Lutte contre la désinformation : des acteurs mènent la réflexion à Ouagadougou

EducommuniK, en collaboration avec La Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), tient du 28 au 30 octobre 2026, à Ouagadougou, la première édition du Forum africain de l’éducation aux médias et à l’information (FA-EMI).

La lutte contre la désinformation est au cœur de la IIe édition de la semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité. C’est dans cette dynamique que se tient du 28 au 30 octobre 2026 à Ouaga-dougou, le Forum africain de l’éducation aux médias et à l’information (FA-EMI), sur le thème : « Éducation aux médias et à l’information : construire une résilience régionale face à la désinformation et aux manipulations de l’information ». Organisé par EducommuniK en collaboration avec la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), la rencontre réunit des acteurs du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie, du Bénin, du Sénégal et de la Gambie.
A l’ouverture des travaux, le vice-président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Issa Alexandre Zou, représentant le président, a relevé les difficultés liées à l’essor rapide des réseaux sociaux et aux dérives de l’intelligence artificielle. Ces évolutions, a-t-il souligné, brouillent les frontières de la vérité et mettent à l’épreuve l’intégrité de l’information.

« Durant ces trois jours, différents acteurs notamment des institutions publiques de régulation, des plateformes et de la société civile, travailleront ensemble pour poser les jalons d’une vision régionale partagée », a-t-il affirmé.
Le secrétaire général du ministère en charge de la communication, Moctar Sanfo, a insisté sur la nécessité de faire passer l’éducation aux médias et à l’information du statut de projet pilote à celui de politique publique intégrée.
« En formant nos jeunes, nos enseignants, nos journalistes et l’ensemble de nos concitoyens à décoder l’information, à questionner les sources et à déjouer les pièges de l’intelligence artificielle générative, nous bâtissons les remparts de notre souveraineté informationnelle », a-t-il dit. Il a réaffirmé l’engagement de son département à porter les recommandations issues des travaux auprès des instances gouvernementales.

Pour une citoyenneté numérique responsable

Pour la chargée de programme à EducommuniK, Nina Kady Diallo, cette initiative répond à la nécessité de mobiliser l’en-semble des acteurs de l’écosystème face aux désordres informationnels. Selon elle, le développement d’une coopération régionale entre les acteurs de l’Education aux médias et à l’information (EMI) constitue une condition importante pour construire une résilience durable et efficace. Les organisateurs attendent de cette rencontre, à écouter la chargée de programme, un renforcement des connaissances des participants sur les mécanismes de désinformation, la bonne utilisation des réseaux sociaux et la citoyenneté numérique responsable. « Nous espé-rons repartir avec un document de plaidoyer destiné aux décideurs et aux institutions. Celui-ci devrait contribuer à promouvoir l’intégration de l’éducation aux médias et à l’information dans les programmes éducatifs et les politiques publiques », a-t-elle poursuivi. La lutte contre la désinformation et les discours de haine nécessite, selon Nina Kady Diallo, l’implication de tous les acteurs. « Les médias font partie des acteurs intervenant dans l’écosystème informationnel. On y trouve également des acteurs du système éducatif, des organisations de la société civile et les pouvoirs publics. Les médias sont donc au cœur de l’action et de cette initiative », a-t-elle laissé entendre.

Samira Alida KAMBOU

Performances des collectivités territoriales : la commune de Koudougou sacrée lauréate

Dans le cadre du Programme d’appui à la décentralisation et à la participation citoyenne (DEPAC), le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité a récompensé des collectivités territoriales performantes, courant l’année 2025, mercredi 28 octobre 2026, à Ouagadougou.

Dans le but d’encourager l’émulation entre les collectivités territoriales afin d’améliorer la gouvernance locale, la performance au sein des services publics, le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité a récompensé les collectivités territoriales performantes de l’exercice 2025. La cérémonie s’est tenue, le mercredi 28 octobre, à Ouagadougou.

Elle a été présidée par le secrétaire général du ministère en charge de l’administration territoriale, Saïdou Sankara.
Dans la catégorie commune, la première a été la commune de plein exercice de Koudougou avec une performance de 91,35 %. Elle remporte un trophée, une attestation et une enveloppe financière de 13,5 millions F CFA. Elle est suivie par la commune de moyen exercice de Kordié avec une performance de 88,88 % qui repart également avec un trophée, une attestation et une enveloppe financière de 12 millions F CFA. La troisième place est occupée par la commune de Diapangou avec une performance de 76,54 % qui s’en sort avec un trophée, une attestation et une enveloppe financière de 11 millions F CFA. Avec une performance de 68,05 % la commune de Fada a été positionnée quatrième et est repartie avec un trophée, une attestation et une enveloppe de dix millions F CFA.
Pour la catégorie région, c’est le Nando qui est venu en tête. Il encaisse 15 millions F CFA, un trophée, une
attestation.

Ensemble les acteurs veulent construire des communes performantes au service de la population.

Selon le président du comité de récompense, Laurent Sawadogo, l’évaluation s’est appuyée sur trois principes clés. Il s’agit de l’excellence qui vise à récompenser les cinq meilleures communes et les meilleures régions, l’équité catégorielle qui est la distinction entre régions et communes et la reconnaissance de la participation sur trois exercices successifs. Il a souligné qu’une baisse des scores a été observée dans la majorité des communes, en raison du passage à un système de preuves numériques plus rigoureux grâce à la plateforme Kobo, qui a permis de mieux révéler les insuffisances. Sur le plan sectoriel, la maîtrise d’ouvrage publique locale enregistre de bons résultats, contrairement au développement économique local, qui demeure un défi majeur, selon Laurent Sawadogo.

Face à cette situation, le groupe de travail composé de quinze personnes chargées de l’évaluation préconise de privilégier l’accompagnement des collectivités territoriales, notamment celles qui affichent une baisse de performance, dans le cadre des plans
triennaux de renforcement des capacités. Il recommande également de consolider l’utilisation de l’outil Kobo et d’améliorer la pertinence des indicateurs de terrain. Selon lui, cette démarche vise à corriger les insuffisances du processus, à répondre aux aspirations des populations et à promouvoir un développement socio-économique local inclusif.

Le Secrétaire général du ministère de l’administration territoriale et de la mobilité, Saïdou Sankara, a adressé ses félicitations aux différentes communes lauréates tout en appelant les autres à se faire démarquer par le travail bien fait. Le secrétaire général de la commune de Koudougou, commune lauréate, Loukoumani Aouba, a traduit ses remerciements au ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité tout en promettant de maintenir la même place les années à venir.

Yassimine Aminata OUARMA

Russie-Afrique : coopérer dans le respect mutuel

Le 3e Sommet Russie-Afrique s’est ouvert hier mercredi 28 octobre 2026 à Moscou en terre russe. Réunissant des chefs d’Etat et de gouvernement de plusieurs pays africain et de la Russie, ce sommet intervient dans un contexte de recomposition des équilibres géopolitiques mondiaux et de réaffirmation des aspirations africaines à la souveraineté, surtout dans le Sahel. En effet, au-delà des échanges diplomatiques, économiques et humanitaires, cette rencontre porte une coloration particulière en ce qu’elle traduit la volonté commune des pays africains et de la Russie de bâtir des partenariats fondés sur le respect mutuel, l’égalité entre les Etats et la liberté de chaque peuple de déterminer son avenir.

