Cette démocratie-là !

Lorsque le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré ne cesse de clamer que nous n’avons que faire de la démocratie parlementaire bourgeoise et s’attire de ce fait le courroux des exégètes de cette « dévolution exemplaire » du pouvoir, la situation politique sociale et sécuritaire dans laquelle se trouve actuellement la France, vient corroborer ses propos, sur ce qu’il est convenu d’appeler plutôt un leurre, non seulement dans son acceptation première mais surtout dans son mode de gestion qui exclut une grande partie du peuple, principalement les couches défavorisées.

Faut-il le rappeler, ce système de gouvernance a été inventé dans la Grèce et la Rome antique par l’aristocratie militaire et civile ainsi que les praticiens pour prétendument défendre les intérêts de la plèbe, alors qu’il servait plutôt à maintenir leurs privilèges et à les enrichir par le biais des fiefs et des domaines qu’ils se taillaient dans ces agoras démagogiques. Plus tard, l’instauration de la royauté dans l’Europe du « deep âge », a accentué cette tyrannie et cette exploitation par le biais du servage qui a duré jusqu’au siècle dit des lumières, lumière qui soit dit en passant est venue d’Afrique avec les Maures (des noirs en fait) qui avaient apporté la science en Espagne et au Portugal, faisant de ces deux pays les premières puissances occidentales de l’époque.

Un leurre démocratique que les révolutionnaires européens puis leurs successeurs républicains ont perfectionné d’abord à travers le suffrage censitaire (seuls les riches avaient le droit de vote) puis universel (?) toujours dans le but de défendre leurs « droits acquis. » Les banquiers avaient entre-temps remplacé les féodaux et les aristocrates dans le rôle de garants de ce système prédateur. Et comme l’appétit vient en mangeant, l’ultralibéra-lisme a fini par prendre le pas sur ces démocraties chrétiennes qui prétendaient prôner un libéra-lisme-progressiste (sic).

Deux notions antagonistes qui ne pouvaient qu’aboutir au chaos actuel un peu partout en Occident étant donné que partout où il y a oppression, il y a résistance et lutte. Implémentée chez nous, cette démocratie parlementaire s’est muée en ploutocratie ou en kleptocratie avec les masses populaires au centre de cette duperie où les voix s’échangeaient contre du riz gras, des billets bleus et divers gadgets. Un trompe-œil… que le peuple burkinabè a censuré à maintes reprises à travers des insurrections et des grèves générales très suivies. Héritier de cette longue tradition de lutte et bien au fait de l’ADN burkinabè, le président du Faso peut donc dire à bon droit que ce système est inadapté sous nos cieux. Ce que le peuple veut, c’est du pain, de l’eau, de la santé et de l’éducation. Et à tous les moments de son histoire il a reconnu les siens. Le reste relève des élucubrations et des thèses libres des pseudos démocrates. Et, Macron qui a plongé son pays dans un marasme économique et social sans nom sera bientôt payé pour le savoir.

Boubakar SY

Dr Hyacinthe Ouédraogo : « Ces manifestations prouvent que la France a échoué dans sa gouvernance sociale et économique »

Dans cet entretien, l’analyste politique, Dr Hyacinthe Ouédraogo, par ailleurs enseignant-chercheur, donne des précisions sur les violences qui secouent la France, à travers des vagues de manifestations dans des villes françaises.

Sidwaya (S) : Quelle analyse faites-vous de la situation qui prévaut actuellement en France ?

Hyacinthe Ouédraogo (H. O) : C’est une situation très critique. C’est la manifestation d’une crise latente depuis longtemps qui finit donc par éclater au grand jour. Tous les analystes savaient que tôt ou tard, ce genre de crise allait éclater en France. La crise est liée à beaucoup d’in-conséquences de la politique française, que ce soit à l’interne comme au niveau diplomatique international.
Il faut reconnaître que c’est l’une des grandes crises de l’histoire con-temporaine de la France. Depuis les années 70 jusqu’à nos jours, nous voyons souvent des crises, dont les vecteurs sont les syndicats, les partis politiques ou les gilets jaunes, c’est-à-dire l’ensemble des jeunes, des travailleurs. Mais que des enfants, des élèves, une jeunesse, des adolescents se soulèvent contre des institutions, la gouvernance, tout le gouvernement et fassent autant de casse, c’est une première. Et cela montre que la crise est vraiment profonde.

S : Et comment est-ce que la France est arrivée à cette violence ?

H.O : Premièrement, c’est une suite logique de l’inconséquence des politiques internes même de la France. Deuxièmement, c’est le résultat de l’ inconséquence de la diplomatie ou des relations de la France avec les autres pays dans le monde. Si la jeunesse se comporte comme ça aujourd’hui, c’est d’abord le résultat d’une mauvaise éducation. Parce qu’un enfant, c’est comme un ordinateur vide. Donc, si aujourd’hui, les jeunes ne sont pas, à mon sens contrôlables, c’est parce qu’eux-mêmes, ils n’ont pas reçu une éducation en phase avec leurs attentes. Le système éducatif français étant lui-même en panne. Je pense la France est aujourd’hui déconnectée des réalités sociales, des réalités humaines.

