
Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé, le mercredi 9 septembre 2026 à Bobo-Dioulasso, à l’inauguration du complexe industriel de Textile des forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF). D’un coût d’investissement de 17 milliards de francs CFA, cette infrastructure industrielle entend renforcer la transformation locale du coton, répondre aux besoins d’habillement des Forces de défense et de sécurité et contribuer à la création d’emplois.
Lancé en avril 2024, le complexe industriel de Textile des forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF) est prêt à produire ses premières tenues militaires. L’inauguration a été faite par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, le mercredi 9 septembre 2026 à Bobo-Dioulasso. Avec un coût d’investissement de 17 milliards de francs CFA, ce complexe industriel stratégique est implanté sur un site de 30 hectares à Logofourousso, dans l’arrondissement 7 de la capitale économique du Burkina Faso. Selon le chef de
l’Etat, cette infrastructure est un symbole de souveraineté.
« La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit par l’action, elle se produit, elle se défend », a-t-il laissé entendre. A en croire le capitaine Ibrahim Traoré, ce joyau est né de la volonté souveraine du peuple du Burkina Faso de transformer lui-même ses ressources, d’habiller ses vaillantes forces combattantes ainsi que la population civile. « Ce complexe est unique en son genre dans la sous-région. C’est un message fort parce que ce ne sont pas des investisseurs étrangers qui sont venus le faire.
Ce ne sont pas des capitaux étrangers. C’est propre à nous. C’est un complexe qui a été financé par le peuple burkinabè pour faire tout ce que le peuple veut en matière de textile », a souligné le président du Faso. Il a invité le peuple burkinabè à croire en ses capacités. Avec ses unités de filature, de tissage-tricotage, de finition et de confection, TEXFORCES-BF ambitionne de constituer un maillon important de la chaîne nationale du coton et du textile. Le complexe doit notamment produire des tenues destinées aux Forces de défense et de sécurité, mais également des effets d’habillement pour les populations civiles.
Réduire la dépendance vis-à-vis des importations

Selon le président du conseil d’administration de TEXFORCES-BF, le général de brigade Ismaël Kiswendsida Souampa Diaouari, le complexe dispose de capacités pouvant atteindre annuellement 20 millions de mètres de tissu au tissage, 20 millions de mètres en finition-teinture et entre 4 et 6 millions de tenues confectionnées. Le complexe prévoit également une production pouvant atteindre un million de paires de chaussettes par an. Une unité de tricotage à plat est, par ailleurs, destinée à la production de cols, poignets et articles connexes.
A entendre le président du conseil d’admi-nistration, environ 1 300 ouvriers ont participé à la construction des infrastructures et à l’installation des équipe-ments. Plusieurs centaines de jeunes Burkinabè ont, par ailleurs, été formés aux métiers industriels. « Avec la montée en puissance de l’entreprise, l’objectif affiché est d’atteindre environ 20 000 emplois directs et de soutenir potentiellement plus de 60 000 emplois et moyens d’existence dans l’écosystème coton-textile, logistique, commercial et des services », a indiqué le général de brigade Diaouari.
Selon le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, qui a livré le discours du président du Faso, la mise en place de cette infrastructure vise à réduire progressivement la dépendance du Burkina Faso vis-à-vis des importations et à accroître la transformation locale des matières premières. « Nous ne pouvons pas continuer à produire la matière première, exporter les emplois qu’elle peut créer et importer ensuite les produits issus de notre propre richesse », a-t-il souligné.
Pour lui, cette orientation s’inscrit dans une démarche de consolidation de la souveraineté écono-mique, technologique et industrielle du Burkina Faso. Le ministre a aussi insisté sur le rôle des producteurs de coton dans cette chaîne de valeur. « Cette usine est aussi la vôtre », leur a-t-il lancé. Il s’agit, selon lui, de rapprocher le monde rural du monde industriel et de faire en sorte que la transformation du coton profite davantage aux différents acteurs de la filière.
A l’écouter, la chaîne de transformation doit également intégrer les stylistes, designers, modélistes, couturiers, commerçants, logisticiens et autres acteurs de l’écosystème textile. L’objectif affiché est de favoriser l’émergence d’un
« made in Burkina Faso » reposant sur la production locale, la qualité et la créativité.
Noufou NEBIE





