Hausse du prix du gasoil : une mesure pour juguler une perte annuelle de 70 milliards F CFA pour le budget

« En six mois de janvier à juin, on a eu une augmentation de près de 40 % de la consommation du gasoil », a relevé le DG, le directeur général de la Société nationale burkinabè d'hydrocarbures (SONABHY), Dr Patrice Forogo.

Depuis le lundi 10 août 2026, le prix du gasoil au litre est passé de 675 à 750 F CFA, soit une hausse de 75 F CFA. Quelles sont les raisons de cette augmentation ? Est-ce un problème de stock ou de ravitaillement ? Explications !

Le Burkina Faso n’a ni un problème de stocks ni de ravitaillement en gasoil. Le problème se situe au niveau de la sortie frauduleuse du carburant hors du pays. Selon le secrétaire général de la Primature, Abdou-Salam Gampené, (invité du journal de 20 heures du 9 août 2026), la réalité est que le prix du gasoil est bas au Burkina Faso, comparativement aux pays de la sous-région où la quasi-totalité des pays ont des prix supérieurs à 675 F CFA, en dehors du Niger et du Nigeria, qui sont des pays producteurs.

« Le gasoil coûte plus cher au Togo, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Sénégal, au Ghana qu’au Burkina Faso. Alors, les transporteurs de ces pays préfèrent venir faire le plein au Burkina, avec même des réserves pour partir. La conséquence est qu’il y a une sorte de surconsommation sur le gasoil burkinabè », a expliqué le secrétaire général de la Primature. D’ailleurs, les chiffres montrent qu’en juin 2026, plus de 365 millions de litres de gasoil sont frauduleusement sortis du Burkina.

« D’ici à la fin de l’année, si rien n’est fait, ce chiffre pourrait atteindre 730 millions de litres, comparé à une consommation moyenne du Burkina, qui tourne autour de 500 millions de litres. Il y a donc une différence de plus de 230 millions de litres qui ne représente pas la consommation des Burkinabè. Ce gap correspond à environ 70 milliards F CFA de perte pour le budget. Pourtant, l’Etat subventionne le gasoil pour qui profite aux Burkinabè. En termes simples, c’est comme si notre pays subventionnait les pays voisins dans lesquels, le gasoil coûte plus cher », a déploré le secrétaire général.

Pour le directeur général de la Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY), Dr Patrice Forogo, cette fraude met une forte pression sur l’autonomie de la SONABHY et des hydrocarbures. « Déjà sur les six mois (janvier à juin), au niveau du gasoil, on a constaté, une augmentation de près de 40 % de la consommation. Malheureusement, cela impacte sur le budget de l’Etat partant sur le résultat de la société », a-t-il poursuivi. Dans un contexte de guerre, où chaque franc compte, il est impératif de faire quelque chose.

« Sinon, en plus de détériorer la stabilité financière de la SONABHY, nous faisons courir des risques à notre pays en termes de la continuité de l’approvisionnement de notre pays en hydrocarbures sans compter une rupture de gasoil, qui pourrait avoir des conséquences incalculables », a-t-il affirmé. Pour mettre fin à cette fraude, Patrice Forogo a souligné que l’augmentation du prix est une des solutions.
Il a ajouté que le service en charge de la sûreté de la SONABHY qui lutte contre la fraude des hydrocarbures, veille au grin. « Il faut à un certain moment que des décisions fortes soient prises. Sinon, il serait difficile de maintenir le stock de la SONABHY », a-t-il déclaré.

Synthèse de Fleur BIRBA

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