble. A contrario, le nationalisme expansionniste de Trump et le Pen vise à affirmer le primat de leurs peuples sur les autres ce qui en fait un « avatar » de l’impérialisme avec de forts relents racistes. Dans sa volonté de pervertir le discours du président du Faso, qui irradie de plus en plus l’ensemble de la planète, Jeune Afrique n’hésite pas à s’accrocher à cette branche pourrie des sciences politiques, persuadée que le niveau de conscience politique des masses africaines n’est pas assez élevé pour percevoir ce lavage de cerveau.

Un exercice futile d’une vacuité sans pareille dans un continent qui se réveille et qui accorde peu d’intérêt aux sirènes d’outre-mer. Un exercice de style qui finit par révéler son vrai objectif quand ce plumitif stipendié par ses maîtres de l’ombre, pousse l’outrecuidance jusqu’à affirmer que les pays de l’AES devraient se satisfaire de l’avènement au pouvoir de Marine le Pen, car cela signifierait la fin de la menace impérialiste ; Dame le Pen étant selon lui adepte de la préférence nationale. Une manière de nous endormir quand on sait que la
« préférence nationale » française ne peut prospérer en dehors de l’Afrique francophone où elle puise l’essentiel des ressources nécessaires à sa survie.

Quel que soit le gouvernement qui dirigera la France, il constituera toujours une menace pour nous au vu de cette relation dialectique. Le président du Faso l’a du reste indiqué, « l’hiver noir n’a pas encore commencé » et, l’alerte rouge doit être permanente. Ce nouveau narratif où se mêlent flatterie, condescendance et roublardise (de France-Afrique il est question maintenant d’Afrique France) ne saurait prospérer, car, personne ne boit l’eau par les narines désormais. Alors, allez-vous rhabiller messieurs les sophistes.

Boubakar SY

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