Inondations à Nagrin : plus de 500 parcelles dans le lit d’un cours d’eau

Suite à des plaintes de riverains relatives aux inondations à Nagrin, le secrétaire général du ministère de la Construction de la Patrie, le commandant Ollo Palenfo, a visité le site des travaux de construction de la voie reliant le quartier Bonheur-ville à la Route nationale n°6 (RN6).

Il est environ 9h 30mn ce mercredi 5 août 2026. Une équipe du ministère de la Construction de la Patrie est sur le site des travaux de construction de la voie reliant le quartier Bonheur-ville à la Route nationale n°6 (RN6). Cette sortie terrain du Secrétaire général (SG) du ministère de la Construction de la Patrie, le commandant Ollo Palenfo, fait suite à des plaintes de riverains du quartier Nagrin après la pluie diluvienne tombée dans la nuit du 2 au 3 août 2026. Ces derniers pointent du doigt les travaux d’aménagement d’ouvrages de franchissement comme la source de l’inondation de la zone. Le commandant Ollo Palenfo est accompagné de la Présidente de la délégation spéciale (PDS) de l’arrondissement 7 de Ouagadougou, Marie-Blanche Yougbaré, des techniciens du département ainsi que des populations résidentes pour toucher du doigt les réalités et établir la vérité. « Je ne veux pas trop parler au début. Nous allons découvrir ensemble la zone en question », lance-t-il devant les riverains. Au terme de 2h 30mn à patauger dans l’eau et ce sur un itinéraire d’environ 500 m de l’ouvrage d’affranchissement, les visiteurs constatent les faits. Il faut enlever ses chaussures, à certains endroits, pour se frayer le passage. Malgré l’inaccessibilité de la zone visiblement réelle, des maisons sont érigées çà et là. « Nous avons parcouru ensemble la zone. En 2020, la commune de Ouagadougou a réalisé un schéma-directeur d’aménagement urbain et un schéma-directeur pour le drainage des eaux pluviales. Ce qui a permis d’identifier au niveau des différents outils de planification urbaine, que la zone est inondable », a clarifié le SG du ministère en charge de la construction.

Un lotissement qui ne respecte pas les normes

Les visiteurs découvrent des balises qui délimitent la zone inondable et des infrastructures réalisées dans le lit du canal de drainage. « Quand on regarde les images antérieures satellitaires, on constate que dans les années 2 000, le lit du cours d’eau était à 50 m par rapport à la déviation actuelle. Aujourd’hui, ce décalage fait suite à un aménagement urbain, c’est-à-dire un lotissement, qui n’a pas respecté les normes. Après avoir superposé les différents plans, on retient plus de 500 parcelles qui sont sur le lit du cours d’eau, donc installées dans des zones inondables. Les aménagements des bénéficiaires devant certaines concessions témoignent qu’ils étaient bien conscients de ce problème », déplore le SG Palenfo. Le projet routier qui relie le quartier Bonheur-ville à la RN6 fait l’objet d’une requête des populations qui avaient des difficultés de mobilité entre les quartiers Nagrin et Bonheur-ville, selon les techniciens. Dans le passé, ajoutent-ils, quand il pleuvait, les riverains réalisaient un grand détour pour rejoindre également la ville. Les travaux de drainage des eaux pluviales dans ce cadre du projet sont pris en compte. Les caniveaux tout le long de la route servent à protéger l’ouvrage et collecter les eaux pluviales pour les évacuer vers un exutoire naturel. Un bassin est aménagé non seulement pour freiner la vitesse de l’eau mais aussi la canaliser. « Nous avons réalisé le grand collecteur à proximité sur environ 700 m pour rejeter les eaux au niveau de l’exutoire naturel. « Nous avons apporté une solution, nous ne sommes pas venus créer des problèmes aux populations », martèle le commandant Palenfo.

« Le problème ne date pas de maintenant »

Il assure cependant que le problème peut être résolu avec d’autres projets d’aménagement qui vont s’intégrer. Il annonce, par ailleurs, que des solutions, « plus holistiques », seront trouvées en fonction des comptes rendus qui seront faits à l’autorité qui prendra des décisions et des orientations. La PDS de l’arrondissement 7, s’exprimant sur l’historique des lotissements des secteurs 30 et 31 confie qu’ils ont été effectués entre 1999 et 2004. Elle soutient qu’ils sont faits malheureusement, sans tenir compte de la zone inondable. « Le problème ne date pas de maintenant. Depuis que nous sommes à la tête de l’arrondissement, nous avons toujours reçu des plaintes de populations relatives à cette zone », affirme-t-elle. Pour la PDS ce projet mis en œuvre par le gouvernement vient soulager énormément les populations, parce qu’ à cause du marigot, pour passer du secteur 31 au secteur 30 et vice-versa, c’était un parcours du combattant. Elle lance un appel aux populations à faire preuve de compréhension et de confiance aux plus « hautes » autorités. Le porte-parole des riverains, Paul Simporé, à l’issue de la visite, traduit sa gratitude au ministère de la Construction de la Patrie pour cette réaction rapide. « Nous avons fait une visite de terrain. Il ressort que le problème que nous vivons est dû à un aménagement urbain qui n’a pas respecté les normes. Parce que la zone est inondable. Après avoir écouté, nous sommes d’accord », fait-t-il savoir. Toutefois, il demande à l’autorité de s’impliquer davantage pour résoudre le problème.

Aly SAWADOGO

Inoussa SONDE

(Stagiaire)

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