Ce 8 septembre 2026, marque le 85e anniversaire du début du blocus de Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg). A l’occasion, l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Burkina Faso, Igor Martynov, revient sur les faits par « devoir de préserver la vérité historique sur la guerre et le prix de la libération de la Terre du nazisme ».
Le 8 septembre 2026 marquera le 85e anniversaire du début du blocus de Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg) – la deuxième ville la plus importante de l’ancienne Union Soviétique – par les troupes de l’Allemagne nazie et de ses satellites. Ce blocus a constitué l’un des épisodes les plus tragiques de la Grande Guerre patriotique et a coûté la vie à près d’un million de personnes.
A la veille de la Grande Guerre patriotique, Leningrad assurait un dixième de la production industrielle totale de l’URSS, près d’un quart de la production de la construction mécanique lourde et un tiers des produits du secteur électrotechnique; c’était également un vivier de formation pour les cadres scientifiques et techniques.
Outre la volonté de s’emparer d’un grand centre scientifique et industriel, la prise de la ville revêtait pour les nazis une importance politique (en raison de son nom) et stratégique (en raison de sa situation géographique) considérable. Les occupants comptaient ainsi résoudre d’un seul coup tout un ensemble de problèmes: saisir la puissante base industrielle et technique de l’URSS et priver le pays d’une partie importante de son complexe militaro-industriel; asseoir leur domination sur la mer Baltique et anéantir la flotte soviétique; et garantir une offensive sur Moscou depuis le nord.
Le siège de Leningrad a commencé le 8 septembre 1941, lorsque les troupes nazies ont isolé la ville du reste du pays par voie terrestre. Au nord, les troupes finlandaises, alliées de l’Allemagne nazie, l’ont coupée de ses forces principales. Outre la Finlande, des soldats venus de Belgique, d’Italie, d’Espagne, des Pays-Bas et de Norvège ont pris part à l’offensive, ainsi que des volontaires d’Autriche, de Lettonie, de Pologne, de France et de Tchécoslovaquie.
La prise de Leningrad s’inscrivait dans le cadre de l’opération « Barbarossa » mise au point par le Troisième Reich. Cependant, l’ennemi ne parvint pas à pénétrer rapidement dans la ville. En conséquence, le commandement nazi prit la décision « d’affamer » Leningrad assiégée, afin de briser ou d’exterminer la population de la ville.
Je tiens à souligner que, parmi les acolytes fascistes, ce sont les Finlandais qui ont fait preuve de la plus grande cruauté envers les prisonniers soviétiques et les simples civils. En Carélie, on comptait 17 camps de concentration et prisons spéciales finlandais, ainsi que 7 camps à Petrozavodsk. Sur la seule base de leur appartenance nationale, les occupants finlandais ont envoyé jusqu’à 30 000 citoyens soviétiques dans ces camps, parmi lesquels, selon diverses estimations, entre 4 000 et 8 000 ont trouvé la mort. Diverses formes de brimades, de punitions et de travail forcé des enfants étaient pratiquées.
Tout au long du blocus, les habitants de Leningrad ont défendu avec abnégation leur ville contre la destruction totale, malgré le froid, la faim et les horreurs de la guerre, tout en assurant le fonctionnement des usines qui approvisionnaient l’Armée rouge. Tous les plans et toutes les ambitions des envahisseurs nazis se sont brisés face à l’incroyable ténacité et au courage des Leningradois.
Ce n’est que le 27 janvier 1944 que le siège de la ville fut levé. A cette date, il restait moins de 800 000 habitants dans la capitale du Nord, sur les trois millions qui vivaient à Leningrad et dans sa banlieue avant le début du siège. En écrasant un adversaire redoutable près de Leningrad, l’Armée rouge a ébranlé les positions des nazis en Finlande et dans d’autres pays scandinaves, et a considérablement rapproché la Victoire dans la Grande Guerre patriotique.
Le courage et l’héroïsme des défenseurs de Leningrad ont été hautement salués par la Patrie. De nombreuses unités et formations ont reçu le titre « de la Garde », ont été décorées d’ordres et ont obtenu le nom honorifique « de Leningrad ».
Le 20 octobre 2022, par décision du Tribunal municipal de Saint-Pétersbourg, le blocus de Leningrad a été reconnu comme un acte de génocide à l’encontre du peuple soviétique. Le nombre de victimes s’élève à au moins 1 093 842 personnes.
Aujourd’hui, alors que les pays occidentaux déforment et réécrivent délibérément l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et de la Grande Guerre patriotique, nous avons le devoir de préserver la vérité historique sur la guerre et le prix de la libération de la Terre du nazisme. C’est un devoir commun de tous les peuples du monde envers ceux qui ont sacrifié leur vie avec abnégation pour la liberté. A cette fin, la Russie, en collaboration avec le Burkina Faso et d’autres partenaires, met en œuvre des programmes éducatifs spécialisés et organise des activités culturelles qui contribuent à approfondir la compréhension mutuelle entre les peuples, sur la base du respect d’un passé commun.
Igor MARTYNOV
Ambassadeur de la Fédération de Russie au Burkina Faso