En clair, le continent ne veut plus être considéré comme un simple réservoir de matières premières, un espace de rivalités entre puissances ou un terrain d’influence soumis aux intérêts extérieurs. Il entend être un acteur à part entière des relations internationales, capable de définir ses priorités et de choisir librement ses partenaires stratégiques.
Pour le Burkina Faso et les pays de la Confédération AES, cette orientation revêt une importance capitale. Comme l’a souligné le Premier
ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, lors d’une interview télévisée sur place, ce sommet constitue une occasion de consolider la coopération avec la Fédération de Russie, tout en élargissant les perspectives au-delà des domaines militaire et diplomatique. Formation, transferts de technologies, agriculture, sécurité alimentaire, transformation des ressources minières, santé, culture et développement économique figurent parmi les secteurs dans lesquels des résultats concrets sont attendus.

Cette ambition interpelle l’ensemble des partenaires de l’AES et, plus largement, de l’Afrique. Les pays occidentaux, avec lesquels
le continent entretient des liens historiques, humains, économiques et culturels importants, ont toute leur place dans cette nouvelle dynamique. Encore faut-il que ces relations évoluent vers des rapports plus équilibrés, affranchis des réflexes de domination, des injonctions unilatérales et de toute volonté d’ingérence dans les affaires intérieures des Etats.
Pour le Burkina Faso et les autres pays africains, le défi est surtout de convertir cette volonté d’émancipation en progrès durable. Cela exige des institutions solides, une gouvernance responsable, une vision stratégique claire et une capacité à négocier des accords mutuellement avantageux.

Le monde change. L’Afrique entend prendre toute sa place dans cette évolution. Aux partenaires d’hier, d’aujourd’hui et de demain, elle argue que les relations internationales ne peuvent durablement prospérer dans la contrainte ou la domination. Elles gagnent en stabilité, en crédibilité et en efficacité lorsqu’elles reposent sur la confiance, la réciprocité et le respect de la souveraineté des peuples. Coopérer avec l’Afrique, c’est désormais compter avec des nations qui veulent décider par elles-mêmes, construire avec leurs partenaires et avancer selon leurs propres choix.

La rédaction

Partenariat avec la Russie : « Nous sommes dans une coopération transparente, d’égal à égal »

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a accordé une interview exclusive à Russia Today, le mardi 27 octobre 2026, dans laquelle, il présente l’importance du sommet Russie-Afrique pour le Burkina. Le Premier ministre aborde des questions d’actualité, notamment la situation sécuritaire du Burkina et les relations avec la Russie ainsi que la France.

Igor Kurashenko (I. K.) : vous êtes présents à Moscou dans le cadre du troisième sommet Russie-Afrique. Quelle importance le Burkina accorde-t-il à cet événement ?

Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo (R.J.E.O) : Merci pour cette opportunité que vous nous offrez pour échanger sur votre chaîne sur des sujets d’actualité. Et comme vous l’avez dit, effectivement, nous sommes ici à Moscou dans le cadre de ce troisième sommet Russie-Afrique. C’est un sommet qui est important pour nous à plusieurs titres, parce que nous sommes
dans un contexte de reprise, mais aussi de consolidation, des relations bilatérales entre le Burkina Faso et la Fédération de Russie, sous la forte impulsion des deux leaders, Son Excellence Vladimir Poutine, mais aussi le camarade Président du Faso, Chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré. Nous voyons en ce troisième sommet Russie-Afrique l’opportunité de consolider davantage ces relations de coopération, de réaffirmer la convergence de nos vues sur les grandes questions du monde et surtout d’ouvrir de belles perspectives au profit des peuples burkinabè et russe, mais plus largement entre la Fédération de Russie et la Confédération AES. Cette Confédération est née de la volonté des Chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali et du Niger, de se mettre ensemble pour répondre à l’appel des peuples de ces trois pays et faire face ensemble aux défis qui sont communs. Vous connaissez la dévise de la Confédération : un espace, un peuple, un destin. Donc, ce troisième sommet révêt une grande importance pour le Burkina Faso, d’où notre présence ici, pour participer aux échanges.

I. K. : Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés ?

R.J.E.O : Les objectifs que nous nous sommes fixés, il faut dire qu’ils sont nombreux, parce que le sommet se tient dans un contexte où la relation entre le Burkina Faso et la Russie se consolide. Vous savez que c’est une relation importante sur le plan diplomatique, sur le plan sécuritaire, sur le plan militaire, mais également sur le plan du développement.
Quand le camarade Président du Faso était ici à Moscou, il avait eu l’occasion déjà d’indiquer l’orientation stratégique de cette relation entre le Burkina Faso et la Russie. Evidemment, il est question de coopération militaire, mais, il s’agit d’aller au-delà de la coopération militaire et diplomatique pour engranger également les résultats partagés dans les domaines importants du développement, comme la formation, les transferts de technologies, la production agricole.

L’une des grandes priorités du Burkina Faso aujourd’hui est d’atteindre la sécurité alimentaire de façon définitive. Le camarade Président du Faso l’avait dit lors de sa visite, je pense que Son Excellence, le Président Vladimir Poutine, avait offert du blé à différents Etats dont le Burkina Faso. Et le camarade Président du Faso avait déjà indiqué, tout en saluant cet acte de générosité, que l’objectif était de faire en sorte qu’aucun pays africain ne soit plus dans la situation d’attendre qu’on lui offre du blé, mais de se donner les moyens pour que nous puissions produire et nous autosuffire. Le Burkina Faso est dans cette dynamique aujourd’hui, et pour ne prendre que l’exemple du blé, aujourd’hui, le Burkina Faso produit du blé ; même si ce n’est pas encore suffisant pour couvrir entièrement sa consommation nationale.

Voici les actes dans lesquels, évidemment, nous comptons intensifier la coopération et faire en sorte qu’au Burkina Faso, nous ayons la capacité, à travers des partenariats, qui peuvent être techniques, notament les transfert de technologies, de compétences et d’équipements, pour produire suffisamment sur place au Burkina Faso au profit du peuple burkinabè. Donc, ce n’est que cet exemple. Sinon, on a beaucoup d’autres axes de coopération. Si vous prenez le domaine des ressources minières, minéralières, au Burkina Faso, la vision aussi, à ce niveau-là, est claire. Vous savez, nous venons d’innover avec l’ouverture de la raffinerie d’or du Burkina, la toute première, il y a quelques semaines de cela, par le camarade Président du Faso. Et l’objectif, c’est de faire en sorte que cette coopération nous permette d’installer toute la chaîne de valeurs de l’exploitation minière sur place au Burkina Faso. C’est sur cette vision stratégique dans tous les domaines de coopération que nous sommes là pour échanger, pour voir de façon pratique, comment avancer.

