Le complexe de supériorité est une hantise de la déraison qui vante la barbarie du plus fort et écrase le faible soumis. Mais la cloche de l’éveil a sonné et ceux qui se croyaient plus forts ou plus grands que les autres se rendent compte aujourd’hui que ceux qu’ils ont piétiné depuis des siècles sont capables de se dresser et dire NON. Pendant longtemps, ils nous ont dicté leur loi de mauvais aloi et sans foi, ils nous ont marché dessus avec la gloire d’être les maîtres de notre destin. Après nous avoir malmenés dans tous les sens de leurs caprices, ils nous ont soumis à leurs desiderata en nous imposant tout et parfois sans la moindre subtilité. Ils nous ont traités de pauvres et Dieu seul sait si dans leur tête, ils ne nous traitaient pas des plus tarés de l’espèce.
Mais aujourd’hui, nous sommes fiers de financer notre propre développement à hauteur de centaines de milliards F CFA par an et sans crédit ! Bref, l’Afrique a assez subi de leur arrogance et même si elle continue de subir les affres de sa propre inconséquence, l’Alliance des Etats du Sahel tape du poing sur la table et dit NON. Ils peuvent traiter nos gouvernements de tous les noms péjoratifs. Si une « junte militaire » est capable de diriger mieux que des démocrates de façade, en faisant la guerre tout en développant le pays, alors bienvenue à la Junte patriotique ! Si une « junte militaire » est capable de mettre fin à des accords humiliants et scélérats et chasser la soldatesque de trop qui jouait le faux ami, alors vive la Junte audacieuse et laborieuse !
Si une « junte militaire » est capable d’égratigner le record des performances en agriculture et en hydraulique, en économie et en énergie, en mine et en infrastructures routières et industrielles dans un « pays pauvre très endetté » et « indépendant » depuis plus de 60 ans, il faut reconnaitre humblement que le mot junte ne reflète que les maux de ceux qui ont mal à leur propre égo. En effet, il y a des juntes en costumes cravates, élues mais dissolues, applaudies mais décriées, encensées mais nauséabondes. Ces juntes se bombent le torse sur un tas de bulletins froissés par la désillusion d’un peuple violé en toute transparence. Ils peuvent traiter nos armées des mots les plus costauds du dico et balancer à la figure de nos vaillants VDP la plaque tombale de la mort avec agrafe « milice » et ils voudront même nous faire appeler les terroristes de « groupes armés non étatiques » ou de « rebelles », notre intention restera la même : aucun centimètre de ce pays ne sera cédé aux égarés de la cause perdue.
Nous savons tous que cette technique usée n’est que le narratif du désastre pour donner une chance aux instruments de l’impérialisme de faire une descente musclée, munis de casques bleus pour imposer le statu quo et mieux nous tirer en enfer. Après l’échec du concept de « zone rouge », ils se sont rendu compte que seules leurs intentions étaient rouge-sang et que le mauvais œil était crevé d’office. Le Burkina Faso continue de rester debout et même marcher malgré le chant des oiseaux de mauvais augure. Ils peuvent continuer à vouloir dresser les Burkinabè les uns contre les autres en brandissant le spectre des funestes mots qui s’associent mal avec l’ethnie, pour semer les graines de la marginalisation et de la stigmatisation.
Le Burkina Faso restera uni malgré les fissures de l’ennemi. Mon beau pays continuera de conter son histoire dans la soixantaine de langues de son répertoire sans manquer de céder à la parenté à plaisanterie. Les Burkinabè ne sont pas dupes, notre cohésion sociale ne sera pas non plus entachée de coups bas donnés avec foi au nom d’une religion larvée de lésions. Notre vivre-ensemble ne sera pas dissous dans la haine de ceux qui n’ont jamais été en paix avec eux-mêmes. Notre intégrité transcendera la radicalisation et l’extrémisme violent pour tendre toujours la main aux naufragés de l’ignorance coupable pour un Burkina réconcilié et solidaire. Comme pour dire aux Burkinabè que le vrai combat du moment ne se mène pas contre soi. Soyons des citoyens qui savent s’élever au-dessus des stéréotypes et des messages subversifs contre le Burkina Faso pour défendre l’intérêt général.
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr





