Leçons d’une agression impérialiste

Les récents événements survenus en fin avril à Bamako ainsi que ceux qui avaient concerné le Niger, font écho aux propos du Président du Faso, le capitaine  Ibrahim Traoré, qui, dès l’entame du Manifeste de la Révolution progressiste populaire (RPP), affirme qu’il « nous faut poursuivre la lutte pour libérer notre Peuple du joug de l’impérialisme » dans le droit fil de nos « aïeux » qui « ont mené la guerre en dépit de toutes les adversités » pour « léguer à nos enfants et aux générations futures une Nation digne, prospère et souveraine ». En effet, ces événements visaient à étouffer nos aspirations légitimes d’indépendance nationale pour perpétuer l’exploitation unilatérale de nos pays par le biais de leurs valets-relais.

Tel apparaît dans toute son ampleur, ce danger, ce poison qu’Ibrahim Traoré a si bien appelé « Hiver noir » lors de son discours désormais historique de Bamako en décembre dernier. Il s’agit pour ces tristes sires, d’annihiler notre volonté, de détruire nos capacités de réaction, d’aveugler nos esprits pour rétablir le diktat séculaire. Un impérialisme à la fois culturel et militaire, le premier précédant toujours le second, étant entendu qu’un peuple qui n’a plus d’âme est déjà « mort » avant le combat.

Il nous faut donc envisager des formes actives de lutte pour nous débarrasser de cette tutelle et la mise en place de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) participe entre autres à cette quête. Les actes de dénonciation n’ont pas suffi jusque-là, et, mieux, ils ont participé à la trahison de nos intérêts. La lutte doit être sociale, populaire, comme en Indochine, où, malgré les tonnes de napalm déversées sur le pays, l’impérialisme américain a été défait dans les années 70.

Pendant que l’Occident coordonne ses méthodes de domination et se concerte sur les mesures importantes à prendre pour briser la résistance, la nécessité de l’intégration régionale puis africaine se pose plus que jamais face à cette coalition européocentriste. Nos micro Etats sont en effet structurellement faibles et constituent des « proies » faciles.

Il faut donc « remembrer l’Osiris africain » comme le préconise le professeur Joseph Ki-Zerbo si nous voulons éviter le sort peu enviable qui nous pend au nez : la disparition. C’est en cela que le discours susmentionné d’Ibrahim Traoré peut être qualifié de prophétique.

La tragédie des peuples révèle toujours les grands hommes comme disait Thomas Sankara.

Boubakar SY

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