La 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle (JAMT), couplée à la cérémonie de clôture de la Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative (SNMT), s’est tenue, samedi 5 septembre 2026, à Manga, dans le Nazinon.
Longtemps fondée sur la transmission des savoirs ancestraux, la médecine traditionnelle entend désormais s’appuyer davantage sur la recherche scientifique pour renforcer sa contribution à la santé des populations. C’est pourquoi, le thème : « Réflexion sur les efforts de recherche et de développement en matière de médecine traditionnelle pour la mise en œuvre de la bonne couverture sanitaire universelle dans la région africaine », a été retenu pour la célébration de la 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle (JAMT).
L’édition, tenue, le samedi 5 septembre 2026, à Manga, dans le Nazinon, a également marqué la clôture de la 14e Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative (SNMT), débutée depuis le 31 août dernier. Patronnée par le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, Ismaël Sombié, la journée a été rythmée par la remise d’autorisations d’exercer la médecine traditionnelle, de certificats de reconnaissance et de cadeaux à des membres du gouvernement, venus pour la circonstance.
A cette occasion, plusieurs praticiens de la médecine traditionnelle ont été faits chevalier de l’ordre du mérite de la santé et de l’action sociale avec agrafe « santé ». Le parrain de la cérémonie, le Naaba Liguidi de Kassougou, a soutenu que la médecine traditionnelle occupe une place réelle dans le parcours du soin des populations. Selon lui, aujourd’hui, il est nécessaire de poursuivre l’accompagnement des praticiens vers l’autorisation d’exercice, de renforcer la formation continue et de soutenir les travaux de recherches et d’évaluation. Le chef de Kassougou a aussi fait savoir que la couverture sanitaire universelle ne sera pas atteinte par une seule profession ni par une seule approche.
« Elle exigera la mobilisation de toutes les ressources utiles dans un cadre qui protège le malade, qui garantit la qualité et qui rend les soins accessibles », a-t-il souligné. Le ministre de la Santé, Robert Kargougou, a pour sa part, salué l’engagement patriotique du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, qui a soutenu sans faille les soins par les plantes. Et cela, a-t-il dit, s’est matérialisé déjà par la prise en compte de la médecine traditionnelle dans le Manifeste de la Révolution progressiste populaire (RPP).
« Renforcer les liens entre praticiens et chercheurs »

a reçu un certificat de reconnaissance.
Le ministre Kargougou a indiqué que les soins traditionnels, premier recours pour 80% de
la population, demeurent une composante importante de l’offre sanitaire, d’où la nécessité impérieuse de bien exploiter cette médecine dans l’attente de la couverture sanitaire universelle. A son avis, pour que la médecine traditionnelle puisse contribuer pleinement à la couverture sanitaire universelle, les savoirs traditionnels doivent être documentés afin d’éviter leur disparition et de mieux protéger les connaissances détenues par une communauté.
« La collaboration avec le monde de la recherche doit être renforcée et consolidée », a conseillé, M. Kargougou. Le premier responsable du département de la santé a mentionné que la production, la transformation des plantes médicinales, le développement de médicaments traditionnels, la recherche et l’innovation peuvent contribuer à créer des emplois et à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des médicaments importés.
Cependant, a-t-il précisé, l’on doit veiller à ce que cette valorisation se fasse avec toute la vigueur et l’honnêteté intellectuelle qui attribuent aux détenteurs des connaissances et la paternité de leurs savoirs. Le ministre de la Santé a relevé que son institution ambitionne de construire un système de santé dans lequel, la médecine occidentale et les savoirs médicinaux endogènes puissent dialoguer et collaborer, chacun dans le respect de
ses compétences, de ses exigences scientifiques et de la réglementation. Il a promis que son ministère jouera sa partition pour augmenter le financement alloué à la médecine tradi-tionnelle. Aux chercheurs et aux universitaires, le ministre Kargougou, les a exhortés
à intensifier les travaux de recherches et d’innovations dans le domaine de la médecine traditionnelle. Quant aux praticiens de la santé, il les a invités à poursuivre les efforts de conservation et de transmission des savoirs traditionnels.
Noufou Sawadogo





