Le 25 juillet dernier, dans la forêt de Kinséré, à Barani, les Forces de défense et de sécurité, appuyées par les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ont frappé fort. Quinze terroristes ont été neutralisés. Parmi eux figure, un chef des groupes armés opérant dans la Koosin et le Sourou, Sangaré Barry Manga. Une prise de taille, qui vient rappeler que la guerre contre le terrorisme se gagne aussi par la capacité à aller chercher l’ennemi là où il pense être en sécurité.
Cette nouvelle en provenance de la Koosin, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, a de quoi réjouir. Elle ne constitue pas seulement un bilan militaire de plus dans la longue et douloureuse guerre imposée au Burkina Faso. Elle porte un message fort : ceux qui ont longtemps semé la terreur dans nos campagnes, endeuillé des familles et contraint des milliers de compatriotes à abandonner leurs villages ne peuvent plus se croire à l’abri dans leurs sanctuaires.
Pendant longtemps donc, les populations ont vécu avec la peur au ventre. Des hommes armés surgissaient, attaquaient, tuaient, menaçaient, pillaient et disparaissaient dans la nature. Les forêts constituaient pour eux des refuges, des bases arrières et parfois de véritables zones interdites aux forces combattantes et aux populations. Aujourd’hui, le rapport de force a changé, la peur a aussi changé de camp. C’est là toute la portée de l’opération de Kinséré. Les vaillants combattants ne sont plus uniquement dans une posture de réaction. Ils prennent l’initiative, traquent les groupes armés, remontent leurs réseaux et frappent leurs bases.
Et, c’est précisément ce que les Burkinabè attendent : que ceux qui ont fait de la terreur leur mode d’action comprennent qu’aucun maquis, aucune forêt et aucun sanctuaire ne saurait constituer une garantie d’impunité. La neutralisation de Sangaré Barry Manga revêt, à cet égard, une dimension particulière. Celui qui est présenté comme un acteur important des attaques dans la zone de Barani, Bomborokui et Nouna ne pourra plus coordonner ses hommes ni planifier de nouvelles attaques. Avec lui, ce sont des capacités opérationnelles et une partie de la chaîne de commandement terroriste qui viennent d’être amputées.
Mais, il ne faut surtout pas dormir sur ses lauriers.
Dans cette guerre, chaque victoire doit être consolidée. L’ennemi affaibli demeure dangereux. Il peut chercher à se réorganiser, à recruter, à se déplacer ou à changer de méthode. C’est pourquoi, la pression doit rester constante. Les Forces combattantes doivent continuer à fouiller les zones suspectes, à exploiter le renseignement et à empêcher toute reconstitution des réseaux démantelés. Car, l’objectif ne saurait être simplement de multiplier les bilans. Il s’agit de reconquérir le Burkina Faso, parcelle après parcelle, village après village, commune après commune, et de rendre définitivement aux populations leur droit à la sécurité, à la liberté de circuler et de cultiver leurs terres.
Kinséré est ainsi plus qu’un simple point sur la carte. C’est un signal. Un signal adressé aux groupes armés : le Burkina Faso ne vous abandonnera aucun territoire. Chaque terroriste neutralisé, chaque base démantelée et chaque village récupéré constitue une pierre de plus dans l’édifice de la reconquête nationale. La route est encore longue, certes. Mais, elle est désormais balisée par des victoires. L’ennemi bat en retraite. Il reste à l’assommer définitivement pour rendre à Cézard ce qui est à Cézard. Et dans cette guerre de longue haleine, une conviction doit demeurer intacte : le Burkina Faso finira par reprendre la totalité de son territoire. La détermination des forces engagées au front, le courage des populations et la volonté de ne rien céder à l’ennemi doivent être les ressorts de cette reconquête. Kinséré est une bonne pêche. Il faut maintenant poursuivre la chasse.
Kamélé FAYAMA






