Le Président du Faso aux élèves et enseignants : « Nous avons besoin de beaucoup de scientifiques »

Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré : « je vous encourage à continuer à vous cultiver, à continuer à chercher la connaissance ».

Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a salué, le vendredi 4 septembre 2026, le mérite des meilleurs élèves et enseignants, à l’occasion de la Journée de l’excellence scolaire (JES), édition 2026. Le chef de l’Etat a saisi l’occasion pour adresser un message au monde éducatif et à la jeunesse burkinabè et africaine. Nous vous proposons l’intégralité de son message.

Nous rendons grâce à Dieu pour cette journée qui nous a offerte cette année pour célébrer l’excellence scolaire. Je tenais donc à féliciter les lauréats ici présents et ceux qui n’ont pas pu être dans cette salle. Félicitations à tous ceux qui ont réussi à leurs examens scolaires cette année. Et encore plus, félicitations aux braves enseignants qui se sacrifient jour et nuit, malgré les conditions difficiles. Nous sommes très bien conscients, que ce soit les conditions de travail ou vos propres conditions à vous, qui sont extrêmement difficiles dans ce contexte particulier. Mais vous faites tous les sacrifices nécessaires pour donner la connaissance et l’éducation nécessaires à cette jeunesse. Félicitations une fois de plus. Et que le fruit de votre travail soit donc le succès de ceux-là que vous êtes en train d’encadrer. Quant aux parents d’élèves, je ne cesse de le dire, continuez à appuyer ces braves enseignants par l’éducation que vous donnez à la maison aux enfants. Parce que nous sommes dans un monde très difficile et il faille que l’éducation soit à la base de tout succès de nos Etats. Nous avons entamé beaucoup de réformes au niveau de l’école au Burkina Faso. Cela, pour vous permettre d’être éduqués dans de très bonnes conditions. Du préscolaire jusqu’au secondaire, nous sommes en train de faire des réaménagements, en passant d’abord par le cadre de travail. Nous sommes en train de construire des écoles modernes pour que vous puissiez, déjà en vous réveillant le matin, avoir ce plaisir d’aller à l’école et aussi d’offrir un très bon cadre aux enseignants pour qu’ils puissent être à l’aise et dispenser les cours. Nous sommes aussi en train de revoir le contenu de tout ce qui vous est enseigné pour l’adapter à nos réalités. Et cela va se poursuivre petit à petit, mais également nous sommes en train de faire une bascule très importante. Une bascule importante en ce sens que nous voulons basculer plus vers les métiers scientifiques et techniques et permettre à ce que chacun puisse exprimer son talent pour le développement de notre Patrie. On ne cesse de le dire. Peut-être qu’on ne dit pas que la littérature n’est pas importante, mais il faut que nous puissions faire de la bascule totale afin que nous ayons très peu de littéraires pour beaucoup de scientifiques. Le travail est en cours. J’ai même dit, autant que possible, même la rentrée prochaine, s’il faut fermer des secondes A et ouvrir des secondes C, et recruter de nombreux enseignants nécessaires, il faut le faire. Nous avons besoin de beaucoup de scientifiques. Je vais vous expliquer pourquoi on a besoin de scientifiques dans ces moments précis. Mais je ne saurais parler de l’école sans passer le message, parce qu’il y a comme deux générations actuellement. Il y a vous et il y a moi, ma génération et au-dessus. Vous comprendrez pourquoi. Nous nous évertuons chaque fois à vous conseiller, à vous parler et à toujours parler. Et j’espère que vous comprendrez le fond de nos pensées et que vous prendrez la quintessence du message pour vous construire. Je prends au mot les conseils de votre parrain tout à l’heure. Il a lu son discours et j’espère que vous avez très bien écouté. Il a parlé de la qualité des ressources humaines plusieurs fois.

« Il faut que vous soyez lucides »

Le chef de l’Etat a invité les jeunes à s’intéresser à la science.