I. K : Bien sûr, on s’intéresse beaucoup au domaine militaire. Actuellement, quelle est la situation sécuritaire dans votre pays ?

R.J.E.O : La situation sécuritaire au Burkina s’améliore de façon très significative et de façon constante. Vous savez, les gens ont l’habitude de sortir les chiffres, les statistiques, pour dire, voilà, on a plus de 74% du Burkina Faso qui est aujourd’hui consolidé. Il faut préciser que ces chiffres concernent, la proportion du territoire aujourd’hui qui a été non seulement réconquise, consolidée et où les populations qui s’étaient déplacées se sont réinstallées. Mais, il n’y a pas un seul centimètre carré du Burkina Faso aujourd’hui qui échappe à nos forces de défense et de sécurité. Parce qu’elles interviennent partout. Mais quand on parle de statistiques de réconquête, évidemment, on ne peut mettre une zone donnée du Burkina Faso au vert, la couleur verte, on ne l’utilise que quand, la zone a été réconquise, dépolluée, et les forces ont été réinstallées de façon permanente pour permettre aux populations de se réinstaller et vaquer tranquillement à leurs occupations. Donc, la situation sécuritaire s’améliore de façon significative. Nous venons de sortir de la saison des pluies et le camarade Président du Faso l’avait déjà annoncé : de grandes opérations vont être engagées après cette saison des pluies pour continuer, évidemment, de consolider de nouvelles zones. Et, c’est sûr que dans les semaines et les mois à venir, vous allez être témoins des progressions de nos braves combattants pour conquérir jusqu’au dernier centimètre carré de la superficie du Burkina Faso.

I. K : Comment évaluez-vous le rôle des instructeurs russes dans la stabilisation de la situation sécuritaire dans votre pays ?

R.J.E.O : C’est un combat existentiel que nous menons, parce qu’il faut dire que c’est une guerre de libération qui est menée aujourd’hui par le peuple burkinabè et comme vous le savez, qui ,depuis plus d’un siècle, est sous les jougs d’une invasion impérialiste française. Et aujourd’hui, c’est un combat pour sortir de cette étreinte, reprendre en main définitivement notre destin et faire en sorte que le Burkina Faso puisse définir par lui-même son horizon et se donner les moyens par lui-même, de faire le bonheur de son peuple. Dans ce combat, nous avons évidemment un partenariat stratégique avec la Russie et c’est dans ce cadre que nous faisons l’acquisition d’équipements qui
est acompagnée par l’appui d’instructeurs pour accompagner nos forces combattantes à la prise en main de ces équipements. Et les résultats sont là. Je pense que grâce à ce partenariat, il y a eu une amélioration des capacités opérationnelles de nos forces combattantes. Ce qu’il faut noter, c’est qu’avec la Fédération de Russie aujourd’hui que nous avons vraiment une relation de partage d’expériences également. Comme vous le savez, sur le terrain des opérations, les forces combattantes, grâce au retour d’expériences, se sont progressivement améliorées et ont développé des modes de combat qui sont uniques, car, ils se sont inspirés du terrain burkinabè. Et évidemment, dans ce contexte, nous avons aussi cette capacité de partager des expériences avec notre partenaire russe. Tout cela, c’est à mettre à l’actif de cette bonne coopération entre nos deux pays. C’est pour dire que c’est une coopération à l’actif de laquelle on peut avoir des motifs de satisfaction.

I. K : D’ailleurs, vous avez évoqué la France. On constate que ces dernières années, les relations entre le Burkina Faso et la France se sont détériorées. Justement, pour nos téléspectateurs, est-ce que vous pouvez préciser les raisons de cette détérioration ?

R.J.E.O : Les raisons de cette détérioration sont très simples. Vous savez, ce pays impérialiste mène une politique impérialiste. C’est ce que nous disons toujours. Nous n’avons rien contre le peuple français. Mais, cette politique de domination, je pense qu’il faut que ça s’arrête parce que cela dure pratiquement depuis plus de 130 ans. On vient de célébrer les 130 ans de l’invasion de Kiidiga qui est un épisode très douloureux du Burkina Faso, notamment dans la région des Koulsé, où la colonne Voulet et Chanuane, au moment de l’invasion impérialiste, a massacré des villages entiers. Vous voyez, ça, c’est ce qui s’est passé en 1896. Mais en réalité, ce qui semble si lointain est toujours en cours dans nos Etats parce que c’est un pays qui n’arrive pas aujourd’hui à mettre son logiciel à jour. Quand le camarade président du Faso est arrivé au pouvoir, il a fait le constat d’un partenariat totalement déséquilibré, des accords léonins qui ne favorisent évidemment qu’une seule partie. Voilà une relation dans laquelle on ne fait que subir. Ce sont des choses que nous ne pouvons pas accepter aujourd’hui. C’est l’injustice que nous dénonçons. C’est l’injustice que nous combattons. Nous refusons d’être de serviles spectateurs du destin de nos pays qui se jouait à Paris.

Ça, c’est fini. Ce n’est pas que nous avons quelque chose contre le peuple français en l’occurrence. Mais, nous disons aujourd’hui que chacun travaille à être indépendant. Nous, nous travaillons à être indépendants, évidemment, à être maîtres de notre destin, de nos choix stratégiques, sans dictat de qui que ce soit. Que la France aussi apprenne à être indépendante. Je pense qu’elle a suffisamment vécu de la prédation des ressources de ce qu’on considère comme son précaré, ses colonies, dans lesquelles elle place qui elle veut à la tête des Etats. Mais quand vous regardez la précarité dans ces Etats, malheureusement, vous voyez le contraste. Ce sont des pays riches, riches de leurs ressources minières, minéralières, de leurs ressources forestières bien souvent, de leurs richesses marines et tout. Mais quand vous regardez l’état de ces pays aujourd’hui, leur jeunesse continue de mourir dans les mers à la conquête de l’illusoire Eldorado. Donc, il faut que tout cela s’arrête et que la France comprenne qu’aujourd’hui, elle doit apprendre à vivre sur ses propres capacités et arrêter la prédation des ressources des pays qu’elle considère comme son précaré. Et, c’est là qu’on va voir la réalité de la France.

IK : Est-ce que vous voyez la différence entre l’approche russe par exemple, la coopération notamment avec les pays africains et l’approche française ?

R.J.E.O : Ce que nous disons, et dès le début on l’avait dit, nos relations avec la Russie, vous savez les détracteurs, ceux qui sont champions dans la manipulation, avaient vite fait de dire, « voila, ils ont quitté un maître pour rejoindre un autre maître »,
non ! Nous avons quitté un type de coopération pour un autre type de coopération. Avec la Russie, nous sommes dans une coopération honnête, transparente, d’égal à égal et dans l’intérêt partagé des pays. Evidemment, la Russie n’a jamais colonisé un pays africain. La Russie ne vient pas pour effacer ce qui existe dans nos états en termes de ressources endogènes, nos langues, nos cultures, et ainsi de suite. Il ne s’agit pas de cela. Donc aujourd’hui, c’est un nouveau type de coopération que nous entretenons avec la Russie, en nous assurant évidemment que les intérêts de chaque partie sont préservés et que ça se fait dans le strict respect de l’intérêt supérieur de nos Etats et de nos peuples. Ce qui est complètement différent de ce qui était là avec la France impérialiste.

