Symposium de Shanghai sur la promotion de la coopération du Sud Global au service de la paix et du développement de l’Afrique : le Burkina Faso salue la contribution de la Chine

Le 17 septembre 2026, les Instituts de Shanghai pour les études internationales ont organisé un symposium sur la promotion de la coopération du Sud Global au profit de la paix et de la sécurité en Afrique. La rencontre a accueilli des participants venus de Chine et de l’Afrique. Le Burkina Faso a été représenté par l’Institut des hautes études internationales (INHEI). Le Burkina Faso a fait une communication au sein du panel consacré à la gouvernance de la sécurité en Afrique. Il a été essentiellement question des changements géopolitiques mondiaux et leurs impacts sur la sécurité en Afrique, la nécessité de la coordination des efforts des parties prenantes de la gouvernance de la sécurité en Afrique, l’impératif du respect de la souveraineté et de la dignité des Etats et des peuples africains dans le cadre de la coopération internationale et, enfin, les principaux domaines et les perspectives d’une coopération entre la Chine et l’Afrique en matière de promotion de la paix et de la sécurité.

Un monde perturbé, une sécurité africaine dans l’indifférence

Les crises en Ukraine, au Moyen-Orient, en Iran et l’intervention militaire américaine au Venezuela retiennent davantage l’attention de la communauté internationale. Les crises africaines telles que celles du Sahel, du Soudan et de la République démocratique du Congo sont reléguées au second rang. Evidemment, la sécurité en Afrique devient moins importante dans l’agenda des Nations unies. La compétition entre le Nord Global et le Sud Global à travers les Etats occidentaux et les membres des BRICS+ a négativement affecté la sécurité en Afrique. La Chine joue un rôle essentiel dans la stabilisation du monde, et particulièrement de l’Afrique à travers une coopération mutuellement bénéfique et une volonté manifeste de connecter le monde à travers l’Initiative de la Ceinture et de la Route. Elle se concentre sur son Initiative pour la Sécurité Globale et utilise son leadership pour changer le monde dans une perspective humaniste et multipolaire. Les pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, par leurs interventions militaires et par des tarifs douaniers mettent à rude épreuve la paix dans le monde. Cette situation perturbatrice de l’ordre mondial affecte profondément la sécurité en Afrique.

Le Sahel maître de son destin

Au Sahel, ces dernières années ont été marquées par de profonds bouleversements géopolitiques. En septembre 2023, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont créé l’Alliance des Etats du Sahel (AES) comme un outil de défense collective face à la menace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre le Niger. Les trois pays se sont retirés de la CEDEAO en janvier 2024, avec effet immédiat. Ils mettent en place, dès juin 2024, une confédération pour coopérer étroitement dans les domaines de la sécurité, du développement et de la diplomatie. La Confédération dénonce le néocolonialisme et l’impérialisme des puissances occidentales en Afrique de l’Ouest et invite au respect de la souveraineté et de la dignité des Etats et des peuples sahéliens. Les trois pays ont décidé résolument de faire face à la menace terroriste par leurs propres moyens. Afin de renforcer leurs compétences dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, les pays de l’AES ont fait l’option de la diversification des partenariats. Ils ont consolidé leurs relations avec la Russie, la Chine, la Turquie et bien d’autres pays. Ils ont pris une distance avec leurs partenaires traditionnels, notamment l’ancienne puissance coloniale qu’est la France. Au Sahel, par exemple, la promotion de la paix et de la sécurité devrait se faire dans une dynamique de co-responsabilité entre les parties prenantes. Les pays de l’Alliance des Etats du Sahel ont la principale responsabilité d’œuvrer à instaurer la paix et la sécurité. Les organisations africaines et internationales devraient accompagner les pays de l’AES à lutter contre le terrorisme afin de stabiliser la région ouest africaine. Les autorités du Sahel invitent chaque partenaire international à demeurer neutre et à s’engager dans le respect des principes de non-ingérence dans les affaires internes des Etats du Sahel. Il revient à l’AES d’être le maître de son destin dans un esprit d’ouverture et de solidarité internationale.

La Chine et ses pertinentes initiatives en faveur de la paix globale

La paix est la résultante de facteurs politiques, économiques, socio-culturels, techniques et technologiques. La communication du Burkina Faso a précisé que la paix est au cœur des trois initiatives majeures du Président Xi Jinping : l’Initiative pour le développement global, l’Initiative pour la paix globale et l’Initiative pour la civilisation globale. Ainsi, le développement, la sécurité et la civilisation sont les principaux domaines de la coopération entre l’Afrique et la Chine dans l’esprit du Forum de la Coopération Afrique-Chine. Dans le domaine sécuritaire, particulièrement, la Chine soutient le
Burkina Faso dans la lutte contre le terrorisme à travers des soutiens au renforcement des capacités opérationnelles et à la consolidation du développement endogène. Le communicateur a recommandé un renforcement des relations bilatérales avec chaque pays de l’AES tout en envisageant la possibilité d’une coopération plus forte avec l’entité confédérale engagée dans une dynamique de profonds changements géopolitiques et géostratégiques au Sahel et en Afrique de l’Ouest. En somme, les pays de l’AES plaident fortement en faveur d’une collaboration étroite entre toutes les parties prenantes dans la lutte contre le terrorisme dans le respect de la souveraineté et de la non-ingérence dans les affaires intérieures. Dans l’approche de la diversification des partenariats, la Chine joue un rôle central pour la sécurité au Sahel. Le Gouvernement du Burkina Faso, sous la Révolution progressiste et populaire, constate avec
une grande satisfaction la coopération mutuellement bénéfique avec la Chine dans le respect des principes de souveraineté,
de non-ingérence et de dignité. Pour le Burkina Faso, il n’y a pas de paix et de sécurité sans une véritable souveraineté politique, économique, culturelle et technologique. Il faut absolument une décolonisation des esprits et des mentalités en plus de l’indépendance politique et économique. Le Burkina Faso salue la vision de la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité portée par la République populaire de Chine.

Dr Poussi Sawadogo
INHEI – Burkina Faso

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