Je me souviens au Forum national de la recherche scientifique et des innovations technologiques (FIRSIT), je parlais aussi de patriotisme. La tête bien pleine, mais le cœur vide de patriotisme, nous n’en voulons pas. Et c’est pour tout cela que nous avons initié un certain nombre de cours dans votre cursus et aussi à la fin, avec le baccalauréat, l’’immersion patriotique, pour que vous soyez une très bonne ressource humaine, mais également patriotes. Et je pense que le tout-petit nous a donné une très bonne leçon tout à l’heure. Si nous disons que nous aimons la mère-patrie, nous devons tout faire pour la protéger et ne jamais être à l’origine de sa déchirure. Mais qu’est-ce qui amène souvent les gens à dévier ou peut-être à se mettre en conflit avec leur propre patrie ou à aimer d’autres patries plus que la leur ? Il faut que nous abordions ce sujet. Avant tout propos, je tiens donc à m’excuser et à demander pardon à tous les croyants. Pardonnez-moi pour ce que je vais dire. A tous les athées, pardonnez-moi également pour ce que je vais dire. Le sujet peut être sensible. C’est ce qu’on a l’habitude de dire. Le sujet est sensible, n’en parlez pas. Mais on a passé le temps à dire que les nègres ne sont qu’émotion, et nous sommes en train toujours de mettre les émotions au-dessus de tout. Il n’y a pas de sujet sensible, il n’y a pas de sujet tabou. Et moi, j’ai une mission, et si je ne passe pas le message à vous, plus jeunes, j’aurai trahi ma mission. Et je suis obligé de vous passer le message. Après ce message, ils seront peut-être nombreux à ne pas m’aimer, à me détester. Ils seront nombreux à ne pas comprendre le message parce que les neurones refusent de s’ouvrir. Mais je veux que vous, jeunes, vous compreniez le message, que vous changez de paradigme, que vous aimiez votre Patrie, que vous travailliez pour votre Patrie. Nous et les générations au-dessus de nous, beaucoup pourront ne pas comprendre, parce que, jeunes, ils n’ont pas eu la chance d’avoir ce type de message de leurs dirigeants ou des personnalités du pays. Donc, écoutez-moi très bien. Pourquoi, je parlais de croyants et d’athées ? Parce que moi, je crois en Dieu. Je crois en un Dieu qui a créé ce monde. D’autant plus que si jamais on n’a pas pu, jusqu’aujourd’hui, passer de la matière inerte à la cellule vivante, c’est qu’il y a forcément un Dieu. Et je pense que les scientifiques ici présents nous diront combien l’ADN est complexe. D’autres mêmes ont dit que la manière dont l’ADN est codé, est plusieurs milliards de fois plus complexe que l’ordinateur le plus complexe. Ce qui veut dire qu’il y a forcément un être suprême. Et je suppose que ceux qui ont fait la biologie connaissent le principe biologique LUCA (Last universal common ancestor). Et si vous lisez ce principe, LUCA, vous comprendrez qu’il y a forcément un Dieu puisque nous n’avons pas réussi à passer de la matière inerte à la matière vivante. Mais croire en Dieu ne veut pas dire forcément ce que nous faisons aujourd’hui. Je veux parler des religions. La mauvaise compréhension des religions, le mauvais enseignement des religions. J’insiste. La mauvaise compréhension des religions et le mauvais enseignement des religions. L’utilisation des religions à des fins perfides, politiques, de domination. Il faut que vous soyez lucides, vous, les jeunes. Je vous parle à vous, ici, dans cette salle, je parle aux jeunes du Burkina et de toute l’Afrique. Vous savez, Jomo Kenyatta a dit quelque chose qui est très importante. Il a été élevé par des missionnaires écossais, je pense, parce qu’il a perdu ses parents un peu plus tôt. Mais il a dit que quand les Blancs sont arrivés, nous avions les terres, ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés. Lorsque nous avons ouvert les yeux, les Blancs avaient les terres et nous, nous avions la Bible. Est-ce que vous comprenez la portée de son message ? Ne lisons juste pas les citations. Lisons la portée des messages. On vous dira partout, heureux les pauvres, au paradis, ils seront reçus.

