Le Burkina Faso a décidé de prendre en main son destin énergétique. Les récentes mises en service de nouvelles centrales électriques à Pabré et à Bobo-Dioulasso, auxquelles s’ajouteront les 10 et 11 août 2026 respectivement celles de Koudougou et de Kaya, traduisent une orientation stratégique de réduire la dépendance extérieure en énergie et de renforcer la souveraineté du pays.
Le 21 juillet 2026, le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, indiquait, à l’inauguration de la centrale thermique de 50 MW de Pabré, que cette infrastructure constituait l’un des sept projets engagés pour accroître significativement les capacités nationales de production avec un apport de près de 220 MW de capacité installée. Quelques semaines plus tard, soit le vendredi 7 août, Bobo-Dioulasso a accueilli l’inauguration de la centrale thermique Bobo II avec ses 26,4 MW supplémentaires qui portent la puissance de cette infrastructure à 86,4 MW.
Ces infrastructures s’inscrivent dans une offensive plus large qui comprend également le développement des capacités solaires et la construction de nouvelles centrales, notamment celle de Ouaga Sud-Est, d’une capacité projetée de 120 MW. Et la dynamique ne s’arrêtera certainement pas là. Ces investissements répondent à une réalité que le Burkina Faso ne peut plus ignorer.
Pendant longtemps, notre pays a dû compter sur ses voisins pour satisfaire une partie importante de ses besoins en électricité. Cette dépendance nous a exposés aux difficultés rencontrées par les pays fournisseurs. Lorsque leur production était affectée, le Burkina Faso en subissait immédiatement les conséquences. Le choix désormais assumé est celui de la production nationale. Il ne s’agit pas de tourner le dos à la coopération régionale, mais de faire en sorte que celle-ci repose sur un Burkina Faso disposant de capacités propres, capable de produire l’essentiel de l’énergie nécessaire à son fonctionnement et à son développement.
C’est là tout le sens de la souveraineté énergétique qui constitue une dimension essentielle de la souveraineté nationale en ce que le pays se donne davantage de marges de manœuvre pour planifier son développement, soutenir son économie et résister aux chocs extérieurs. L’enjeu est d’autant plus important que le Burkina Faso a engagé une véritable dynamique d’industrialisation et de transformation locale.
Il faut de l’électricité pour faire fonctionner les usines, transformer les produits agricoles, développer les mines, conserver les productions, alimenter les ateliers, faire tourner les petites et moyennes entreprises et accompagner l’essor du numérique. Sans énergie disponible, stable et à un coût maîtrisé, l’industrialisation ne peut être qu’une ambition inachevée.
La multiplication des centrales thermiques et solaires doit donc être considérée comme un investissement dans l’avenir. Elle doit permettre non seulement d’améliorer progressivement l’accès des ménages à l’électricité, mais surtout de donner à l’appareil productif national les moyens de son expansion. Chaque mégawatt supplémentaire doit contribuer à créer de la richesse, des emplois et de nouvelles opportunités pour la jeunesse burkinabè.
Par Assetou BADOH
badohassetou@yahoo.fr