La France veut actuellement promouvoir une politique qui repose, à tout le moins, sur une vision mondialiste, qui ne prend pas en compte les préoccupations des masses, mais entend défendre des valeurs universelles. Or, un pays se gouverne et une jeunesse se dirige en se focalisant sur les besoins internes du peuple. Voilà pourquoi, de plus en plus, la gauche et l’extrême droite prennent de l’ampleur. C’est comme si la gouvernance de Emmanuel Macron visait les intérêts de l’Europe et ceux de la mondialisation, plutôt que ceux des Français. L’éducation est donc un échec. Sur le plan extérieur, c’est parce que la France, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, n’a pas réinventé son modèle économique et social. En effet, depuis longtemps, l’Etat français, comme la plupart des Etats européens, a toujours vécu de l’exploitation d’autres pays du monde. L’Europe a exploité l’Amérique et l’Asie. Quant à l’Afrique, il n’y a même pas lieu d’en parler.

Cependant, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux pays ont réinventé leur modèle économique, à l’exemple du Portugal, de l’Allemagne, de l’Espagne et même de la Grande-Bretagne. Ces pays ne vivent plus de l’exploitation d’autres pays dans le monde. Ils ont noué de nouveaux partenariats avec leurs anciennes colonies et d’autres pays, en établissant ce que l’on appelle des relations gagnant-gagnant. Mais la France veut toujours maintenir l’exploitation de l’Afrique. Au lieu d’établir des relations gagnant-gagnant, elle privilégie des rapports d’exploitation et d’écrasement. Aujourd’hui, l’Afrique se réveille et commence de plus en plus à avoir un œil sur ces questions. Cela provoque des crises à tous les niveaux, notamment sur les plans économique et social. Tous ces aspects sont amplifiés par la crise politique.

S : Pensez-vous que ces manifestations peuvent avoir un impact sur la présidentielle de 2027 ?

H.O : Oui, c’est sûr que, les élections étant prévues au premier semestre de 2027, on assistera forcément à une poussée de la gauche ou de l’extrême droite. Je serais étonné que, lors des prochaines élections, les Républicains dirigés par Macron ou ceux qui prônent les valeurs républicaines parviennent à se maintenir au pouvoir. Je mise plutôt sur la gauche ou l’extrême droite, avec le Front national. Cependant, je ne pense pas que cette situation puisse, dans l’immédiat, pousser Macron à démissionner. Si Macron était un président démocrate, comme il le prétend et était véritablement au service du peuple, il aurait dû démissionner dès 2024 ou 2025, lorsque plusieurs gouvernements qu’il avait mis en place sont tombés successivement. Mais il a toujours refusé de le faire. Si Macron était un président démocrate et consciencieux, soucieux du bien-être du peuple français, il aurait dû démissionner à la suite des crises survenues ces dernières semaines. Mais il ne l’a pas fait. Il bénéficie du soutien de son parti. Ce n’est donc pas l’échec d’un individu, mais celui de tout un système, de tout un parti. Nous pourrions ainsi assister, dans les semaines à venir, à une aggravation de la situation et continuer à avancer tant bien que mal jusqu’aux élections.

S : Cette révolte traduit-elle un rejet du système politique français et de la classe politique ?

H. O : Oui, c’est un rejet parce qu’au niveau de la gouvernance sociale, économique, les dirigeants actuels, la classe politique française même ont échoué. Ils n’ont pas su réinventer leur système économique. Aussi, ce qu’ils proposent au peuple français n’a pas d’avenir. Quand on regarde dans le tableau, la France va continuer à s’endetter. Et les problèmes de chômage vont continuer à s’accentuer. La question des retraités va continuer à s’accentuer et la crise de l’éducation aussi va perdurer. Donc, en fait, il n’y a pas de bonnes perspectives dans le viseur. Ce qui montre que les Français ont compris et rejettent la politique même française à l’interne, au niveau économique, au niveau social. Et il faut changer de paradigme. Il faut une nouvelle classe politique qui va instaurer un nouveau contrat social ou un nouveau projet social pour la société française.

Ce projet doit être réaliste et ne doit pas compter encore sur l’exploitation des pays africains ou du tiers monde, mais consister à construire une économie auto-centrée qui s’appuie soit sur l’industrialisation
ou les atouts de la France. Je donne un seul exemple au niveau de l’éducation. Aujourd’hui, quand vous prenez en France, qu’est-ce qu’on enseigne aux enfants ? Ce sont des contre-valeurs. On va enseigner l’homosexualité, un droit qui déracine même l’enfant de son environnement social. On va jusqu’à dire qu’on ne naît pas avec son sexe. On naît et après, on choisit l’orientation sexuelle. Et aujourd’hui, la jeunesse est désorientée. Et récemment, ils ont adopté ce qu’on appelle l’euthanasie. Donc, il faudra que la France revienne aux valeurs humaines. Sinon la société française ira de délitement en délitement et de crise en crise.

S : Pensez-vous qu’une partie du problème est liée à la perte des ressources naturelles que la France se procurait auprès de ses anciennes colonies ?

H. O : Oui, évidemment. La France a un système économique basé sur l’exploitation et le pillage des anciennes colonies. Aujourd’hui, il est vrai que plusieurs pays sont toujours rattachés à la France, mais, si l’on considère uniquement les pays de l’AES, c’est une grande manne financière qui ne tombe plus dans l’escarcelle française. La question des transactions se pose également. Celles de l’AES ne passent plus nécessairement par le franc CFA. Puisqu’on a voulu nous verrouiller sur le plan des transactions, nous avons développé un système fondé sur la vente directe de notre or à nos partenaires. D’autres pays, comme le Mali et le Niger, ont également emboîté le pas. N’oubliez pas que l’uranium du Niger n’est plus accessible. Toutes les ressources minières et autres ressources du Burkina Faso ne sont plus accessibles non plus. Il faut également prendre en compte la dénonciation de la convention de non-double imposition des entreprises françaises au Burkina Faso.