« N’endormez pas notre jeunesse »

Et même dans l’Islam, on vous dira, penser à demain, c’est-à-dire l’au-delà, quand vous allez mourir, c’est le paradis. La vie sur terre, ici, le bien, le confort, le luxe, ce n’est pas important. On vous amène donc à ne pas chercher à vous perfectionner, à ne pas chercher à travailler, à ne pas chercher, à rester stagnants. Et on vous conseille de vous retrouver dans les mosquées, les temples, les églises, à attendre tout de Dieu. Dieu ne viendra pas vous donner ce que vous voulez. S’il vous a créés avec un cerveau et des membres, c’est pour que vous puissiez les exploiter, pour être utile à vous, votre famille et votre communauté. Car, un être qui n’est pas utile au monde, à sa communauté, je dirais que c’est un ennemi de Dieu. J’ai dit à Ouahigouya que Dieu est fâché contre les Noirs, les gens n’ont pas compris. J’ai expliqué un peu, parce que nous refusons d’exploiter nos cerveaux pour travailler. Et c’est comme si nous disions à Dieu qu’il n’a pas eu raison de nous donner l’intelligence. Et les Noirs s’asseyent et ils attendent encore tout de Dieu. C’est parce qu’on nous a formatés qu’il faut attendre tout de Dieu. Et Dieu n’aime pas ça. Vous êtes intelligents. Vous voilà ici aujourd’hui. Les meilleurs, vous avez de l’intelligence. Vous devez exploiter votre intelligence pour vous, votre famille et votre patrie, c’est-à-dire la communauté dans laquelle vous vivez. Si vous n’apportez rien de plus à votre communauté, vous êtes un ennemi de Dieu. Et la recherche de cette connaissance doit être permanente. Si quelqu’un vous dit de vous asseoir et d’attendre le miracle de Dieu, c’est faux, il vous trompe. Persévérez, perfectionnez-vous, cherchez la connaissance. Est-ce que vous me comprenez ? Si quelqu’un vous dit d’aller vous asseoir et d’attendre votre pitance que ça vienne de Dieu, c’est votre ennemi. Il faut pousser. Tant que vous ne vous battez pas, Dieu ne vous accompagne pas. Certains guides religieux vous diront cela, mais eux-mêmes vivent dans le luxe. Est-ce que ça ne doit pas vous interpeller ? Et ceux-là qui agissent ainsi, je les interpelle également à changer de comportement. N’endormez pas notre jeunesse. Au contraire, faites-la travailler. Et je félicite et j’encourage tous ceux-là qui sont prêtres, imams, pasteurs ou autres, mais qui font autre chose, qui travaillent, à ne pas être seulement là, à endormir la jeunesse, parce que la mauvaise compréhension de la religion nous amène à être bêtes, très bêtes. Ça nous ferme totalement les neurones. On ne peut plus réfléchir. C’est cette mauvaise compréhension qui a amené le terrorisme, puisqu’ils sont convaincus que quand ils meurent, ils iront au paradis, ils auront 70 ou 72 vierges. C’est sérieux, puisque nous avons vu des terroristes qui, même en allant au combat, sachant qu’ils vont mourir, ont mis des cache-sexes en métal pour protéger leur sexe, parce qu’ils ont 72 vierges qui les attendent. C’est malheureux, mais ils y croient profondément. Et s’ils y croient, et ils disent qu’ils se battent, ils tuent des enfants en criant au nom de Dieu. J’aurais aimé que les plus grands leaders puissent sortir, parler, faire des discours pour dire à ces gens que ce qu’ils font, ce n’est pas la vraie religion.

« La religion a été créée pour que les Hommes puissent faire le bien »