Aujourd’hui, nous ne voulons même plus nous focaliser sur ça. Vous savez, quand vous avez trop le regard dans le rétroviseur, vous risquez de perdre le Nord. Donc, nous regardons devant ; la France est derrière nous. Nous, nous avançons résolument, conscients de nos capacités, sûrs de nos potentialités. Et la première de ces potentialités, c’est le peuple burkinabè, c’est le potentiel humain dont nous disposons, c’est notre jeunesse, et ensuite, toutes les richesses dont la nature a doté notre pays. Nous comptons les exploiter pour développer notre pays. C’est ce qui est déjà en cours. Le Burkina Faso est un chantier, pratiquement dans tous les domaines. Et beaucoup de gens, partout, s’interrogent comment ce pays fait, parce que certains avaient pensé qu’après le départ de l’Agence française de développement, après les ruptures des relations avec la France, que tout allait s’arrêter, le pays allait sombrer. Aujourd’hui, le Burkina Faso ne s’est jamais porté aussi bien qu’aujourd’hui, sur le plan économique, sur le plan financier, sur le plan du développement. Et les indicateurs sont là pour l’attester.

I. K : Il y a l’autre acteur qui s’ingère dans les affaires de votre pays, c’est l’Ukraine. D’ailleurs, récemment, les autorités de votre pays ont évoqué le soutien de l’Ukraine au groupe terroriste opérant sur le territoire de l’Alliance des Etats du Sahel. Est-ce que vous avez de nouvelles révélations concernant l’activité des Ukrainiens, notamment sur le territoire de l’Alliance ?

R.J.E.O : C’est avec beaucoup de regrets que nous avons fait le constat de cette implication d’un pays comme l’Ukraine aux côtés des terroristes qui endeuillent les Etats du Sahel. Je ne veux pas rentrer dans beaucoup de détails, mais tout ce que je peux dire, c’est que l’Ukraine s’est rangée du mauvais côté de l’histoire, en se mettant aux côtés des hordes terroristes qui endeuillent le peuple du Sahel. Et je pense que l’histoire va bientôt juger. Et à l’heure des comptes, évidemment, le sort de l’Ukraine sera le même que celui qui est réservé à ces groupes terroristes, c’est-à-dire une défaite cuisante et un engagement sans issue.

I.K : Cette année, la Russie et le Burkina ont créé une commission intergouvernementale de coopération dans beaucoup de domaines. Quel résultat attendez-vous de ce mécanisme ?

Le chef du gouvernement est convaincu que les marges de progression de la coopération culturelle sont très grandes.

R.J.E.O : Je pense que la création de cette commission intergou- vernementale est intimement liée à la volonté des deux grands leaders, le camarade Capitaine Ibrahim Traoré et Son Excellence le Président, Vladimir Poutine, de faire en sorte que cette nouvelle page de la coopération entre le Burkina Faso et la Russie soit très fructueuse. Et évidemment, cette commission a vocation de faire en sorte que les orientations reçues au plus haut sommet des Etats se traduisent en actes concrets. Il y a des échanges qui sont très suivis au sein de cette commission, la prochaine se tiendra certainement en début 2027. Et ça sera une occasion supplémentaire, non seulement de mesurer le chemin parcouru, mais également de disposer pour l’avenir en définissant non seulement les priorités, mais aussi les moyens de pouvoir agir rapidement au profit des peuples burkinabè et russes. Entre la Russie et le Burkina Faso, d’ailleurs, ce n’est pas une histoire récente. Les relations entre les deux pays n’ont pas attendu, la reprise du sommet Russie – Afrique qui n’en est qu’à sa troisième édition.

Ce sont deux pays qui ont une longue histoire de coopération. Et je pense que la Russie était déjà aux côtés du Burkina Faso depuis ce qu’on a appelé les indépendances en 1960. Et après cela, l’un des moments importants a été sous la Révolution du camarade Thomas Sankara, où, entre la Russie et le Burkina Faso, il y a eu beaucoup d’échanges. Nous avons beaucoup d’aînés, les générations de nos parents qui ont été formées ici, en Russie, dans beaucoup de domaines, y compris le domaine du journalisme. Et donc, je pense que la reprise de cette coopération n’est que logique. Et aujourd’hui, nous allons travailler à la consolider, à nous assurer que c’est une coopération qui profite aux deux peuples. Et c’est une coopération qui nous permet aujourd’hui d’afficher une autre vision du monde qui n’est pas ce monde conçu uniquement sous les prismes de la domination des uns sur les autres, mais un monde où, évidemment, en toute fraternité, il y a une coopération parfaite. Chaque peuple, évidemment, mérite le respect, mérite qu’on respecte sa souveraineté.

Et je pense que ça, sur ces questions, nous avons une forte convergence de vue. Et ensemble, nous allons travailler non seulement à développer nos pays, mais aussi, évidemment, à instaurer une autre vision du monde, de nouveaux équilibres. Aujourd’hui, le multilatéralisme qu’on connaissait, fondé sur les droits internationaux, les Nations unies et ainsi de suite, on a l’impression que tout cela, est en train de s’affaiblir. Mais qu’est-ce qui explique cela ? Les gens veulent tout simplement dominer le monde et ne laisser place à personne ; on veut réformer les Nations unies, ce n’est pas possible parce que c’est figé depuis les réalités de 1945.
Donc, sur toutes ces questions, nous pensons que nous pouvons, dans le cadre de cette coopération, au-delà de l’impact pour nos
pays propres, travailler aussi, à redéfinir les équilibres géopolitiques et géostratégiques dans le monde.

I.K : Vous avez évoqué la réforme possible de l’ONU. Est-ce que vous avez une vision de cette réforme ?

R.J.E.O : C’est un combat qui n’est pas nouveau également. Vous savez, depuis de longues années, beaucoup appellent à la réforme du système des Nations unies, notamment le Conseil de sécurité, parce que la réalité de 1945 n’est pas celle d’aujourd’hui. En 1945, le Burkina Faso n’existait pas en tant qu’Etat. C’est la France qui parlait à notre nom ; la France impérialiste.
Donc, comment voulez-vous que nous, aujourd’hui, nous acceptions de continuer de suivre un système qui n’a pas été mis en place avec nous ? Aujourd’hui, les pays africains sont des pays qui se sont affranchis, en tout cas, de façon formelle, des tutelles. Donc, il faut changer les choses aujourd’hui. Et, évidemment, si on ne réforme pas l’institution onusienne, c’est une coquille vide que nous allons traîner parce que dans toute les crises, on n’entend pas l’ONU. Pourquoi ? Ce n’est pas parce qu’elle ne parle pas, mais c’est parce qu’évidemment, sa voix ne porte plus, elle prêche dans le désert, parce qu’elle est inefficace, elle ne correspond plus aux réalités d’aujourd’hui.