Tout cela a des répercussions sur le budget français. Aujourd’hui, voilà pourquoi nous estimons que cette situation explique le déficit et l’endettement croissant de la France. Pour un pays comme la France, si la croissance n’atteint pas deux chiffres, c’est que la crise ne fait que s’aggraver. Je crois donc que le réveil africain et le rejet, par les Africains, de la politique française en Afrique constituent l’une des causes de cette crise. Les Français disent qu’il s’agit d’un sentiment anti-français. Or, ce n’est pas un sentiment anti-français, mais un refus légitime. Vous savez que, depuis l’histoire et pas seulement depuis la conquête coloniale, mais aussi depuis l’esclavage, la traite négrière et la déportation, la France vit du pillage et de l’exploitation de l’Afrique et d’autres continents. Aujourd’hui, les portes sont en train de se fermer.

De nombreux pays, même s’ils entretiennent toujours des relations avec la France, ont commencé à tirer les leçons de cette situation et à se repositionner. Forcément, cela a des répercussions sur le budget français et constitue l’une des causes de cette crise. Cela signifie que cette situation résulte également d’une crise éco-nomique. Pourquoi les élèves se plaingnent-ils ? Ils se plaignent parce qu’ils ne bénéficient plus d’un encadrement suffisant ni de l’accompagnement nécessaire dans le domaine de l’éducation. Tout d’abord, il y a eu de nombreux départs d’enseignants. Pourquoi ces enseignants sont-ils partis ? Parce qu’il y a des attentes et des promesses qui n’ont pas été satisfaites. Les infrastructures, les équipements et les commodités nécessaires ne suivent pas.

Même chez nous, vous constatez que nous progressons. Nous sommes un peuple résilient et nous savons nous adapter. En France, en revanche, les établissements devraient disposer de tous les équipements nécessaires : tableaux numériques, salles de classe et commodités adaptées à l’éducation. Chez nous, aujourd’hui, on peut avoir sans difficulté 60, 70, voire 80 élèves dans une classe. En France, les effectifs étaient de 25 élèves par classe. Dès lors que l’Etat décide de passer à 30 ou 35 élèves par classe, cela pose problème. Pour eux, 35 élèves constituent déjà un effectif pléthorique. Cela montre que la France n’a plus les moyens d’injecter suffisamment de fonds dans l’éducation. Cette situation résulte donc d’une crise économique qui affecte le système éducatif en raison d’un financement insuffisant et discontinu.

S : Après les manifestations, quelle sera, selon vous, la place de la France dans le concert des nations ?

H. O : Je pense que cette crise peut ne pas avoir des résultats immédiats. Tout va dépendre de la suite. Mais ce qui est sûr, cette crise n’est que l’une des manifestations du malaise profond, du marasme économique que vit la France. Si la France ne se réinvente pas, ne trouve pas un nouveau modèle économique qui soit en phase avec les réalités du 21e siècle, la France qu’on appelle grande puissance, qui d’ailleurs ne l’est pas, c’est juste un géant aux pieds d’argile, n’aura plus sa place dans le G7 dans les années à venir. Ensuite, dans le G20, la France sera déclassée. Peut-être, il faudra parler de G100, parce que tout le monde sait que la France n’a pas de ressources. Un pays comme le Japon n’a pas de ressources, mais il a su, de par l’industrialisation, la vente des technologies, le génie des Japonais, avoir un système économique puissant. Le Japon est aujourd’hui la quatrième, voire la troisième puissance économique après les Etats-Unis, la Chine. C’est ce que la France aussi doit faire. Sinon, ça sera donc la chute, la descente aux enfers.

S : Et en fonction de toutes ces conditions que vous venez de décrire, que pensez-vous de l’après-Macron pour la France ?

H.O : Je pense que Macron ira au terme de son mandat. Mais ce n’est pas exclu aussi que la pression de part et d’autre l’emmène à partir pour conserver le peu de dignité qui puisse lui rester. Mais tout compte fait, il est fort probable que Macron reste au pouvoir jusqu’en avril, mai 2027. Pour l’après-Macron, je vois une autre formation politique émerger et tenter des réformes profondes à tous les niveaux. Parce que ce pouvoir, d’ailleurs, ne sera élu que sur la base de grandes promesses électorales. Il faudra que la France devienne une nation réaliste. La France a des cerveaux, des compétences qu’elle doit valoriser. Mais il faudra aussi que cette politique réaliste conduise la France à revoir son niveau de vie. Parce qu’aujourd’hui, sincèrement, ce pays vit au-dessus de ses moyens. Le luxe que les Français se permettent découle du sang et de la sueur des Africains. Elle n’aura pas d’autres options que de revoir son niveau de vie pour progressivement réinventer un modèle économique qui puisse la mettre en partenariat avec les Africains. Nous, à l’AES, ne sommes pas contre la France. Nous pouvons collaborer si nous avons nos intérêts et la France les siens. Mais vouloir collaborer pendant qu’elle gagne 90%, nous avons 10%, nous disons non. Et la France peut encore se redéployer en Afrique et ailleurs dans le monde, dans des partenariats qui soient gagnant-gagnant pour se reconstruire. Voilà Réinventer, refonder l’Etat français au niveau de l’éduca-tion, de l’économie et même de la vision politique.