La religion a été créée pour que les Hommes puissent faire le bien et distinguer le bien du mal, que les gens puissent être utiles à leur communauté. Et si nous ne faisons pas attention, en quoi serons-nous utiles à notre communauté ? Qu’est-ce que nous faisons ? Qu’est-ce que nous créons ? Regardez dans vos habitudes de tous les jours. Qu’est-ce que nous créons, nous, en tant que Burkinabè, pour contribuer à la vie des autres ? Tout de suite, il a dit que TELECEL donnait des gigas pour les recherches, que ce soit les téléphones ou l’Internet. Ça fait du bien aujourd’hui, ça vous permet de bosser, mais nous n’avons rien créé, nous. En quoi est-ce que nous contribuons à l’humanité ? Que ce soit vos moyens de déplacement ou tout ce qu’il y a, nous n’avons rien créé. Nous, les Noirs, en général, en quoi nous contribuons à l’humanité ? Si nous ne changeons pas, nous resterons ennemis de Dieu. Et ce n’est pas bien. Et pire, on nous a fait comprendre que nous sommes les premiers sur Terre, mais que nous sommes une race maudite. Ibn Khaldoun l’a dit, il y a plusieurs siècles de cela, que nous sommes plus proches des bêtes sauvages que de la race humaine, et que c’est ce qui a favorisé l’esclavage et tout. Et qu’est-ce que nous faisons aujourd’hui ? Il faut qu’on change ce paradigme. On ne vous a jamais dit que nous avons des prophètes, même si certains semblent dire qu’il y en a un qui était Noir. Il y en a eu des milliers et des milliers. Mais quel était ceux qui étaient Noirs ? Vous en connaissez ? Donc vous êtes nés maudits par Dieu lui-même? C’est faux. Dieu n’a jamais envoyé un peuple sur terre sans envoyer des guides. Les Noirs ont aussi beaucoup de prophètes, beaucoup de guides. Mais on ne vous le dira jamais. Nous, adultes, on ne vous le dira jamais. Nous passons le temps à vous dire autre chose. Et ceux-là même qui le disent, ne se posent pas la question de savoir si vraiment Dieu les a créés eux-mêmes pour être maudits. Sinon, pourquoi, il ne nous a pas envoyé des guides ? Dieu nous a envoyé beaucoup de prophètes, de guides, à nous, les Noirs. Malheureusement, nous avons passé le temps à les tuer. Nous n’avons jamais reconnu nos guides. Nous n’avons jamais reconnu nos prophètes. Et là encore, il n’est pas content de nous. Il ne peut pas être content de nous. Voilà pourquoi, nous sommes en train de vivre dans une misère incroyable. Tous les continents se développent plus ou moins. D’autres étaient dans des conditions pires que l’Afrique. En moins de 30, 40, 50 ans, ils se sont lancés. Et l’Afrique est toujours dans la même misère. Et partout dans le monde, lorsqu’on veut parler de misère, ce sont des images d’Africains qu’on affiche. Regardez nos jeunes qui prennent la mer. Ils meurent par milliers. Leurs corps sont rejetés sur les plages. Et nous, dirigeants africains, on est assis, on regarde cela, on continue de s’empiffrer dans leurs cérémonies. L’inconscience a atteint un niveau incroyable. Et lorsque vous demandez à certains, ils disent que, c’est le fait de Dieu. Vous pensez que Dieu peut être content de nous dans ce comportement ? Jamais. Nous laissons nos jeunes mourir ensuite dire, c’est Dieu qui a fait. On accuse Dieu à chaque fois. S’il vous plaît, Dieu est très bon. Il nous a créés avec l’intelligence.

« Exploiter à bon escient votre intelligence »

Exploitons notre intelligence pour faire ce que nous devons faire pour participer à la vie de la communauté. Et vous, jeunes, vous devez le comprendre pour exploiter à bon escient votre intelligence, pour participer à la vie de votre patrie. Et pourquoi on vous a mis ce concept dans la tête ? Je parlais de la citation de Jomo Kenyatta tout à l’heure. Justement parce qu’on voulait que l’Afrique abandonne toutes ses richesses, se consacre juste à dire que ça viendra de Dieu. Et eux, ils ont pillé toutes nos richesses et partir. Regardez

Le capitaine Traoré a félicité les enseignants pour leurs efforts de formation de l’élite de demain.