I.K : Est-ce que vous voyez comment, des pays comme la France mènent une vague de désinformation visant vos pays ?

R.J.E.O : Evidemment, vous savez, aujourd’hui, il ne reste plus à ce pays-là que la manipulation. Quand vous prenez les médias français dont la plupart ont été fermés au Burkina Faso, ce ne sont pas en réalité des médias, ce sont juste des outils de conditionnement des opinions, des outils de désinformation. Quand il y a quelques difficultés autour de Bamako, édition spéciale, Bamako est bouclée, le blocus de Bamako, le président va tomber, et ainsi de suite… Quand, deux jours plus tard, évidemment, le digne peuple malien, derrière les forces combattantes, reprend le dessus, zéro information. On est passé à autre chose. Donc, ce n’est que de l’instrumentalisation. Deuxièmement, c’est le média qui a ouvert ses micros aux terroristes qui endeuillent nos Etats. Les mêmes terroristes qui tuent les femmes,
les enfants, déguerpissent les populations de leur terroir. Les faits de ces terroristes-là sont mis en lumière dans ces médias toxiques et mensonges. On leur donne l’opportunité de venir parler, on met en emphase ce qu’ils considèrent comme leurs actions d’éclat. Mais quand ils suibissent des revers, silence radio !

Nous avons tout compris. Evidemment, vous allez voir, ce n’est que le début. Voyez ce qui s’est passé au Burkina, ce qui s’est passé au Mali, ce qui s’est passé au Niger, face à la désinformation, à la manipulation de ces médias, ce n’est que le début. Vous allez voir que ces médias, au fur et à mesure, tous les autres pays comprendront tôt ou tard que ces médias-là, ce sont des médias toxiques qui sont là juste pour conditionner les opinions. Pour entretenir nos fragilités, surfer sur nos divisions, faire en sorte que nos pays restent des pays faibles à la merci de l’impérialiste français qui est incapable aujourd’hui de se libérer. Il ne s’agit pas pour nous de nous libérer, c’est à la France de se libérer. C’est elle qui, de tout temps, a vécu de la prédation des ressources de ces pays. Qu’elle comprenne que c’est fini. C’est comme, vous savez, un enfant. Nous avons tous des enfants. Au début, vous lui mettez le biberon ou alors, il tête le sein de sa mère, mais au bout de quelques temps, il faut qu’il arrête. Ill faut le sevrage. Donc, que la France se prépare, évidemment au sevrage, pour vivre vraiment sa vraie réalité, vivre de ses vraies capacités, au lieu de sucer le sang de ces pays.

Ça n’a que trop duré ! La manipulation, ça fait partie aujourd’hui de la guerre menée par ce pays. Et vous savez, c’est un pays qui aime s’ériger en donneur de leçons envers les autres. Quand on ferme France24, on dit, voilà… dans leur pays, combien de médias ils ont fermés ? Ces derniers jours, j’ai même entendu le président français qui estime que même les réseaux sociaux sont devenus toxiques et que ce sont les réseaux sociaux qui sont la source de toute la crise sociale qui secoue en ce moment son pays. Donc vous voyez, c’est l’arroseur qui se fait finalement arroser.

I.K : Excellence, on sait que vous avez un agenda très chargé. Donc, je me permettrai de vous poser la toute dernière question. On sait que le dialogue politique est très important entre nos deux pays, mais quel avis portez-vous sur les liens culturels ? Est-ce qu’ils se développent actuellement ?

R.J.E.O : Vous savez, aucune relation entre deux Etats ne peut être durable si elle n’arrive pas à franchir le volet politique et diplomatique pour être une relation des peuples. Et pour que ce soit une relation des peuples, il faut que ce soit une relation qui mette en avant les échanges culturels en termes de formation, en termes de co-création artistique et culturelle. Et sur ce volet, je peux dire que les choses avancent bien. J’ai été ministre de la Culture du Burkina Faso, il y a quelques années de cela.
Et depuis cette époque à maintenant, il y a beaucoup d’échanges culturels. Et c’est vraiment quelque chose de très important parce que c’est ce qui va permettre que nos peuples se connaissent.

Vous savez, quand vous arrivez au Burkina Faso, vous prenez la jeunesse, vous prenez dix jeunes, vous dites Son Excellence le Président Vladimir Poutine, tout le monde sait que c’est le président de la Russie. Mais si derrière, vous lui posez une autre question sur le peuple russe, je ne suis pas sûr qu’il soit capable de vous répondre. Cela montre qu’il y a encore évidemment des marges de progression dans la connaissance mutuelle de nos peuples. Et c’est en cela que la culture doit jouer un rôle très important. Et faire en sorte évidemment que cette relation de coopération soit durable parce qu’elle est fondée sur le respect entre les deux peuples qui échangent et qui créent des choses ensemble. La convergence des intelligences pour pouvoir libérer le génie artistique et en la matière, nous pouvons nous enrichir mutuellement. La Russie était présente au Burkina Faso à la dernière Semaine nationale de la culture avec une troupe artistique qui a fait une belle prestation. Ce sont des moments comme ça qui permettent de pousser plus loin la coopération culturelle. Nous sommes convaincus que les marges de progression sont encore très grandes.

Interview rentranscrite par la Primature

Forum économique et humanitaire : la Russie partage sa vision d’une Afrique souveraine

Le chef du gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a pris part à la séance plénière du forum économique et humanitaire qui se tient les 28 et 29 octobre 2026, à Moscou en Russie.

Le 3e sommet Russie-Afrique a officiellement débuté, mercredi 28 octobre 2026 dans la capitale de la Fédération de Russie, Moscou. Il a été lancé par le Président de la Fédération de Russie, Vladmir Poutine et le Président de l’Union africaine (UA), Evariste Ndayishimiyé, lors d’une séance plénière qu’ils ont coanimée. Vladimir Poutine a déclaré qu’il s’agit d’une rencontre désormais traditionnelle, dont il espère qu’elle sera utile aux différents pays africains présents. Il a annoncé que les travaux vont associer des discussions sur le volet humanitaire et la culture, avec un accent particulier sur la science et les médias.

“ Tous les domaines de la coopération pratique vont être abordés et je vous souhaite d’avoir des résultats concrets sous forme de contrats“,
a-t-il poursuivi. Le président de la Fédération de Russie a présenté la situation de la coopération internationale, qui est devenue un monde multipolaire où il faut entendre tous les pays. Selon lui, les BRICS ont une place centrale dans ce repositionnement, car ils ont produit 40% du Produit intérieur brut (PIB) mondial. Il a soutenu que cette performance a été rendue possible, grâce aux pays africains qui sont membres, en l’occurrence l’Afrique du Sud et le Nigéria. Pour Vladimir Poutine, l’Afrique a un potentiel énorme et les Africains veulent désormais défendre leurs intérêts. Il a dénoncé les Etats qui vivent dans un vieux paradigme et veulent continuer à soumettre l’Afrique à travers la dette.