Wanlé Gérard COULIBALY
Galedie Kétoura SIMPORE
Wendaabo Cathérine KOURAOGO

Entreprises à caractère stratégique: la privatisation désormais interdite par la loi

En plénière ce lundi 19 octobre 2026, à l’Assemblée législative du peuple (ALP), les députés ont voté à l’unanimité la loi portant définition et détermination des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique.

Malgré l’existence de la loi n° 53 du 20 décembre 1993, portant définition et détermination des sociétés et entreprises à caractère stratégique, qui visait à préserver les entreprises dont la privatisation pourrait menacer l’équilibre social, de nombreuses sociétés publiques ont été privatisées au cours des années 1993 et 1994. Aujourd’hui, dans le cadre de la vision souverainiste de la Révolution populaire progressiste (RPP), les autorités entendent mettre un terme à cette situation. C’est dans cette perspective que l’Assemblée législative du peuple (ALP) a procédé à la relecture de ladite loi qui a été adoptée à l’unanimité par les députés en séance plénière, le lundi 19 octobre 2026.

Selon le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Gnaniodem Serge Poda, il est désormais interdit de privatiser les entreprises à caractère stratégique. « Cette loi vise à protéger toutes les entités considérées comme stratégiques, qu’elles soient publiques ou privées. Désormais, toute privatisation, totale ou partielle de ces structures est interdite. Pour être qualifiée de stratégique, une entité doit présenter un lien avec la souveraineté nationale, contribuer à la sûreté nationale face aux menaces intérieures et extérieures et avoir une incidence sur l’équilibre social et économique du pays », a-t-il expliqué.

…ont voté la loi portant définition et détermination des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique.

A travers cette loi, l’Etat a désormais toutes les prérogatives d’encadrer, de contrôler, de suivre les entités non seulement publiques à caractère stratégique, mais a aussi la possibilité de prendre des parts ou de renforcer sa participation dans des entités privées qui seront jugées stratégiques dans le pays, a poursuivi le ministre. « Il s’est agi d’un texte qui vient sonner le renouveau de la création et de la protection d’outils importants stratégiques de transformation, de production commerciale, industrielle, économique en visant donc la souveraineté du pays », a ajouté Serge Poda.

Les innovations de cette loi sont entre autres, l’affirmation du droit pour l‘Etat d’entrer dans le capital de toute entreprise à caractère stratégique, l’encadrement du pouvoir de décision des entités à travers l’interdiction de certaines opérations sans autorisation préalable du Conseil des ministres et la prise en compte d’une clause d’insaisissabilité des biens et des comptes des entités. Le ministre a enfin salué le travail accompli par les députés tout au long du processus d’élaboration et d’adoption de cette loi. Selon lui, son adoption permettra à l’Etat de poursuivre la mise en œuvre de la stratégie et la dynamique engagée depuis l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir.

Fleur BIRBA

IXe édition du Forum national de l’intégration: pour une Afrique unie, souveraine et solidaire

Le ministre délégué auprès du ministère des Affaires étrangères, Stella Eldine Kabré, a présidé, le lundi 19 octobre 2026 à Gaoua, dans la région du Djôrô, la cérémonie d’ouverture de la IXe édition du Forum national de l’intégration. A cette occasion, elle a appelé à une intégration africaine fondée sur la souveraineté des Etats et les aspirations des peuples.

La IXe édition du Forum national de l’intégration se tient du 19 au 22 octobre 2026 à Gaoua, dans la région du Djôrô, sur le thème : « L’intégration africaine à l’ère de la Révolution progressiste populaire ». Les travaux portent notamment sur le bilan des activités menées en faveur des communautés étrangères vivant au Burkina Faso. Il s’agit de dresser l’état des lieux, de relever les insuffisances et de dégager de nouvelles perspectives pour renforcer la cohésion sociale. S’exprimant au nom du ministre des Affaires étrangères, Stella Eldine Kabré, a rappelé que l’intégration ne saurait se limiter aux accords et aux rencontres institutionnelles.

Elle doit, selon elle, répondre aux aspirations des peuples et contribuer à leur bien-être. Le ministre délégué a évoqué les sanctions imposées aux populations du Sahel, estimant que cette expérience avait révélé les contradictions possibles entre les mécanismes institutionnels et les intérêts des citoyens. Dans cette perspective, Stella Eldine Kabré a présenté la Confédération des Etats du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, comme un cadre de renforcement de la coopération entre les trois pays. « L’AES ne doit pas être une intégration de façade ni un simple cadre de rencontres », a-t-elle soutenu.

Pour elle, cette dynamique doit se traduire par des avancées concrètes dans les domaines de la sécurité collective, de la coopération économique et culturelle, de la mobilité des jeunes et des travailleurs, ainsi que de la solidarité entre les territoires. Stella Eldine Kabré a également établi un lien entre la Révolution démocratique et populaire (RDP) portée par le capitaine Thomas Sankara et la Révolution progressiste populaire (RPP) conduite par le Président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré. Elle a notamment mis en avant la volonté des peuples africains de décider par eux-mêmes, de défendre leur dignité et de faire de l’unité africaine une force de développement. Avant de souligner que l’indépendance politique ne pouvait être pleinement accomplie sans l’indépendance économique, la maîtrise des ressources, la confiance dans les capacités propres des peuples et la solidarité entre les pays africains.