comment ils sont construits. Regardez comment ils vivent. Et ça nous plaît de regarder leurs images à la télé. Ça nous plaît d’aller là-bas, de faire les affaires, d’être contents, d’aller même se reposer, d’aller vivre là-bas. Les opérateurs économiques ne diront pas le contraire. Ça plaît aujourd’hui à tout le monde de prendre son vol pour aller à Dubaï, en Chine. Et nous, nous vivons dans une porcherie. Excusez-moi le terme, mais c’est la réalité des faits. Regardez en Afrique. Même nous, dirigeants, que ce soit les ministres ou DG, chacun sort, il part ailleurs, il voit. Depuis des décennies, tout le monde voit ce qui se passe ailleurs. Mais quand ils reviennent, ils reviennent encore dans les mosquées, dans les églises, pour flatter et vous dire de croire juste en Dieu et on vous pille. Je parle de nous, dirigeants. C’est notre comportement ainsi en Afrique. Ce n’est pas sérieux. N’exploitons pas la religion à des fins perfides pour endormir, abêtir notre jeunesse, piller, nous enrichir et la laisser mourir. Et on vous a tellement fait croire de mettre tout entre les mains de Dieu que ça va aller. Et nous, nous continuons de nous enrichir, en fait, avec nos amis. C’est comme ça l’Afrique. Et les enfants de l’Afrique partent mourir dans l’océan, les corps sont jetés sur les berges. Ça fait mal quand je vois ces images. Dernièrement, je disais à certains diplomates lorsqu’on parlait des crises de céréales, à la guerre Russie Ukraine, que je suis désolé, je ne suis pas dans ce concept. L’Africain qui n’est pas capable de se nourrir, qu’il meurt. Nous devons être en mesure de produire, nous ne devons pas dépendre des autres. Nous avons assez de terres ici. Pourquoi c’est nous qui devons aller quemader aller tout prendre ailleurs ? Nous, nous nous sommes révoltés et nous voulons prendre en main nos richesses. Nous voulons produire, nous voulons transformer. Mais on ne peut pas le faire sans vous, les jeunes, sans vous qui montez. On a besoin de vos intelligences. Regardez aujourd’hui, nous sommes en train de nous industrialiser, mais la ressource humaine manque. Dernièrement, pour avoir des profils techniques à Faso Mêbo, on a lancé le recrutement pour 7 brigades, des milliers d’emplois. Mais la plupart est technique et le vivier manque. Et ça se comprend comment ? J’ai regardé les résultats, les statistiques du Baccalauréat 2026. Sur environ 65 000 bacheliers, près de la moitié ou plus de la moitié sont littéraires, BAC A. Le BAC C, il n’y a que 571, si j’ai bien les chiffres en tête. Le BAC E, qui est industriel, technologique, il n’y en a que 38. On ne se construira jamais comme ainsi. Quand je parle de sciences et de BAC scientifique, il faut que vous compreniez qu’il faut qu’à un moment donné, on bascule. Même ceux qui ont fait les BAC littéraires, à partir de l’université, vous pouvez basculer. Il y a les formations professionnelles. Et d’ailleurs, on a un programme qui va s’ouvrir tout de suite pour que vous appreniez à faire quelque chose. Même le système éducatif, on nous a menti. On nous a mis dans un cycle infernal et improductif pour que même le jour qu’on veut prendre en main nos richesses, nous ne soyons pas en mesure de le faire.

« …aller vers les sciences »

