Un engagement souverain

Le Burkina Faso a célébré, hier mercredi 12 août 2026, la Journée internationale de la jeunesse, autour d’un thème qui interpelle directement la jeune génération : « Rôle, responsabilité et engagement de la jeunesse burkinabè dans la construction d’un espace confédéral souverain ». Au niveau mondial, cette journée est célébrée sous le thème : « Différentes réalités, aspirations communes », mettant en lumière la résilience des jeunes face aux défis mondiaux et ciblant particulièrement les réalités des pays en développement et des régions vulnérables.

Hommage aux héros de la révolution burkinabè et panel sur la vie du révolutionnaire sont, entre autres activités organisées dans le cadre de cette journée dédiée à la frange jeune de la population au pays des Hommes intègres. Mais au-delà, la thématique invite les jeunes à s’interroger sur leur contribution à la transformation de leur pays et à la construction d’un espace confédéral fondé sur la souveraineté et la solidarité. La jeunesse constitue une force démographique, économique, sociale et culturelle majeure d’un pays, a-t-on coutume de dire. En effet, première concernée par les mutations profondes, elle ne peut rester en marge face aux défis du moment à relever.

C’est ainsi que Thomas Sankara disait qu’« une jeunesse mobilisée devient une force capable d’impressionner même les puissances les plus redoutables ». C’est aussi dans cette lancée que le ministre chargé de l’Enseignement secondaire, Pr Moumouni Zoungrana, à la cérémonie commémorative, a exhorté les jeunes à devenir des « lumières » dans leurs communautés et à promouvoir les valeurs de souveraineté, de liberté et de dignité. « C’est la seule voie pour que nous puissions vivre dignement et être respectés à travers le monde », a-t-il déclaré.

Cette conviction doit animer la jeunesse aujourd’hui, elle qui doit en plus développer des compétences, entreprendre et participer à la création des richesses.
Mais, cet engagement doit se traduire par une participation responsable à la vie de la Nation, notamment dans la défense de la cohésion sociale, la promotion du vivre-ensemble, le respect des biens publics et une contribution active à la consolidation de la paix. Dans un contexte où les réseaux sociaux constituent un puissant outil d’influence, la responsabilité commande également de faire preuve de discernement face aux fausses informations et aux discours de haine.

C’est pourquoi, il faut saluer le choix de rendre hommage aux héros de la Révolution burkinabè et d’organiser un panel sur « une vie de révolutionnaire », à l’occasion de cette journée. Il faut le dire, les grandes transformations reposent sur des valeurs, des convictions et surtout sur l’engagement. L’histoire du Burkina regorge de figures ayant consacré leur vie à l’intérêt général et leur parcours peut inspirer une jeunesse appelée à écrire une nouvelle page de l’histoire nationale. De ce fait, la jeunesse actuelle doit s’inspirer d’eux pour inventer ses propres formes d’engagement, adaptées à son époque. A ce propos, le numérique, l’intelligence artificielle, l’entrepreneuriat sont des nouvelles possibilités qui s’offrent à elle, mais à condition que celles-ci soient au service du développement et de la souveraineté.

En définitive, la Journée internationale de la jeunesse, célébrée chaque année à travers le monde, doit être davantage un cadre de réflexion sur l’avenir de la jeunesse, à qui il revient la responsabilité de transformer son potentiel en actions concrètes. Aux pouvoirs publics et à la société, il revient le devoir de créer les conditions leur permettant de s’exprimer, de se former, d’entreprendre et de participer pleinement à la vie nationale. Car, pour reprendre l’esprit de Sankara, la révolution exige une jeunesse debout, consciente et pleinement actrice de son destin.

Soumaïla BONKOUNGOU

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