
L’association Recherche pour la santé et le développement (RESADE) a organisé un atelier de restitution des résultats de l’évaluation de l’écosystème digital minimal, le mercredi 22 juillet 2026, à Ouagadougou.
L’association Recherche pour la santé et le développement (RESADE) a commandité une étude sur l’évaluation de l’Ecosystème digital minimal (EDM). Les résultats de l’évaluation ont été restitués le mercredi 22 juillet 2026, à Ouagadougou. Le directeur exécutif de RESADE, Yamba Kafando a expliqué que l’EDM déployé en juillet 2023 dans les districts sanitaires de Ziniaré, Ténado, Manga et Sapouy regroupait huit applications numériques destinées à améliorer la gestion des soins, de la gratuité des prestations des médicaments, des finances et des consultations des femmes enceintes ainsi que des enfants de moins de 5 ans.
Il a remercié le ministère de la Santé pour la confiance accordée au RESADE ainsi que les partenaires techniques et financiers et les acteurs des districts concernés pour leur appui et collaboration. Il a réaffirmé la volonté de RESADE dans la production des connaissances pour un système de santé plus performant et résilient. Quant à l’investigateur principal Rémi Kaboré, il a souligné que durant trois ans, l’association RESADE a conduit cinq enquêtes dans 72 centres de santé dont les résultats témoignent d’une forte adhésion des utilisateurs. « Plus de 90% des agents de santé interrogés se déclarent satisfaits ou très satisfaits des outils numériques tandis que 95% identifient l’entraide entre collègues comme un facteur clé d’appropriation », a-t-il indiqué.
Selon lui, le taux de médian a atteint 64,3% et neuf centres sur dix affirment être ouverts au changement. « Plus de 75% des agents dénoncent la double saisie des informations sur papier et sur tablette », a-t-il ajouté. Il a par ailleurs relevé que près de 80% des centres de santé ne disposent d’aucun budget pour assurer la maintenance ou le renouvellement des équipements numériques et environ 80% financent leur connexion sur leurs propres ressources.
Des données jugées fiables
En outre, il a montré que les outils ont produit des données jugées fiables mais celles-ci restent insuffisamment exploitées en raison de l’absence du tableau de bord central prévu par le projet et du manque de compétences analytiques chez les responsables. « Sans un instrument opérationnel de synthèse et de pilotage, les données restent stockées plutôt que mobilisées pour améliorer la gestion des ressources, la planification locale ou les politiques de santé », a-t-il regretté. Pour le secrétaire des réformes techniques sur le financement de la santé, Vincent Batiené, cette initiative n’est pas un simple déploiement technique, mais une transformation des habitudes de travail pour bâtir progressivement une culture de la donnée.
« La restitution que nous avons vécue aujourd’hui n’est pas une fin en soi », a-t-il précisé. Les évaluateurs ont formulé des recommandations pour une bonne utilisation de ces numériques à savoir le renforcement des infrastructures, la formation sur l’analyse et l’utilisation des données ainsi que la mise en place d’un tableau de bord central afin que les informations deviennent un levier effectif de la gouvernance. Ils ont appelé aussi à formaliser des budgets locaux pour garantir la continuité des services numériques sans dépendre exclusivement de partenaires externes. Les conclusions de l’évaluation ont eu des retombés concrètes avec l’extension de l’EDM dans la région du centre et la mise en place de l’application E-Flux financier qui a amorcé une montée de prise en charge au niveau national.
Abdoulaye BALBONE
Assami TIENDREBEOGO (Stagiaire)





