Vidéo-verbalisation et contrôle du port du casque : les accidents en baisse de 13,07 %

Le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana : « l’objectif affiché reste de faire des routes burkinabè des espaces plus sûrs et de réduire durablement les pertes en vies humaines ».

Le ministère de la Sécurité a animé une conférence de presse, au cours de laquelle, il a dressé le premier bilan mensuel de la vidéo-verbalisation et du contrôle du port du casque, vendredi 4 septembre 2026, à Ouagadougou.

Les mesures prises par le gouvernement en août 2026, pour renforcer la sécurité routière font déjà des émules. C’est la substance de la conférence de presse animée par le ministère de la Sécurité, vendredi 4 septembre 2026, à Ouagadougou. Selon les conférenciers, entre juillet et août 2026, le nombre d’accidents enregistrés a baissé de 13,07 %, tandis que le nombre de décès a reculé de 30,08 %. Comparativement au mois précédent, 34 décès et 112 blessures auraient ainsi été évités.

Ces résultats interviennent dans un contexte où l’insécurité routière demeure un important problème de santé publique au Burkina Faso, ont-ils indiqué. Selon le directeur des études et des statistiques de l’Office national de la sécurité routière (ONASER), le commissaire principal de police Apollinaire Kafando, 1 080 personnes perdent la vie chaque année sur les routes et 15 031 autres sont blessées en moyenne. « Plus préoccupants encore, les traumatismes crâniens représentent 77,41 % des décès d’accidentés admis dans les centres de santé entre janvier et juillet 2026.

Face à cette situation, le gouvernement a activé, au cours du mois d’août, deux mesures majeures. Il s’agit de la vidéo-verbalisation et du contrôle de l’obligation du port du casque avec l’opération « Bouclier double tête » pour les conducteurs et passagers d’engins à deux ou trois roues motorisées », a rappelé le directeur des études et des statistiques de l’ONASER. Pour le ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire de police Mahamoudou Sana, ces dispositifs ne poursuivent pas un objectif financier, mais visent avant tout à dissuader les comportements dangereux et à préserver les vies humaines.

19 910 infractions constatées

« Concernant la vidéo-verbalisation, 19 910 infractions ont été constatées entre le 1er et le 31 août 2026. Le non-port de la ceinture de sécurité représente 71,31 % des infractions, suivi de l’excès de vitesse avec 15,36 %, du non-respect de la signalisation lumineuse avec 12,26 % et de l’usage manuel du téléphone au volant avec 1,07 % », a-t-il détaillé. Le ministre de la Sécurité a insisté, toutefois, sur les risques liés au téléphone au volant. Même si la vidéo-verbalisation, à son avis, retient actuellement l’usage manuel du téléphone comme infraction, les usagers sont invités à éviter toute communication pendant la conduite, celle-ci pouvant réduire la concentration et augmenter le risque d’accident.
« Sur le plan financier, les infractions constatées ont généré 146 459 000 F CFA d’amendes dues, pour seulement 16 010 000 F CFA déjà recouvrés, soit environ 10 %.

La Brigade de recherches et d’investigation de lutte contre l’incivisme routier (BRICIR), récemment créée, ainsi que le Centre de contrôle des véhicules automobiles (CCVA), seront mis à contribution pour renforcer le recouvrement », a assuré le chef du département de la Sécurité. Il a annoncé l’extension du réseau de vidéo-verbalisation, dans les prochains mois, à d’autres villes du Burkina Faso ainsi que l’e-verbalisation aux motocyclistes. Mahamoudou Sana a appelé les usagers à faire du respect du Code de la route un réflexe quotidien, car, la sécurité routière ne saurait reposer uniquement sur les forces de l’ordre. « L’objectif affiché reste de faire des routes burkinabè des espaces plus sûrs et de réduire durablement les pertes en vies humaines », a signifié le ministre de la Sécurité.

Quid du port du casque ?

Sur la question du port du casque, le gouvernement entend poursuivre progressivement la sensibilisation et le contrôle. Le ministre de la Sécurité a rappelé que le « refoulement » pour défaut de port du casque relève actuellement d’une tolérance administrative et non d’une nouvelle disposition légale. « Cette phase doit permettre de renforcer l’adhésion des usagers avant une application stricte des textes en vigueur », a-t-il précisé.

Boukary BONKOUNGOU
Maria KAHOUN
(Stagiaire)

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