C’est une réalité indéniable aujourd’hui. Supposons que demain, on découvre du pétrole au Burkina. Que je dise, on l’extrait nous-mêmes. Il n’y a personne qui est capable de fabriquer les pompes pour le faire. On ira payer ces pompes, ces foreuses. Et même si on extrait le pétrole brut, et que je dise : construisez-moi une petite raffinerie aussi petite soit-elle, pour transformer. Moi assis je connais le processus théoriquement. On chauffe, ça se décante naturellement avec la température et ainsi de suite. Mais personne ne peut me construire la raffinerie. Personne ne peut la souder. Nous sommes de gros théoriciens, pour la plupart et en pratique, nuls. C’est malheureux. Et ça, c’est notre génération et la génération montante. C’est une réalité. La plupart des ingénieurs que vous voyez ne savent rien fabriquer. C’est la théorie, rares sont ceux qui savent faire quelque chose. Ne soyez pas comme nous. Soyez pratiques, et nous mettrons les conditions pour que vous soyez pratiques. Sinon, nous sommes à cette époque charnière aujourd’hui au Burkina Faso. Nous voulons exploiter nos ressources. Voilà le cuivre. Nous voulons le cuivre. Qui n’utilise pas les fils électriques ? Personne n’est à mesure aujourd’hui de me dire qu’il peut ici au Burkina à 100 % peut prendre la terre, extraire le cuivre et en faire un fil électrique. Il n’y en a pas. Voilà notre manganèse qui dort à Tambao. Ainsi de suite. Aujourd’hui, on a décidé, par la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB) de reprendre en main nos ressources. Donc beaucoup de mines sont en train d’ouvrir. Certes, il y a des technologies et tout ça, avec des produits chimiques, d’ailleurs, qu’on utilise. Le zinc de PerKoa, est en train de réouvrir. Nous avons pu faire redémarrer, mais d’avoir la technicité, c’est difficile. Il y aura de l’emploi, mais déjà, on est presque bloqué par le système. Le parrain l’a dit. Les industries et autres ont besoin de ressources humaines, mais des ressources humaines pratiques. Donc, jeunes gens, mettez-vous dans la science, mettez-vous dans la pratique, cherchez à comprendre, cherchez à connaître. Utilisez Internet pour vous former, fabriquer, copier, faire tout ce qui est nécessaire. C’est ainsi que vous pourrez participer au développement de votre patrie, vous serez utiles à votre société. Ne prenez pas le diplôme comme une fin en soi. L’excellence, c’est dans la capacité à pouvoir influencer et impacter la vie de ceux qui vous entourent et votre propre vie. Si vous n’arrivez pas à le faire, vous aurez eu de grosses notes et de gros diplômes, mais vous n’aurez contribué à rien au développement de votre Patrie. Nous devons nous développer. Nous sommes sur le bon chemin. La vision est là, nous avons besoin des ressources humaines, et je compte sur vous. Les plus anciens ici sont les bacheliers. Conseillez-les brevetés à s’intéresser à tout ce qui touche à notre développement. Et même ceux qui font les certificats, il faut commencer maintenant à leur parler et à les motiver pour aller vers les sciences. Tout est science. Tout ce que vous portez, tout ce que nous faisons, c’est la science. La littérature nourrit l’esprit, ouvre les neurones, c’est très bien. Mais nous avons besoin de peu de littéraires et beaucoup de scientifiques. Et ce n’est pas tard. Même si tu as eu ton Bac A, il y a 10 ans, tu peux te convertir aujourd’hui avec une petite formation professionnelle pour faire quelque chose d’utile.

« Il faut que le Burkina sorte un bon nombre d’ingénieurs »

Mais ne vous asseyez jamais et dire que j’attends le concours de la Fonction publique. On part vers l’industrialisation. Tout ça va être minime bientôt. C’est dans les industries qu’on va recruter. Et je ne veux pas voir d’industries au Burkina où, il y a beaucoup de personnes qui viennent d’ailleurs parce qu’on n’a pas de substances grises pour pouvoir tenir les postes. Je compte donc sur vous. Et soyez lucides et comprenez une chose. Celui qui aura son diplôme et qui va s’asseoir pour dire que c’est Dieu qui doit faire le reste, il ne fera pas mieux que nous. Il ne fera pas mieux que nos anciens. Battez-vous, cherchez la connaissance. J’insiste là-dessus, cherchez la connaissance. C’est très important. Et cherchez à copier, cherchez à faire, cherchez à créer. Vous en êtes capables. Vous êtes capables de ce que vous ne pouvez même pas imaginer parce que Dieu vous a dotés de tout ce qu’il faut. Mais, c’est à vous de travailler à ouvrir cela. Donc, je compte sur vous pour impacter le développement du Burkina Faso. Je compte sur vous pour que dans 2 à 3 ans, je puisse voir un changement et qu’on me dise que ce sont ces jeunes à qui nous avons parlé, c’est cette génération qui est en train de faire quelque chose de merveilleux. Et vous en êtes capables. Si des gens de votre âge, brevetés ou bacheliers, partent aujourd’hui prendre des premiers prix en robotique ailleurs, des prix mondiaux, c’est qu’il y a de la matière grise. Et l’industrie, c’est de la robotique quelque part. La guerre que nous menons, elle est science. Les armes, la mécanique, les munitions, les explosifs, tout est science. Mais nous sommes nuls. Nous ne pouvons rien produire. Ça fait mal. Mais, il faut que je le dise de manière crue parce qu’on nous a endormis, on nous a abêtis. Tout est science, science et science. Les littéraires, on en a besoin, mais pas beaucoup. Changeons la donne. Voilà pourquoi, pour encourager les jeunes filles, on a lancé tout de suite le concours « Akili Mousso ». Vous vous demandez pourquoi, le genre ? Moi, je suis opposé au concept du genre parce que c’est une discrimination même que de faire le concept du genre. Tout le monde est la même chose. C’est le principe de base. Quand on amène les histoires de genre, c’est pour vous discriminer, vous, les femmes. C’est une discrimination. Non, tout le monde est pareille. Mais on s’est rendu compte de quoi ? Le Bac A, où il y a près de la moitié des bacheliers compte deux fois plus de femmes que d’hommes. Alors que les filles peuvent être scientifiques. Mais, il faut qu’on les encourage. Voilà pourquoi, nous avons lancé ce concours, pour vous encourager à aller vers la science et encourager les enseignants aussi qui vont vous encadrer à pouvoir réussir. Nous mettrons tout en œuvre. L’Académie est ouverte, vous l’avez dit, dans le discours de votre représentant. Ça va ouvrir ailleurs encore, à Bobo-Dioulasso sûrement et dans d’autres villes, parce que nous avons un objectif d’ingénieurs qu’il faut atteindre par an, dans les 5 ans à venir. Il faut que le Burkina produise un bon nombre d’ingénieurs et le nombre d’industries fleurisse. Nous devons avoir des centaines et des milliers d’industries au Burkina Faso pour produire tout sur place.

