La campagne agricole humide bat son plein dans la région du Djôrô. Les précipitations enregistrées ont permis aux producteurs de poursuivre les travaux dans les champs. Ils espèrent une bonne récolte.
Mercredi 2 septembre 2026. Il est 9 h 30 à Gbakonon, dans la commune de Gaoua. Baterenou Kambou observe attentivement ses plants de maïs. Dans son exploitation de quatre hectares, le producteur cultive du maïs, du haricot, du voandzou (pois de terre) et de l’arachide. Quelques semaines (Ndlr : juillet) plus tôt, Baterenou Kambou ne cachait pas son inquiétude face à l’évolution de la campagne. Aujourd’hui, le visage est tout autre. Certains plants de maïs sont déjà arrivés à maturité et les premières récoltes sont attendues dans environ deux semaines. Les autres spéculations, notamment le haricot, le voandzou et l’arachide, devraient être récoltées vers la fin du mois d’octobre, selon leur niveau de maturité.
« La dernière fois que vous êtes venus, j’étais un peu découragé. Mais aujourd’hui, franchement, quand vous voyez les plantes, vous-mêmes vous avez vu que ça va. Je suis content de voir les plantes ainsi. Je suis content aujourd’hui », se réjouit-il, l’air rassuré. Pour cette campagne, le producteur espère récolter environ six tonnes de maïs. A quelques kilomètres de Gbakonon, au village de Barkpéréna, situé à 12 kilomètres de Gaoua, Youlpounè Youl suit également avec attention l’évolution de ses cultures.
En cette matinée du lundi 7 septembre 2026, il est dans son champ d’igname. Un pulvérisateur au dos, il pulvérise les plants pour les protéger contre les ravageurs. Sur une superficie d’environ six hectares, Youlpounè Youl a mis en valeur plusieurs spéculations (maïs, niébé, soja, patate douce et igname). Le maïs est à un stade avancé, certains plants sont presque arrivés à maturité.
De son côté, M. Youl espère récolter environ quatre tonnes de maïs, voire davantage, si les pluies se poursuivent jusqu’en octobre. Il prévoit entre cinq et dix sacs du niébé, si les conditions restent favorables. La pluie tombée dans la nuit du dimanche 6 septembre 2026, a quelque peu dissipé les inquiétudes du producteur. Youlpounè Youl dit avoir vécu une semaine particulièrement difficile en raison de la rareté des précipitations. « Cela faisait plus d’une semaine que nous étions sans pluie et nous avions beaucoup d’inquiétudes. Dieu merci, cette nuit, nous avons eu la pluie », confie-t-il.
Des appuis aux producteurs

Pour la campagne agricole humide 2026-2027, la région du Djôrô prévoit une production globale 708 170 tonnes, toutes spéculations confondues (505 711 tonnes pour les céréales, 92 491 tonnes pour les cultures de rente et les 109 968 tonnes pour
les cultures vivrières). La région ambitionne également de dépasser les 345 126 hectares cultivés lors de la précédente campagne. Selon le directeur régional chargé de l’agriculture, Moussa Ramdé, la physionomie des plantes est disparate d’une province à une autre.
De ses dires, le maïs et le sorgho sont aux stades de montaison, d’épiaison et de floraison, avec un niveau d’évolution compris entre 50 et 100 %. Pour le riz et le mil, le tallage et la montaison se situent entre 75 et 100 %. A l’heure actuelle, les semis sont évalués à 100 % pour toutes les spéculations. Les travaux d’entretien se poursuivent, avec un niveau d’avancement estimé entre 75 et 100 %. Moussa Ramdé souligne que le démarrage de la saison des pluies a été globalement tardif si bien que les activités de production ont débuté à partir de la deuxième décade du mois de juin 2026.
Des séquences sèches ont été enregistrées dans six communes entre juin et juillet, mais la situation s’est stabilisée par la suite, foi du directeur régional. Avant de préciser que les séquences sèches n’ont pas affecté les cultures. Toutes les spéculations annoncées suscitent donc encore de l’espoir, à condition que la pluviométrie se poursuive normalement jusqu’à la fin du mois de septembre, laisse-t-il-entendre. Pour cette campagne, les appuis apportés aux producteurs portent sur la fourniture d’intrants, notamment les engrais et les semences, ainsi que sur les opérations de labour gratuites et subventionnées.
« La perspective maîtresse pour nous est la poursuite des objectifs qui nous ont été assignés à travers le renforcement de l’assistance technique aux producteurs », indique Moussa Ramdé. Pour résumer la campagne, le directeur régional estime qu’« elle se déroule bien malgré les situations pluviométriques observées au début et il n’y a pas d’inquiétude à se faire ».
M. Ramdé appelle les producteurs à rester mobilisés et à signaler le plus rapidement possible tout événement anormal qui risquerait d’entraver le déroulement normal de la campagne. A Gbakonon comme à Barkpéréna, Baterenou Kambou et Youlpounè Youl poursuivent leurs travaux dans l’attente des récoltes. Pour l’heure, le ciel a ouvert ses vannes à plusieurs reprises depuis le début de cette semaine, faisant renaître l’espoir d’une bonne récolte dans la région du Djôrô.
Boudayinga J-M THIENON