L’hospitalité du Burkina Faso saluée

Pour la ministre déléguée, Stella Eldine Kabré, l’intégration africaine doit se construire avec les peuples et pour eux.

Par ailleurs, le ministre délégué a indiqué que les communautés africaines établies au Burkina Faso devaient prendre toute leur place dans l’effort national, dans le respect des lois, des valeurs et de la souveraineté du pays. Elle a rappelé que l’intégration africaine ne se construit pas uniquement dans les chancelleries diplomatiques ou lors des réunions institutionnelles, mais aussi dans les marchés, les établissements d’enseignement, les entreprises, les familles et les espaces culturels et sportifs. Prenant la parole au nom des communautés africaines vivant au Burkina Faso, Saliou Dokpema a, lui aussi, insisté sur la nécessité de faire de l’unité africaine une réalité. Selon lui, cette unité ne doit pas rester un simple slogan, mais constituer un projet de dignité et de souveraineté que les générations actuelles ont le devoir de concrétiser.

Par ailleurs, il a salué la place accordée aux communautés africaines dans le processus d’intégration au Burkina Faso, qu’il a présenté comme une terre d’accueil, d’hospitalité et de fraternité. Parmi les initiatives qu’il a mises en avant, le représentant des communautés africaines a cité la gratuité des visas pour les ressortissants africains, effective depuis 2025. Pour Saliou Dokpema, cette mesure de décision est « courageuse et visionnaire ». Elle facilite, à ses dires, la circulation des personnes et encourage les échanges commerciaux, culturels et universitaires. Selon lui, cette initiative donne un contenu concret à l’ambition d’une Afrique où les frontières ne constituent pas des obstacles artificiels au rapprochement des peuples. Saliou Dokpema a également affirmé que l’expérience du Burkina Faso en matière d’accueil et d’intégration des communautés africaines devrait inspirer les autres pays du continent.

Composées, entre autres, de commerçants, d’étudiants, d’enseignants, d’artisans, d’entrepreneurs, d’agriculteurs, d’agents de santé, de chercheurs et d’ouvriers, les communautés africaines vivant au Burkina Faso entendent contribuer au développement du pays, foi de M. Dokpema. Il a également assuré que ces communautés entendent soutenir les initiatives en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la solidarité entre les peuples. En rappel, durant ces quatre jours, plusieurs activités sont prévues à savoir des panels, des dialogues, une table ronde, un festival de l’intégration et des activités sportives, dont le tir à l’arc et l’aérobic, pour renforcer la cohésion sociale. Des séances de dépistage des cancers du col de l’utérus et du sein sont également prévues. Les participants
effectueront aussi une visite touristique du site de Loropéni.

 

Boudayinga J-M THIENON

VIIIe édition de rencontre annuelle du BIC-UEMOA : des structures financières récompensées

Le Bureau d’information sur le crédit de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (BIC-UEMOA) a tenu
la VIIIe édition de sa rencontre annuelle, les 15 et 16 octobre 2026, à Ouagadougou.

Le Bureau d’information sur le crédit de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (BIC-UEMOA) veut faire
de la qualité des données, un socle incontournable. C’est pourquoi, il a tenu la VIIIe édition de sa rencontre annuelle, les 15 et 16 octobre 2026 à Ouagadougou autour du thème, « Une donnée fiable pour un crédit fiable, faire de la qualité des données le socle incontournable du dispositif BIC-UEMOA ». Les deux jours de rencontre se sont achevés par un dîner de gala Awards. Ce fut l’occasion de récompenser des structures financières. Dans la catégorie Banque, la BOA Burkina Faso s’est illustrée pour la mise à jour des contrats et le respect des délais, tandis que Vital Finance a été distinguée dans la microfinance. Le groupe ivoirien Compagnie ivoirienne d’électricité et la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (CIE/SODECI) a reçu le trophée du meilleur facturier et le Mali a remporté le prix du meilleur consommateur grâce à UBA Mali.

Cette rencontre d’envergure régionale entend relever le défi de la qualité des données transmises au Bureau, selon le directeur général de Crédit Info West Africa, Sidy Kounta. Il a fait savoir que les données sur le crédit favorisent une meilleure allocation des ressources financières et renforce la confiance entre prêteurs et emprunteurs. « La rencontre nous a permis de partager nos expériences, d’échanger sur les meilleures pratiques, d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et surtout de définir ensemble des solutions concrètes pour améliorer durablement la qualité des données », a-t-il déclaré.

Le représentant de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Dame Thiam a expliqué que le taux de consultation du BIC est passé de 45 % en 2016 à 68 % en 2026. Une progression qu’il a jugée importante. Toutefois, a-t-il regretté, des difficultés persistent en matière de couverture, d’exhaustivité et d’exactitude des données. Il a notamment relevé que 22,7 % des contrats ne sont pas actualisés dans la base de données du BIC. Pour renforcer la fiabilité du dispositif, la Banque centrale a entrepris des actions que sont le renforcement des contrôles, la mise en place des cadres de concertation avec les acteurs et l’élaboration d’un projet de gouvernance des données, a déclaré Thiam.

