Alerte rouge au Sahel

Si l’on avait encore le moindre doute quant aux velléités déstabilisatrices de la coalition impérialiste et de ses valets au Sahel central, avec la France comme tête de proue, les attaques armées successives et les mutineries orchestrées par Paris ces derniers temps contre le Niger et le Mali, viennent confirmer les dires de nos trois leaders sur la question. Mais, au-delà de ces manœuvres terrestres, navales (débarquement du navire de guerre français Tonnerre au Bénin il y a quelques mois) et aéroportées, il faut voir plus loin pour cerner les contours d’une menace encore plus grande que celle à laquelle nous avons eu affaire jusqu’à présent, si tant est qu’elle regroupe une vaste coalition occidentale, avec cette fois-ci, la Syrie et ses combattants comme bras armé et arrière base de cette guerre.

L’on est mémoratif que le Président français, Emmanuel Macron, a reçu il y a quelques mois, le dirigeant syrien Ahmed Al Charaa à l’Elysée, déclenchant un tollé face à ce qui apparaissait comme un adoubement de cet homme aux mains couvertes du sang de ses compatriotes, après sa guerre meurtrière contre Bachar el-Assad. En fait, les deux compères planifiaient déjà l’intervention occidentalo-arabe au Sahel pour faire « entendre raison » aux régimes révolutionnaires désireux de briser leur imperium économique et politique dans la région et de « contenir l’influence grandissante de la Russie dans notre (leur) pré carré ».

Cette « sainte alliance » impérialiste se prépare à une guerre de haute intensité contre nos pays (dixit le Président du Faso Ibrahim Traoré), pour reprendre la main sur nos ressources naturelles et nos terres. Lequel président du Faso, enfonçait le clou en parlant « d’hiver noir » en gestation plus récemment à Bamako. La menace est d’autant plus grande, que la ministre des armées françaises, Catherine Vautrin, précisait au cours d’une interview que
« la France a des forces qui se reconstituent en Syrie ».

Lesquelles forces faut-il le préciser sont pour l’essentiel composées des militaires français chassés du Sahel et des commandos terroristes du président syrien dont certains étaient à l’œuvre à Bamako et à Niamey. Vautrin avait du reste déjà indiqué que « Bamako est un point important » avant de terminer par ces propos prémonitoires :
« pour être respecté, il faut être craint ».

Tous ceux qui se souviennent des atrocités commises par la colonne Voulet-Chanoine dans la boucle du Niger à l’époque de la colonisation, doivent comprendre que leurs descendants sont capables du pire pour défendre leurs intérêts. Avec le Sahel gorgé de pétrole, d’or et de minerais rares comme le lithium, indispensable à l’heure de la quatrième révolution industrielle, celle du numérique, les raisons de cette guerre apparaissent évidentes.

Nos dirigeants ne restent pas les bras croisés (mise en place de l’armée intégrée de l’AES) prouvant qu’ils mesurent l’ampleur de la menace. Le peuple doit être au diapason en constituant une « ceinture de sécurité » autour d’eux par son engagement constant et sa vigilance, en dénonçant tout mouvement suspect à l’intérieur de nos frontières. L’heure est donc à la guerre populaire généralisée avec en point de mire la survie et l’épanouissement de nos Etats. La cause des justes triomphes toujours !

Boubakar SY

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