Loi Faso Bu Kaoré: les instances traditionnelles installées dans le royaume de Boussouma

Le ministre d la Justice, Edasso Rodrigue Bayala : « La loi Faso Bu Kaoré permettra de désengorger les juridictions classiques et de faciliter l’accès à la justice par les communautés ».

Le ministère de la Justice organise, du 8 au 11 juin 2026 à Boussouma, une session de formation des acteurs traditionnels et coutumiers du royaume de Boussouma sur l’opérationnalisation de la loi Faso Bu Kaoré.

Après les acteurs traditionnels et coutumiers du royaume de Ouagadougou, c’est au tour des garants de la tradition du royaume de Boussouma d’opérationnaliser leurs instances dirigeantes de la loi Faso Bu Kaoré. Les organes de justice traditionnelle des 12 cantons du Dima de Boussouma seront mis en place lors d’une session de formation organisée, du 8 au 11 juin 2026 à Boussouma, par le ministère de la justice. Durant trois jours, les échanges vont porter, entre autres, sur la justice traditionnelle, les mécanismes traditionnels de règlement des différends existants, les instances traditionnelles de règlement de différends et la médiation et la conciliation par des instances traditionnelles de règlement des différends. « Cette rencontre permettra également aux acteurs de présenter la loi Faso Bu Kaoré article par article et les registres, et surtout d’imprimer des procès-verbaux constatant les décisions des instances traditionnelles de règlement des différends suivie des échanges », a fait savoir le ministre de la Justice, Edasso Rodigue Bayala. Selon lui, la formation s’achèvera par le recueil des suggestions et recommandations pour une bonne mise en œuvre de ladite loi et l’installation officielle des instances des douze cantons du royaume de Boussouma. A entendre le ministre Bayala, la mise en place de ces instances résume tout l’intérêt que le gouvernement porte à la question de la culture, du retour aux sources pour nourrir la lutte pour la souveraineté vraie et soutenir le développement socio-économique et culturel.  Parmi ces valeurs culturelles de règlement des différends entre les communautés, il a listé, notamment l’arbre à palabres symbolisant le lieu de discussions pour dégager le consensus, pour sauver et sauvegarder l’essentiel, l’intérêt de la communauté et le vivre-ensemble, le Nab-yiri qui symbolise l’autorité du chef, sa capacité à concilier ses sujets de l’impartialité en mettant en avant le beoog-neere.  A l’entendre, plusieurs mesures ont été prises pour la valorisation des coutumes et traditions, à savoir l’institution du mois du patrimoine, la journée du 15-Mai et l’adoption de la loi portant statut de la chefferie traditionnelle et l’adoption de la présente loi portant Faso Bu Kaoré.

Une justice déjà opérationnelle

De l’avis du ministre de la Justice, la loi portant Faso Bu Kaoré, institut des instances traditionnelles de règlement des différends au sein des villages et secteurs, reconnait et valorise ainsi, le rôle important qu’incarne depuis toujours les garants des traditions et des valeurs ancestrales en matière de résolution des différends, de paix et de cohésion sociale. « En même temps qu’elle valorise nos chefs traditionnels et coutumiers, la loi Faso Bu Kaoré impose une grande responsabilité à nos notabilités coutumières et traditionnelles. Etre chef ce n’est déjà pas facile, juger c’est encore plus difficile, mais nous avons entièrement confiance car la loi n’apporte rien de nouveau à ce que vous faites déjà dans nos secteurs et villages, à savoir concilier vivre ensemble, concilier pour l’intérêt de la communauté », a indiqué Edasso Rodrigue Bayala. La plupart des traditionnalistes ont salué l’initiative qui vient officialiser une justice déjà opérationnelle dans le royaume de Boussouma. Pour le porte-parole du Dima de Boussouma, le Sonkoglnaaba, cette réforme de la justice s’appuie sur les valeurs positives endogènes de conciliation des communautés. « Cette justice traditionnelle, outil de conciliation et non de verdict, renforcera la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble entre les communautés », a-t-il indiqué. Abondant dans le même sens, le Président de la délégation spéciale (PDS) de la commune de Boussouma, Madjoa Lompo, a invité les chefs coutumiers à s’approprier cette justice traditionnelle afin de favoriser la paix et la coexistence pacifique dans leurs localités respectives. Il a mis l’occasion à profit pour traduire toute sa gratitude à l’endroit du roi de Boussouma pour la pratique de cette justice traditionnelle avant l’entrée en vigueur de la loi Faso Bu Kaoré. Le PDS Lompo a également remercié le ministère de la Justice pour cette valorisation des cultures et traditions burkinabè.

Emil SEGDA

Segda9emil@gmail.com

Légende : Ph. : Emil SEGDA

1. Le ministre d la Justice, Edasso Rodrigue Bayala : « La loi Faso Bu Kaoré permettra de désengorger les juridictions classiques et de faciliter l’accès à la justice par les communautés ».

2. Pour le Sonkoglnaaba du Dima de Boussouma, la loi Faso Bu Kaoré vient officialiser leur pratique de conciliation dans le royaume de Boussouma.

3. Des instances traditionnelles de règlement des différends seront mises en place dans les 12 cantons du royaume de Boussouma.

4. Les autorités administratives des Koulsé ont invité les chefs traditionnels et coutumiers à s’approprier la loi Faso Bu Kaoré comme outil de paix et de cohésion sociale entre les communautés.

VOIR PH Faso Bu Kaore………….MAC ZANGO 

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