Inclure les PME dans la base de données du BIC

10 prix ont été remis aux meilleures structures financières pour récompenser leur rigueur opérationnelle

Sur 18 millions de clients enregistrés sur le dispositif pour une population régionale d’environ 151 millions de personnes, les entreprises ne représentent que 2 % des entités. Pour le représentant du ministre en charge de l’économie du Burkina, Boukaré Zoanga, ces chiffres laissent voir une couverture insuffisante de la population adulte et une présence limitée des entreprises, notamment des Petites et moyennes entreprises (PME) dans le dispositif. Il a donc préconisé le renforcement de leur intégration dans le système de données du BIC. « Ce sont précisément ces acteurs qui portent une part essentielle de l’activité économique. Lorsqu’ils demeurent insuffisamment connus des systèmes financiers, leur accès au crédit peut s’en trouver entravé », a-t-il affirmé.

Un panel consacré au thème principal de la rencontre était au menu des échanges.
A cet effet, le panéliste Franck Medje a rappelé que la fiabilité des données est une condition essentielle au financement de l’économie. Selon lui, les banques, dans leurs missions de financer les économies à travers l’octroi de crédits, ont besoin de données fiables sur le comportement des emprunteurs pour évaluer leur capacité de remboursement. La disponibilité d’informations fiables est donc indispensable pour éviter la dégradation des portefeuilles de crédit, qui pourraient à terme, fragiliser les établissements financiers.

Galedie Kétoura SIMPORE
Pingdebwoaga Urielle Lauryn KABORE

52e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OCI : un appel collectif à renforcer la solidarité entre Etats membres

La 52e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a pris fin ce dimanche 18 octobre 2026 à Bagdad, en République d’Irak, avec une volonté commune de renforcer la solidarité entre Etats membres pour mieux faire face aux défis régionaux et internationaux.

Deux jours durant, les représentants des Etats membres ont examiné les grands enjeux politiques, économiques, humanitaires et
socioculturels du monde islamique. La session a également été marquée par l’élection d’un nouveau secrétaire général adjoint aux affaires financières et des neuf membres de la Commission permanente indépendante des droits de l’homme (CPIDH).

La délégation burkinabè, conduite par l’ambassadeur du Burkina Faso auprès du Royaume d’Arabie saoudite, le camarade Boukary Savadogo, a activement participé aux travaux aux côtés des délégations malienne et nigérienne. En synergie, les trois délégations ont porté la voix de la Confédération des Etats du Sahel axée notamment sur le renforcement du Bureau régional de l’OCI au Niger et une meilleure prise en compte des
résolutions de l’AES.

DCRP/MAE

L’Hexagone va mal

La gouvernance du Président français, Emmanuel Macron, qui boucle un second mandat en mai 2027, fait l’objet de vives critiques, voire d’une désapprobation quasi-générale. Au cœur de la polémique depuis les législatives anticipées de 2024, qui ont plongé l’Hexagone dans une instabilité politique et institutionnelle, le chef de l’Etat fait désormais face à une fronde sociale sans précédent. Des centaines de milliers de ses compatriotes ont battu le pavé dans plusieurs villes du pays, le 17 octobre 2026, pour dénoncer, entre autres, la « vie chère », la baisse du pouvoir d’achat, les mauvaises conditions d’enseignement et la casse des institutions.

Cette mobilisation, qui a rassemblé des gilets jaunes, des salariés, des syndicalistes, des étudiants, a dégénéré en affrontements, pillages et dégradations de biens publics et privés. S’il a dénoncé la violence et assuré que les casseurs et les pilleurs vont être poursuivis et punis, le Président Macron aura du mal à tempérer les ardeurs. Même les arrestations qui ont été opérées durant ces manifestations ne suffiront pas à maitriser les nerfs des Français, qui n’en peuvent plus de vivoter. En effet, la grande majorité de la population française rumine la hausse significative des produits de première nécessité, des factures d’électricité et de gaz et la revalo- risation des coûts d’assurance et des tarifs des mutuelles de santé.

Certains projets comme la réforme des retraites ou de l’assurance-chômage passent mal aussi dans l’opinion, en ce qu’ils sont perçus comme étant injustes. Pratiquement sous perfusion financière avec le renchérissement du coût de la vie, une bonne partie des Français crient leur ras-le-bol auprès de l’autorité, dans l’espoir d’obtenir un soulagement. Macron fait face à une pression politique qui ne va pas baisser de sitôt, tant que des solutions ne seront pas apportées aux revendications sociales. Une grande journée intersyndicale de grève et de manifestation interprofessionnelle est d’ailleurs prévue pour le 5 novembre prochain.

La rue est plus que jamais déterminée à faire bouger les lignes. Si la conjoncture économique mondiale, les politiques structurelles et la fragilité macro-économique de la France apparaissent comme des facteurs explicatifs de la vie chère, c’est surtout l’autoritarisme de Macron, prêt à snober les partenaires sociaux et les élus pour faire passer des mesures impopulaires qui fâchent dans l’Hexagone. Le chef de l’Etat français affiche actuellement une côte de popularité historiquement basse de 15 %. Impopulaire auprès de ses compatriotes et même dans son propre camp, Macron a emporté avec lui, dans sa dégringolade, l’image de la France, dont l’influence en Afrique de l’Ouest est réduite pratiquement au néant, avec les politiques souverainistes menées par la Confédération des Etats du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Que peut-on retenir concrètement de l’action de Macron, dont la fin de règne n’est pas enviable ?
Le locataire du palais de l’Elysée est en passe de léguer à la postérité, un pays politiquement, socialement et économiquement instable, avec une dette et un déficit qui mettent les agences de notation en alerte permanente. Sur le plan diplomatique, l’histoire retiendra, que c’est sous sa présidence, que la politique française en Afrique faite de paternalisme et de prédation des ressources naturelles, a connu ses plus grands revers. Les Africains dignes entendent désormais s’accommoder de relations décomplexées avec l’ancienne puissance coloniale, qui ne peut plus dicter sa loi partout. La France va mal. Son président, acculé de toutes parts, ne s’en porte pas mieux. A l’allure où vont les protestations, le départ du pouvoir de Macron sera synonyme de soulagement pour bon nombre de Français.

