La souveraineté énergétique est aujourd’hui l’un des grands défis stratégiques du Burkina Faso. L’ambition pour l’atteinte de cet objectif s’est illustrée, le mardi 21 juillet 2026, avec deux évènements majeurs. A Pabré, le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a inauguré la centrale thermique d’urgence de 50 mégawatts. Réalisée à 18 milliards F CFA, l’infrastructure devra renforcer les capacités de production de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) et contribuer, ipso facto, à améliorer l’offre énergétique du pays des Hommes intègres.
Le même jour, à Saaba, le ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a posé la première pierre de la future centrale thermique de Ouaga Sud-Est, dans la commune de Saaba. Celle-ci estimée à 133 milliards F CFA sera dotée d’une capacité de 120 mégawatts et viendra accroître significativement la production nationale d’électricité. Et ce n’est pas tout, l’Exécutif annonce la mise en œuvre de projets de centrales à Bobo-Dioulasso, Koudougou, Kaya, Komsilga et Toécé, pour une capacité additionnelle de plus de 220 mégawatts.
Le moins que l’on puisse dire est que ces investissements traduisent la volonté des autorités de bâtir un Burkina Faso indépendant énergétiquement, conformément à la vision du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Comme on aime à le dire, l’énergie est le socle de tout développement. En effet, la question énergétique est présentée comme l’une des équations majeures que les Etats africains doivent résoudre pour lancer leur décollage économique et l’épanouissement réel de leurs citoyens. Or, depuis plusieurs décennies, le Burkina Faso, à l’image de nombreux pays africains, demeure fortement tributaire des importations de produits pétroliers pour satisfaire ses besoins énergétiques.
Une dépendance, on le sait, qui n’est pas sans conséquences avec notamment la fluctuation des prix internationaux, aux ruptures d’approvisionnements. Cette réalité, le Burkina Faso l’a bien compris. « C’est le chemin vers l’autonomie stratégique et la souveraineté énergétique. Notre pays, au cours des précédentes gestions avait plutôt fait l’option de mettre l’accent sur l’importation de l’énergie. Cette option a montré largement ses limites », a souligné le chef du gouvernement. Toutefois, il faut le dire, la souveraineté énergétique suppose des investissements continus dans les infrastructures de production, de transport et de distribution afin d’être en phase avec l’essor démographique.
Car, plus la population s’accroit, plus le besoin croit, donnant malheureusement l’impression d’un retour à la case de départ. Mais déjà, l’on peut se réjouir des acquis réalisés qui présagent des lendemains meilleurs. Le développement des centrales électriques, la modernisation des réseaux et la recherche de partenariats stratégiques démontrent à suffisance cette dynamique. Chaque burkinabè doit donc s’engager et faire chorus derrière les autorités et accompagner cette dynamique de marche absolue vers la souveraineté énergétique. Cela y va de l’intérêt de tous.
Car, au-delà de son impact économique, la souveraineté énergétique possède une forte dimension sociale. A titre d’exemple, l’accès à une électricité fiable améliore le fonctionnement des centres de santé, favorise de meilleures conditions d’apprentissage dans les écoles, stimule les activités génératrices de revenus et contribue au développement des zones rurales. Bien plus, une énergie disponible et abordable constitue un puissant levier de réduction des inégalités et d’amélioration du bien-être des populations. Du reste, pour consolider les différents acquis, il convient pour tous d’adopter des comportements de consommation responsables afin de contribuer à l’effort national, soutenir la souveraineté énergétique en cours pour le développement du Burkina Faso.
Soumaïla BONKOUNGOU