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a conduit la délégation du Burkina Faso au 3e sommet Russie-Afrique.

Citant le Président Thomas Sankara, Vladimir Poutine a affirmé que la dette est une mesure néocoloniale. Il a déploré que peu de choses aient évolué depuis le discours d’interpellation de l’illustre disparu. Aussi, il a appelé à une réforme de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), pour que ces institutions servent à financer les besoins des pays africains. « Déjà, la Russie participe à alléger la dette des pays en l’utilisant pour financer des projets de développement », a rassuré Vladmir Poutine. Il s’est dit convaincu que la souveraineté va au-delà du volet politique, prend en compte l’accès aux service sociaux de base comme la santé et l’eau.

Le président de la Russie a insisté sur l’importance de la souveraineté numérique qui est devenue le fondement de la prospérité des populations. “La Russie a opté pour la souveraineté technologique. Nous avons développé des technologies pour les transactions financières et les services médicaux dont nos concurrents sont jaloux. Mais nous sommes prêts à partager avec vous nos compétences, dans une relation basée sur le respect mutuel”, a-t-il poursuivi. Pour lui, l’Afrique est le continent du futur et les entreprises
russes doivent renforcer leur présence sur le continent dans les domaines de l’énergie et de l’agriculture. Il a indiqué que la Russie peut contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire en Afrique, à travers la mise à disposition de matériels agricoles, d’engrais et son savoir-faire en matière de transformation agroalimentaire.

Un partenariat équilibré

Le Président de la Russie, Vladimir Poutine,
a dénoncé la dette comme un instrument néocolonial.

Le président russe a cité d’autres domaines de coopération. Il s’agit de ceux de l’accès à l’eau, la numérisation de la gestion gouvernementale, la santé notamment la lutte contre les épidémies, l’éducation et les médias. “ La Russie est prête à lancer un dialogue
constructif”, a-t-il conclu. Le président de l’UA, Evariste Ndayishimiyé, a souligné que le sommet Russie-Afrique se tient dans un contexte d’incertitudes face aux enjeux actuels du monde. “ Aucun pays, aucun continent ne peut agir seul. C’est pourquoi, il faut établir des partenariats équilibrés”, a-t-il précisé. Pour lui, l’Afrique ne doit plus être un simple gisement à exploiter, mais une source de bonheur pour ses populations. Il a encouragé la Russie à privilégier la transformation locale, à travers des investissements importants et l’établissement de partenariats entre les entreprises russes et africaines. “ J’encourage les entreprises russes à privilégier des projets qui créent des emplois, valorisent les ressources et font émerger un tissu économique dans nos pays”, a-t-il insisté. Le président de l’UA a salué la prise en compte de la dimension humanitaire dans la coopération entre la Russie et l’Afrique. Pour lui, la croissance doit demeurer au service de l’humain. A l’issue de la séance plénière, les chefs de délégation ont visité une exposition sur les meilleurs solutions que la Russie
offre aux problématiques de développement sur le continent africain.

Nadège YE
(Depuis Moscou)

Un tournant stratégique

L’approbation par le Parlement algérien du déploiement de troupes au Niger marque un tournant majeur dans les relations entre les deux pays. Au-delà de son caractère historique pour Alger, cette décision traduit une volonté de renforcer la coopération sécuritaire dans un Sahel confronté à la persistance des violences terroristes, à la criminalité transfrontalière. Elle témoigne de l’importance croissante des enjeux de souveraineté et  de protection des intérêts stratégiques dans les relations entre pays voisins.

En effet, l’Algérie et le Niger partagent une frontière désertique de 960 kilomètres, difficile à surveiller dans son intégralité. Cette proximité géographique constitue à la fois un atout pour leur coopération et une source de vulnérabilité face aux groupes armés qui exploitent les espaces peu contrôlés pour mener leurs opérations. Dans ce contexte, la perspective d’un engagement militaire algérien au Niger pourrait contribuer à renforcer les capacités de surveillance, à sécuriser les zones frontalières et à améliorer la coordination entre les forces de défense des deux pays. Toutefois, cette initiative devrait s’inscrire dans une approche plus large de la sécurité régionale, qui associe les dimensions politique, diplomatique et économique.

Comme l’a souligné le député algérien, Fateh El Ayaechi, cette décision vise à honorer les engagements politiques de l’Algérie et à protéger ses intérêts économiques. Le vote unanime des parlementaires algériens, présenté comme une première depuis l’adoption des dispositions constitutionnelles autorisant le déploiement de militaires à l’étranger, souligne ainsi la portée particulière de cette orientation. Par ailleurs, les intérêts économiques occupent une place importante dans ce rapprochement.

Les deux pays participent au projet de gazoduc transsaharien destiné à acheminer le gaz naturel nigérian vers l’Europe en passant par le Niger. Cette infrastructure, porteuse d’importantes perspectives éco-nomiques et énergétiques, nécessite un environnement sécuritaire stable. La protection des investissements et des infrastructures stratégiques apparaît donc comme un enjeu majeur pour Alger, qui entend préserver ses ambitions énergétiques et consolider sa présence économique dans la région. Pour le Niger, cette perspective de coopération avec l’Algérie pourrait représenter un appui supplémentaire dans ses efforts de sécurisation du territoire.

Elle rappelle néanmoins que chaque Etat doit conserver la maîtrise de ses choix stratégiques et veiller à ce que les partenariats extérieurs répondent prioritairement aux besoins de sa population. La solidarité entre pays africains gagne en pertinence lorsqu’elle repose sur le respect de la souveraineté, la réciprocité et la définition d’objectifs communs. Dans cette dynamique, l’initiative algérienne pourrait également nourrir une réflexion plus large sur la nécessité de bâtir des mécanismes africains de sécurité adaptés aux réalités du continent. Face à des menaces qui ignorent les frontières nationales, aucun pays ne peut durablement garantir seul sa sécurité.

La mutualisation des moyens, le partage du renseignement et la concertation politique constituent autant de leviers pour apporter des réponses plus cohérentes aux défis régionaux. En définitive, le vote du Parlement algérien ouvre une nouvelle étape dans la coopération entre Alger et Niamey. Au-delà des annonces et des ambitions économiques, l’enjeu est de transformer ce rapprochement en une solidarité concrète, capable de contribuer à la stabilité du Sahel tout en respectant pleinement la souveraineté des Etats concernés. C’est à cette condition que la coopération régionale pourra devenir un véritable instrument de paix et de développement.

