Les Etalons ont été étrillés par les Eléphants de Côte d’Ivoire en 8e de finale de la 35e Coupe d’Afrique des nations, le 6 janvier 2026, au grand stade de Marrakech.
Un match qui a vu la mise en place d’un système de jeu expérimental avec
les conséquences que l’on sait.
Dur a été le retour chez soi des supporters burkinabè, notamment la forte
communauté estudiantine dans le Royaume chérifien après le match Eléphants-Etalons. Dur a aussi été le réveil d’une grande partie des supporters des Etalons. Car, pour eux, quel que soit son cadre (amical ou officiel) un match contre le voisin ivoirien « est tout autre ».
Il se joue sur et en dehors de la pelouse. Et depuis quelques jours, tous avaient hâte d’en finir avec ce match de 8e de finale. Car, les commentaires allaient bon train et la pression montait, aussi bien chez les joueurs que chez les supporters.
Et pour cette opposition à quitte ou double, le coach des Etalons opte d’entrée pour le 5-3-2. Un nouveau système dans l’objectif de dérouter l’adversaire. Ce fut le contraire, une bérézina. « Nous avons profité de leurs changements tactiques opérés par rapport aux trois matchs de poules pour les mettre en difficulté », s’est réjoui le coach des Eléphants, Emerse Faé, à la fin de la rencontre. Le moment était-il propice pour un système expérimental qui n’a en aucun cas été essayé même en match amical ? Question ! Logiquement, un système ne vaut que par l’animation qui en découle. Dans ce cas précis, l’animation n’a pas été la bonne tant sur le plan offensif, défensif et même dans les
transitions.
Certes, le staff technique des Etalons pensait pouvoir annihiler le jeu en largeur des Ivoiriens, mais dans la profondeur, les Ivoiriens étaient bien présents, en témoignent les deux premiers buts. La transition offensive-défensive, fut laborieuse comme ce fut le cas lors du 3e but sur une récupération basse. Le joueur ivoirien Bazoumana Touré qui venait de faire son entrée traverse tout le terrain pour se retrouver face à Hervé Koffi sans être inquiété.
Absence d’engagement et de combativité

un terme à leur carrière internationale.
Sentant que son équipe sans réaction pouvait couler, l’entraineur des Etalons change de stratégie avant la pause avec la sortie de Adamo Nagalo (qui avait perdu ses repères comme plusieurs autres de ses coéquipiers), remplacé par Ibrahim Blati Touré (41e). Les Etalons rehaussent un peu leur niveau en apportant du répondant au milieu de terrain. Ils arrivent à mieux s’exprimer dans cette configuration que dans la première. Mais, les dés étaient déjà jetés.
Outre le système de jeu d’entrée, il est à noter que l’état d’esprit de gagner n’était pas la chose la mieux partagée. L’engagement et la combativité des Etalons n’a pas été à la hauteur pour se hisser au niveau de l’adversaire. Cela est à mettre à l’actif des joueurs, car, à ce niveau de la compétition, le sens de la responsabilité de chacun est aussi engagé. Au-delà du discours du coach sur les stratégies mises en place, il y a aussi l’apport du joueur en termes de créativité, d’expériences et de volonté. Toute chose qui ne s’est pas faite ressentir le 6 janvier au grand stade de Marrakech.
Il est bien beau de blâmer l’entraîneur quand souvent ça tourne mal. Mais, à un certain moment du match, les joueurs doivent prendre leur responsabilité. En attendant probablement que d’autres emboitent le pas, Steeve Yago et Issoufou Dayo ont décidé de mettre un terme à leur carrière internationale. Question de laisser la place aux jeunes pour les futures aventures. C’en est donc fini pour cette CAN pour les Etalons mais le football continue. C’est maintenant aux dirigeants de notre football de donner des orientations claires dans les différents aspects afin que tous les acteurs se remettent au travail et insuffler une dynamique plus progressiste au sport roi burkinabè.
Yves OUEDRAOGO
Depuis Casablanca