« Continuer à chercher la connaissance »

Le marché africain est vaste et immense. Ne regardez pas les autres. Ceux qui veulent continuer à danser sur TikTok qu’ils continuent. Travaillez ! Ils viendront payer le fruit de votre travail. C’est désolant, car, on parle à toute la jeunesse africaine et d’autres ne veulent pas comprendre. Tout ce qui les intéresse c’est la distraction, les choses inutiles. Il faut qu’on se réveille. On ne peut pas continuer à danser et on pille nos richesses. Non ! Nous politiquement, nous avons tout fait pour circonscrire cela, s’industrialiser et prendre en main nos richesses. Ainsi, nous comptons sur vous les jeunes parce que vous en avez la capacité. Je vous invite à prendre cela en compte. Vous avez le potentiel. Croyez en vous. Vous êtes très intelligents. Même ceux qui ne sont pas dans cette salle qui pensent qu’ils ne sont pas intelligents, vous êtes très intelligents. C’est en travaillant que les neurones s’ouvrent au fur et à mesure. C’est comme un enfant qui marche. S’il ne fait pas d’efforts, il ne pourra pas marcher. Et vous devez comprendre cela. Tous les jours, de votre jeune âge, votre cerveau se développe et vous devez vous perfectionner, vous devez chercher, vous devez travailler. Votre cerveau ne peut pas se fatiguer à votre âge. Et c’est en cela que vous devenez hyper intelligents et que vous découvrez le monde. Ne vous laissez pas abêtir, endormir. Allez vers la science, aidez-nous à développer, à nous sortir de cette situation, à être un modèle. Parce que je dis et je le répète, les Africains sont assis et regardent le Burkina. Est-ce qu’ils vont réussir ? Nous allons réussir, grâce à vous. Sur ce, je vous félicite une fois de plus pour ce succès. Je félicite vos enseignants et je vous exhorte à continuer à les encadrer. Ce n’est pas seulement la connaissance, mais l’éducation aussi, aux valeurs de notre société, au patriotisme, parce que nous voulons des cerveaux pleins et le cœur aussi plein de patriotisme. Je vous encourage à continuer à vous cultiver, à continuer à chercher la connaissance. Et s’il plaît à Dieu, nous réussirons très vite, plus vite que ceux qui l’imaginent, plus vite que ce que les plus sceptiques n’imaginent. Nous arriverons à bon port et très bien. Bon courage. Que Dieu bénisse notre chère patrie. Que Dieu vous garde pour le reste de vos vacances et pour la suite de votre cursus universitaire et scolaire. Que Dieu vous protège dans tout ce que vous faites et surtout qu’il vous illumine, qu’il illumine votre esprit, votre intelligence et que
vous puissiez participer activement au développement de votre Patrie.

La Patrie ou la Mort nous Vaincrons.

Propos retranscris par la Rédaction

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