Soumaïla BONKOUNGOU

Des pneus volés achetés à 15 000 F CFA le conduit au tribunal

B.I et T.G.A ont comparu, le vendredi 23 octobre 2026, devant la chambre correctionnelle du TGI de Bobo-Dioulasso. Le premier répondait des faits de vol aggravé, tandis que le second était poursuivi pour recel. A la barre, B.I n’a pas cherché à nier les faits. Il a reconnu avoir fait main basse, aux environs de 1 heure du matin, sur plusieurs articles dans un garage. Son butin était composé de trois pneus de moto, huit bougies de moto, cinq chambres à air, douze roulements et cinq produits pour pneus. Après avoir récupéré ces objets, il a décidé d’en écouler une partie. Deux pneus et cinq chambres à air ont ainsi été vendus à T.G.A, qui devra à son tour s’expliquer devant les juges sur les conditions de cet achat. A son passage à la barre, T.G.A a reconnu avoir acheté les objets auprès de B.I. Mais sur la question de leur provenance, il a opposé une défense catégorique. Il a affirmé aux juges ne pas avoir su qu’il (…)

Retrouvez Au coin du palais sur https://www.sidwaya.info/numerique/

Noufou NEBIE
Yacouba BELEM

Caisse nationale de sécurité sociale : les partenaires sociaux de Solenzo informés et sensibilisés

Le Président de la délégation spéciale (PDS) de la commune de Solenzo, Marou Ilboudo, a présidé le séminaire régional d’information et de sensibilisation des assurés sociaux de Bankui-Sourou de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), le jeudi 22 octobre 2026 à Solenzo.

La direction régionale de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) de Bankui et du Sourou s’est déportée à Solenzo, chef-lieu de la province des Banwa, le jeudi 22 octobre 2026. C’était dans le cadre de son séminaire régional d’information et de sensibilisation des partenaires sociaux au sujet de la sécurité sociale. La rencontre a réuni des responsables d’entreprises, des employeurs et des employés, des représentants des directions générale et régionale de la CNSS et des présidents d’associations. L’occasion a été donnée aux usagers de s’informer sur les missions de la caisse à travers, entre autres, ses prestations fournies, les cotisations sociales, les moda-lités d’affiliation et le cadre juridique sous lequel elle opère. Le directeur régional de la CNSS Dédougou, Wendmalgré Sawadogo, a indiqué que selon la loi portant régime de sécurité sociale au Burkina Faso, la sécurité sociale s’affirme plus que jamais comme un pilier essentiel de la cohésion nationale, de progrès économique et de justice sociale.

Il a expliqué qu’elle protège les travailleurs contre les aléas de la vie à savoir les maladies, les accidents de travail, l’invalidité, la vieillesse et la perte d’un soutien de la famille. « C’est pour répondre à ces exigences que la CNSS s’est engagée dans un processus continu de modernisation, de rapprochement avec les usagers, l’amélioration de la qualité de ses prestations, la mission d’informer, de former et de sensibiliser les partenaires sociaux à leurs droits et obligations, gage d’une sécurité sociale inclusive et fiable », a affirmé M. Sawadogo. Le présent séminaire, a-t-il dit, s’inscrit dans cette perspective.
Les préoccupations recueillies auprès des participants sont, entre autres, relatives à la nécessité de rapprocher la CNSS de ses assurés de la province des Banwa, aux difficultés liées à l’effectivité des cotisations sociales par les employeurs et à la mise en œuvre de certaines décisions de justice favorables aux travailleurs.

Satisfaction des partenaires

Les organisateurs de l’activité ont apporté des réponses aux interrogations soulevées par les bénéficiaires du séminaire. Ces derniers ont apprécié la démarche de la caisse. Laurence Douanio a dit avoir découvert que la caisse offre des possibilités d’aide aux femmes pendant les congés de maternité. Pour Daouda Kané, c’est désormais clair pour lui que chaque employeur doit déclarer ses employés et verser régulièrement à bonne date les cotisations sociales de ceux-ci à la caisse de sécurité sociale. « L’employé doit aussi veiller à ce que sa situation soit régularisée à la caisse si son patron ne l’a pas fait », a-t-il renchéri. Le directeur régional des serviteurs du peuple de Bankui, Djissié Sougué, a salué l’organisation de cette activité qui offre le cadre de porter l’information utile aux usagers. Il a exhorté les acteurs à s’inscrire dans les directives tracées par la CNSS en matière de sécurité sociale. Il a relevé que les droits des travailleurs sont, parmi tant d’autres, la pension de retraite, l’allocation familiale ou prénatale et les risques professionnels.

A côté de ses droits, il y a les devoirs, a-t-il sonné, comme un rappel. Le chef du service de recouvrement à la CNSS au niveau central,
Abdoul Aziz Bado, a insisté sur le respect des délais dans le paiement des cotisations sociales par les patrons sous peine de pénalité après l’expiration des délais de grâce qui sont de 15 jours pour la cotisation mensuelle et de 30 jours pour celle trimestrielle. Le président de la délégation spéciale de Solenzo, Marou Ilboudo, dira que la CNSS est le pilier central du système de prévoyance sociale avec pour « mission fondamentale de payer les droits des assurés sociaux sur la base d’un recouvrement optimum des cotisations sociales ». Et pour atteindre ses objectifs, elle s’investit dans l’élévation du niveau de compréhension de ses partenaires, a-t-il conclu.

Yacouba BELEM

 

Réformes éducatives : le ministre Dingara fait le point avec les acteurs du Guiriko

Le ministre de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Jacques Sosthène Dingara, a échangé, le mardi 27 octobre 2026 à Bobo-Dioulasso, avec les acteurs de l’éducation de la région du Guiriko sur la mise en œuvre des réformes éducatives. La généralisation de l’enseignement bilingue, l’inclusion scolaire, la décolonisation des savoirs et la réglementation des frais de scolarité ont été au centre des discussions.

Le Ministère de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MEBAPLN) a engagé une tournée de suivi de la mise en œuvre des réformes éducatives dans les régions du Guiriko, du Bankuy et du Nando, du 27 au 29 octobre 2026. La première étape de cette mission s’est tenue, le mardi 27 octobre à Bobo-Dioulasso, en présence du ministre, Jacques Sosthène Dingara et des acteurs de l’éducation du Guiriko. Cette rencontre a permis de faire le point sur les réformes engagées, d’apprécier leur application sur le terrain et de recueillir les préoccupations des différents intervenants du système éducatif. Elle s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer l’ancrage endogène de l’éducation burkinabè et d’améliorer la qualité des apprentissages.

Pour le ministre, cette concertation constitue un cadre d’échanges avec les acteurs de terrain afin d’identifier les acquis, les difficultés et les ajustements nécessaires à une mise en œuvre efficace des réformes au cours de l’année scolaire 2026-2027. « Depuis deux à trois ans, un certain nombre de réformes ont été entreprises au niveau du système éducatif. Cette année, nous avons quatre réformes
majeures », a-t-il indiqué. A l’en croire, la première réforme concerne la généralisation de l’enseignement bilingue. Selon le ministre, les élèves de première année du Cours préparatoire (CP1) commencent désormais leurs apprentissages en lecture et en écriture dans leur langue maternelle. « Cette orientation vise à rapprocher l’école de l’environnement linguistique et culturel des apprenants afin de favoriser l’acquisition des connaissances dès les premières années de scolarisation », a-t-il indiqué.