Kader Patrick KARANTAO

Coupe communale de la relève sportive: les trophées au RCB et au secteur 15

La IIe édition de la coupe communale de la relève sportive s’est achevée, le samedi 17 octobre 2026 au stade wobi de Bobo-Dioulasso. Les trophées de cette compétition organisée par la commune de Bobo-Dioulasso sont revenus au Racing club de Bobo (RCB) en dame et au secteur 15 dans l’arrondissement 4 en homme.

Les finales en football de la IIe édition de la coupe communale de la relève sportive se sont jouées les 16 octobre 2026 pour les dames et le 17 octobre pour les hommes. Chez les dames, le Racing club de Bobo (RCB) est venu à bout de son adversaire, l’Association des lionnes du Houet (ALH) par le score de 1 but à 0.

Elle remporte la somme de 500 000 F CFA, un trophée, un jeu de maillots, des médailles et des ballons. Classée 2e, L’ALH a reçu 300 000 F CFA, un jeu de maillots, des médailles en argent et deux ballons. La 3e et la 4e équipe ont reçu respectivement 200 000 F CFA, et 100 000 F CFA ainsi que des jeux de maillots, des médailles en argent et deux ballons. En football masculin, le secteur 15 qui a battu le secteur 26 aux tirs au but est reparti avec une enveloppe d’un million de francs CFA, un trophée, un jeu de maillots, des médailles en or et deux ballons. Le secteur 26 a reçu 750 000 F CFA, un jeu de maillots, des médailles en argent et deux ballons.

…et le Racing club de Bobo sont les vainqueurs en football de la coupe communale de la relève sportive.

Les autres équipes participantes ont également bénéficié des prix en nature et en espèces. En remettant les prix aux différents champions, le Président de la délégation spéciale (PDS) de la commune de Bobo-Dioulasso, Laurent Koutoukou Kontogom, a exprimé sa satisfaction de voir les jeunes de 15 à 20 ans, et les pensionnaires des clubs féminins se frotter dans la solidarité, la fraternité. Il s’est dit satisfait que cette compétition donne écho à la politique gouvernementale de promouvoir la relève sportive. « Nous sommes heureux que cette compétition prenne de l’envergure et qu’elle devienne une institution de la commune.

Nous sommes surtout heureux d’avoir offert à des jeunes non licenciés dans les clubs de football, l’opportunité de s’exprimer et aux clubs l’occasion de piocher dans le vivier des jeunes pour étoffer leurs équipes », a laissé entendre Laurent Koutoukou Kontogom. Pour le PDS, les différentes réformes et innovations apportées au football, la ligue de l’espoir et bientôt la ligue de la souveraineté et la coupe communale de la relève offrent des opportunités qui vont permettre d’avoir des joueurs compétitifs à l’échelle nationale et internationale à moyen et long terme.

Débutée en juillet dernier, la IIe édition de la coupe communale de la relève sportive s’est jouée sur le thème « Jeune, développe ton talent pour faire briller ta patrie demain ». Cette IIe édition vise à offrir aux jeunes un cadre d’expression de leurs talents, tout en encourageant la pratique sportive, la discipline et l’esprit d’équipe. La finale jouée les 16 et 17 octobre et marquant la clôture de la coupe communale de la relève s’est déroulée en présence des autorités administratives, militaires et sportives et de nombreux partenaires qui ont accompagné cette initiative de la commune de Bobo-Dioulasso. A cette occasion, des hommages ont été rendus à des acteurs sportifs de la commune décédés au cours de cette année.

Adaman DRABO

Programme de reconversion des diplômés du système universitaire : 1000 bénéficiaires à former

Le ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, à travers « Burkina suudu bawdè » (BSB), a lancé la IIe édition du programme de reconversion des diplômés du système, le lundi 19 octobre 2026 à Ouagadougou.

Le gouvernement entend adapter son système éducatif aux réalités économiques et sociales du Burkina. De ce fait, le Programme de reconversion des diplômés du système universitaire (PRDSU) s’inscrit dans la dynamique des réformes et des innovations engagées dans le secteur de l’enseignement. Le lancement de la IIe édition du PRDSU a été présidé par le ministre de l’Enseignement secon- daire et de la Formation professionnelle et technique, Moumouni Zoungrana, lundi 19 octobre 2026 à Ouagadougou. Il a expliqué que le capitaine Ibrahim Traoré veut que l’école burkinabè soit un lieu où l’on sort, transformé de la bonne manière et qui réconcilie les Burkinabè avec leur histoire.

Selon lui, les réformes entreprises vont bénéficier aux prochaines générations. Moumouni Zoungrana a indiqué aux étudiants que leur participation et assiduité aux formations ne sont pas des options mais des obligations.
La secrétaire générale du BSB, Edwige Bako, représentant le directeur général de la structure a soutenu que la phase pilote du programme, conduite du 20 octobre 2025 au 30 janvier 2026, a mobilisé 260 étudiants et diplômés de niveaux d’études variés,
allant du Baccalauréat au Master II.

