Port du casque à Bobo-Dioulasso: Entre prise de conscience et changement progressif des comportements

Les avantages du port de casque, selon l’usager Vincent Dao, sont énormes même s’il présente certains désagréments.

A Bobo-Dioulasso, le port du casque, rendu obligatoire par les autorités, suscite des réactions diverses mais traduit surtout une prise de conscience croissante chez les usagers de motos. Sur les grandes artères comme dans les quartiers périphériques, de plus en plus de conducteurs et de passagers se conforment à la mesure, convaincus de son importance pour la sécurité routière. Sidwaya y est allé faire un constat.

Les mentalités évoluent à Bobo-Dioulasso. En effet, le port du casque gagne progressivement du terrain. Accidents vécus, observations quotidiennes et campagnes de sensibilisation contribuent à faire évoluer les mentalités. Depuis un certain temps, il fait partie des habitudes quotidiennes de bon nombre d’usagers de la route. Le casque n’est plus seulement un accessoire imposé par la loi mais une méthode pratique pour les usagers afin d’éviter les éventuelles blessures liées aux accidents et une mesure salvatrice pour préserver des vies.

Pour de nombreux usagers de motos, l’usage du casque permet à l’homme de se sentir en toute sécurité dans toutes les voies, même où les embouteillages sont énormes. Le casque est devenu pour eux un véritable bouclier contre la mort, la poussière et les séquelles irréversibles des accidents de la route. C’est l’avis de l’usager Vincent Dao qui estime que le casque est avant tout une protection vitale. « Je porte le casque depuis 2009, dès l’achat

Levy Tiahoun a pris conscience de l’importance du port de casque en 2022 après un accident de la circulation.

de ma moto. En cas d’accident, il limite les fractures et les blessures crâniennes graves », explique-t-il.

Même s’il reconnaît quelques désagréments comme la réduction de l’audition ou l’effet du vent, il estime qu’ils sont minimes face aux avantages. Il compare d’ailleurs le casque à la ceinture de sécurité en véhicule, un réflexe indispensable pour préserver la vie. L’étudiant Emmanuel Garango affirme avoir renforcé sa discipline depuis 2024. « Chaque jour sur le trajet de l’école, je vois des accidents. Très souvent, les blessures crâniennes sont liées au non-port du casque », observe-t-il.

Des conséquences qui conseillent

L’accident étant un phénomène malheureux qui arrive à tous, après ces faits, il a pris conscience de faire du casque son compagnon quotidien en circulation. « L’accident n’arrive pas qu’aux autres, ça peut nous arriver aussi », précise-t-il. Pour lui, au-delà de la sécurité, le casque protège également contre les maladies très souvent causées par la poussière ou le vent, très présents dans la ville de Sya. Même expérience pour Levy Tiahoun, étudiant qui a commencé à porter le casque après un accident en 2022 dans lequel il a subi un choc à la tête. Et après les soins, les spécialistes lui ont recommandé le port régulier du casque. « Avec la mise en pratique de ces conseils, j’évite plusieurs risques en circulation. Depuis, je me sens toujours en sécurité », confie-t-il.

Il salue l’initiative des autorités et souligne qu’il est difficile de s’en sortir après un accident lorsqu’on subit une fracture sur la tête. « Il n’y a pas de tête de secours », rappelle-t-il.

Maimouna Nabo Zéba, après deux chutes subies, appelle tous les usages à se protéger.

Selon lui, le casque permet, non seulement de réduire les risques mortels liés aux chocs à la tête, mais aussi de prévenir certaines maladies causées par la poussière, surtout en saison sèche et même des maladies liées aux fumées que dégagent certains engins dans la ville. Au regard de tous ces aspects, le port du casque est et demeure plus qu’une nécessité.

« Il n’y a pas de raisons valables pour un usager de ne pas porter le casque car notre vie est plus que tout », souligne-t-il. Le témoignage de Maïmouna Nabo Zéba illustre, quant à lui, les conséquences du non-respect de cette mesure. Après avoir subi deux chutes sans casque, avec des blessures graves à la clé, elle a changé de comportement. « J’aurais pu éviter plusieurs blessures si j’avais porté un casque », reconnaît-elle, appelant tous les usagers à s’en protéger. Si certains usagers restent encore réticents, les témoignages montrent que le port du casque gagne progressivement du terrain à Bobo-Dioulasso.

Amadou OUEDRAOGO
(Stagiaire)

 

 

 

 

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