Garantir l’accès à l’éducation à tous les enfants

La deuxième réforme porte sur l’inclusion scolaire. L’objectif est de garantir l’accès à l’éducation à tous les enfants, y compris ceux à besoins spécifiques. Le ministre a précisé que le dispositif envisagé prévoit une offre d’apprentissage du braille dans au moins une structure par région et de la langue des signes dans au moins une structure par province. Cette démarche traduit, selon lui, la volonté de ne laisser aucun enfant en marge du système éducatif.

La décolonisation des savoirs constitue le troisième chantier présenté au cours de la rencontre. Elle vise à adapter davantage les contenus pédagogiques aux réalités socioculturelles du Burkina Faso. Dans cette perspective, des programmes et des fiches pédagogiques ont été révisés pour mieux valoriser les pratiques, les connaissances et les références culturelles nationales. Le quatrième chantier concerne la réglementation des frais de scolarité. Alors que sa mise en œuvre entre dans sa première année, le département de l’éducation entend examiner les pratiques sur le terrain, relever les éventuelles dérives et apporter les mesures correctives nécessaires. « Il s’agissait pour nous aussi de voir comment cela se comporte. Quelles sont les leçons à tirer, comment davantage recadrer rapidement ce qui est considéré comme dérive », a expliqué le ministre.

Selon le directeur régional de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales du Guiriko, Soilliou Karantao, cette rencontre vise à favoriser une meilleure appropriation des orientations ministérielles par les différents acteurs de l’éducation. A l’entendre, les échanges ont réuni notamment des encadreurs pédagogiques, des directeurs d’école, des enseignants ainsi que des responsables des structures déconcentrées et nationales. « Cette rencontre doit permettre de recueillir les difficultés rencontrées dans l’application des mesures, afin d’apporter les ajustements nécessaires et d’améliorer leur efficacité », a-t-il laissé entendre. Le ministre a appelé ces acteurs à harmoniser leurs pratiques et à s’impliquer pleinement dans la mise en œuvre des réformes. Pour lui, leur engagement est déterminant pour traduire les orientations nationales en résultats concrets dans les établissements scolaires.

Noufou NEBIE

𝐂𝐨𝐨𝐩𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐀𝐄𝐒–𝐑𝐮𝐬𝐬𝐢𝐞 : 𝐥𝐚 𝐁𝐂𝐈𝐃-𝐀𝐄𝐒 𝐞𝐭 𝐕𝐄𝐁.𝐑𝐅 𝐝𝐞́𝐬𝐨𝐫𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐞𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a pris part, ce mercredi 28 octobre 2026 à Moscou, à la cérémonie de signature d’un mémorandum d’entente entre la Banque confédérale pour l’investissement et le développement de la Confédération des États du Sahel (BCID-AES) et la société d’État russe de développement VEB.RF. Organisée en marge du Forum économique et humanitaire Russie–Afrique, la cérémonie s’est déroulée en présence du vice-Premier ministre de la Fédération de Russie, Alexandre Novak.
Le document a été signé par le président de la BCID-AES, le Camarade Balibié Serge Auguste Bayala, et le vice-président de VEB.RF, Daniil Algoulian. Il établit un cadre de coopération destiné à favoriser les échanges économiques et commerciaux ainsi que les investissements entre la Russie et les États de la Confédération.
Le Camarade Premier ministre et le Vice-premier ministre russe Alexandre Novak
Le Camarade Premier ministre et le Vice-premier ministre russe Alexandre Novak

Représentant la Confédération des États du Sahel à cette cérémonie, le Chef du Gouvernement burkinabè a salué un engagement politique fort, ouvrant des perspectives en matière de partage d’expériences entre institutions de développement, d’intensification des échanges commerciaux et de réalisation de projets dans les secteurs prioritaires.

Le Vice-premier ministre russe Alexandre Novak
Le Vice-premier ministre russe Alexandre Novak

Pour le Premier ministre, la portée de ce partenariat devra se mesurer à ses retombées pour les populations sahéliennes. Il a ainsi insisté sur les critères de valeur ajoutée locale, de création d’emplois et de transfert de compétences qui devront guider l’examen des projets et des initiatives soumis dans ce cadre. « C’est écrit dans le texte et nous y tenons », a-t-il souligné.

Le Chef du Gouvernement a surtout appelé les deux institutions à engager rapidement la mise en œuvre du mémorandum. « Il nous appartient maintenant d’être concrets, de faire sortir au plus vite des projets structurants pour le Sahel », a-t-il déclaré.
À cet effet, il a proposé la désignation immédiate de points focaux et fixé comme objectif la signature d’un premier projet dans les douze mois. Il a également demandé des procédures simples et rapides, à la hauteur des attentes des populations en matière d’investissements à fort impact, ainsi qu’un bilan annuel conjoint, conduit « sans langue de bois ».
Les signataires du mémorandum avec les autorités présentes à la cérémonie
Les signataires du mémorandum avec les autorités présentes à la cérémonie

Précisant les contours du partenariat, le président de la BCID-AES, Balibié Serge Auguste Bayala, a indiqué que la coopération portera principalement sur le renforcement des capacités, la structuration des projets d’investissement et le financement conjoint de grands projets confédéraux. Les deux institutions envisagent également d’examiner les possibilités de faciliter les moyens de paiement liés aux échanges commerciaux.

« C’est un accord-cadre, il n’est pas limitatif, mais il pose déjà les balises afin que nous puissions par la suite l’approfondir », a-t-il expliqué. Selon lui, les prochaines étapes consisteront à examiner les priorités des États membres et à identifier les projets susceptibles de faire l’objet d’un travail conjoint de structuration et de financement.
Le président de BCID-AES, signant le mémorandum d'entente
Le président de BCID-AES, signant le mémorandum d’entente

Évoquant les besoins de la Confédération, le président de la Banque a notamment cité l’énergie, l’agriculture, la transformation des productions et les infrastructures. Il a insisté sur la complémentarité entre l’accès à l’énergie, l’accroissement de la production et le développement des capacités de stockage et de transformation. Les routes, les chemins de fer et les corridors de transport constituent également des infrastructures nécessaires à l’acheminement des productions et au développement des échanges.

Le Camarade Premier ministre : "Il nous appartient maintenant d'être concrets, de faire sortir au plus vite des projets structurants pour le Sahel"
Le Camarade Premier ministre : « Il nous appartient maintenant d’être concrets, de faire sortir au plus vite des projets structurants pour le Sahel »
Du côté russe, Alexandre Novak a réaffirmé la volonté de son pays de renforcer la coopération commerciale et les investissements avec les États du Sahel, tout en soutenant des projets à portée sociale. VEB.RF devient, à travers ce mémorandum, le premier partenaire international de la BCID-AES, selon les informations publiées par le Gouvernement russe.
La délégation du Burkina Faso à la cérémonie de signature du mémorandum
La délégation du Burkina Faso à la cérémonie de signature du mémorandum

Pour l’AES, l’enjeu est désormais de traduire ce cadre de coopération en projets structurants, créateurs d’emplois et favorisant le transfert de compétences, au bénéfice des populations de la Confédération.

𝐃𝐂𝐑𝐏/𝐏𝐫𝐢𝐦𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