Huit packs de métiers

Elle a aussi fait savoir que ces bénéficiaires ont été formés dans six packs de métiers intégrés, associant des apprentissages techniques à des modules transversaux, notamment le marketing digital, le civisme et le patriotisme. « Les plans d’affaires élaborés par les bénéficiaires à l’issue de leur formation sont en cours de prise en charge par le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES) sur le plan financier », a-t-elle ajouté.

Pour cette IIe édition, la secrétaire générale a indiqué que le programme se poursuit avec une ambition renforcée qui est de former
1 000 diplômés du système universitaire, dans huit packs de métiers intégrés et dans 13 régions. Les packs de métiers concernés, selon Edwige Bako, sont aviculteur polyvalent, pisciculteur polyvalent, maintenancier des terminaux TIC et sécurité électronique, entrepreneur en communication digitale, entrepreneur en arts culinaires, référent digital, artisan boulanger et pâtissier polyvalent et transformateur polyvalent de tubercules.

Le représentant des formateurs, Daniel Ilboudo, a révélé que pour eux, cette mission dépasse la simple transmission de connaissances. Elle entend contribuer à la transformation des aptitudes des apprenants en compétences réellement mobilisables dans le monde professionnel, a-t-il soutenu. De son côté, le représentant des apprenants, Abdoulaye Belem, a traduit leur volonté de saisir cette opportunité de formation, pour élargir leurs compétences et mieux préparer leur avenir professionnel.

Wendyam Pascaline KALMOGO

Commémoration des batailles d’octobre 1896 : Kiidiga, un symbole de résistance à la conquête coloniale

Le Dima de Boussouma et les différents cantons ont mené une résistance courageuse à la pénétration coloniale, en octobre 1896 à travers la bataille de Kiidiga, dans la commune rurale de Mané. Cette résistance à la conquête coloniale a été commémorée, le dimanche 18 octobre 2026, à Kiidiga, dans la région des Koulsé.

Le peuple burkinabè, depuis des lustres, jaloux de ses valeurs souverainistes et de sa dignité, a livré des batailles contre l’invasion impérialiste de la colonne militaire française, dirigée par les lieutenants Paul Voulet et Julien Chanoine. En effet, la bataille de Kiidiga, dans la commune rurale de Mané, est un cas d’école. Mieux, elle marque un tournant majeur pour la résistance locale du Dima de Boussouma et des différents cantons face à la soumission progressive des grands royaumes mossi. Ainsi, pour conter la réalité des faits et restaurer l’histoire, le gouvernement, à travers le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, a commémoré le 130e anniversaire des batailles de Kiidiga du 18 octobre 1896, dimanche 18 octobre 2026, dans la commune rurale de Mané. La conquête coloniale française dans les différents royaumes au Pays des hommes intègres a été le théâtre d’affrontements meurtriers.

Il est conté qu’après la conquête de Ouagadougou en septembre 1896, au prix d’une haute lutte, la colonne militaire française menée par Voulet et Chanoine a progressé vers le Nord et l’Est de la capitale, s’efforçant de faire plier les royaumes, de détrôner les souverains et d’imposer des traités d’asservissement et de protectorat. A son arrivée à Mané le 18 octobre 1896, avant d’atteindre et d’engager le territoire de Boussouma le 21 octobre 1896, le Riungu de Boussouma a opposé un refus catégorique et intransigeant. Sous l’autorité morale et politique du Dîma Naaba Koom (1890-1908), en alliance fraternelle avec le Mogho Naaba Wôbga de Ouagadougou, une résolution fut prise, plutôt la mort que la servitude. Pour commémorer la bataille de Kiidiga, le 18 octobre 2026, une foule des grands jours s’est rassemblée. Le président de la délégation spéciale de la commune de Mané, Wendinconté Alain Kiemtoré, a salué la vision du gouvernement de restaurer la vraie histoire des vaillants devanciers. « De cette reconstitution des faits, vrais, nous valorisons nos soldats, défenseurs de notre dignité face aux oppresseurs », a-t-il informé.

Restauration de la vérité

Le Yadnaaba Tuissé, au nom des notabilités de Kiidiga, s’est réjoui et a expliqué que le premier choc d’une violence inouïe a eu lieu le 18 octobre 1896. Le nom même de ce site, « Kiidiga », porte le souvenir de cet affrontement titanesque. « En langue nationale mooré, Kiidiga désigne le lieu où il y a eu trop de morts », a confié Yadnaaba Tuissé. Quant au ministre de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, Moumouni Zoungrana, il a relevé que la résistance de Boussouma n’était pas un fait isolé,
mais un réseau structuré, un paysage mémoriel cohérent s’étendant sur 15 sites majeurs répartis dans neuf localités. Pour lui, Kiidiga est un exemple patent de résistance patriotique. « Pendant des décennies, l’idéologie coloniale et néocoloniale a tenté de nous amputer la mémoire. Elle a voulu nous faire croire que notre histoire avait commencé avec l’arrivée de l’envahisseur.

Cette idéologie coloniale a expressément laissé dans l’oubli et dans l’abandon les hauts lieux de nos luttes anticoloniales pour étouffer en nous, la fierté nationale et l’esprit de résistance », a précisé le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo. Il a souligné que l’époque d’amnésie organisée est définitivement révolue.
« Sous l’impulsion éclairée du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, nous avons adopté, avec l’ensemble des Burkinabè, une vision salutaire de décolonisation des esprits et de réappropriation de notre patrimoine mémoriel », a
déclaré le ministre chargé de la Culture.

Emmanuel BICABA