Gestion des ressources énergétiques et minières : des experts de l’AES planchent sur des documents structurants

Les propositions des participants permettront de disposer de documents conformes aux intérêts stratégiques des Etats.

La 1re rencontre des ministres chargés de l’Energie et des Mines des pays membres de la Confédération des Etats du Sahel consacrée à l’examen et la validation de documents structurants pour l’avenir énergétique et minier de l’espace s’est ouverte, lundi 10 août 2026, à Ouagadougou.

Les pays membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) ont décidé de la construction d’une souveraineté énergétique et minière confédérale fondée sur l’intérêt supérieur de leurs peuples. Dans ce sens, une rencontre regroupant des hauts fonctionnaires, experts, techniciens et acteurs du Mali, Niger et Burkina se tient du 10 au 13 août 2026, à Ouagadougou. Cette réunion de haut niveau, organisée par le ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières du Burkina s’est ouverte, lundi 10 août 2026 dans la capitale burkinabè.

Selon le secrétaire général, représentant le ministre chargé des Mines du Burkina, Doulaye Sanou, la rencontre vise à examiner et à valider des documents structurants pour l’avenir énergétique et minier de la confédération. Il s’agit notamment du cadre général d’exploitation des ressources énergétiques et minières de l’AES, du cadre harmonisé des politiques énergétiques des Etats du Sahel, du cadre harmonisé des politiques minières des Etats du Sahel, du mémorandum d’entente pour l’institution de la semaine de l’énergie et des mines de l’AES, ainsi que la note conceptuelle y afférente.

Pour lui, ces instruments doivent traduire une vision « commune et ambitieuse » de la gouvernance des ressources stratégiques. « Nos ressources orifères, pétrolières, minérales et autres substances stratégiques ne doivent plus sortir de nos territoires sans générer en retour des emplois, des infrastructures, des compétences, des recettes publiques et une véritable transformation industrielle », a indiqué Doulaye Sanou. Il a invité les participants à analyser ces projets de texte dans un esprit constructif pour qu’ils répondent aux réalités des Etats tout en produisant des effets dans la vie des populations. Le point focal-AES au ministère en charge de l’énergie, Alidou Ouédraogo, a soutenu que les pays ont subi un modèle dans lequel les ressources étaient abondantes, mais la maîtrise demeurait limitée.

Bâtir des fondements d’une souveraineté

C’est pourquoi, à son avis, l’harmonisation des textes doit permettre de bâtir des fondements d’une souveraineté nouvelle où la coopération entre les Etats sera plus efficace, les approches davantage coordonnées et la gestion des ressources mieux orientée vers la transformation structurelle des économies. Il a signalé que l’institution de la semaine de l’énergie et des mines de l’AES va offrir une tribune stratégique pour promouvoir les politiques, valoriser les potentialités, mobiliser les investisseurs respectueux de la souveraineté des Etats…

Le secrétaire général du ministère chargé des Mines a poursuivi que l’harmonisation des politiques énergétiques et minières créera des conditions favorables à une meilleure cohérence des cadres d’action. Le chef de la délégation malienne et conseiller technique du ministre des Mines, Lassana Guindo, a félicité la commission nationale burkinabè pour les documents de haute qualité soumis à l’examen des participants. Il a reconnu que les trois pays sont confrontés aux mêmes défis politiques, économiques, sécuritaires. D’où la nécessité, selon lui, de disposer de textes permettant de quitter ce paradoxe de pays dotés de ressources naturelles et qui vivent dans la pauvreté.

Le chef de la délégation nigérienne, par ailleurs, directeur général de Mazumawa national gold company (MNGC), Abdou Ousseni, a aussi salué l’engagement et la disponibilité de l’ensemble des délégations et des experts mobilisés pour cette rencontre. Il a souligné que la qualité des échanges et la pertinence des propositions seront essentielles pour traduire dans les textes la vision portée par les Etats et les aspirations des peuples. Abdou Ousseni a réaffirmé la disponibilité de la délégation nigérienne à contribuer de manière constructive aux travaux. « Nous devons produire des textes qui ne soient pas uniquement juridiquement cohérents, mais surtout opérationnels, applicables, porteurs de transformation de nos substances naturelles locales », a-t-il déclaré.

Aly SAWADOGO
Martin OUEDRAOGO
(Stagiaire)

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