Le rapport annuel 2025 de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest a été présenté par le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou, le mercredi 22 juillet 2026 au siège de l’institution à Dakar au Sénégal.
Pour la première fois, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a organisé une cérémonie pour présenter son rapport annuel, mercredi 22 juillet 2026 à son siège à Dakar au Sénégal. Il ressort de la présentation inaugurale assurée par le gouverneur de la BCEAO, Jean Claude Kassi Brou que la Banque centrale a assuré ses missions en 2025 dans un contexte marqué par un regain d’incertitudes. Au cours de l’année écoulé, l’institution a structuré ses actions autour de trois priorités stratégiques. Il s’agit de la maîtrise de l’inflation, du renforcement de la stabilité du système financier, ainsi que l’accélération de l’inclusion financière et des innovations
Ainsi le gouverneur de la BCEAO a révélé que le taux d’inflation annuel, c’est à dire le niveau de variation des prix est nul en 2025 alors qu’il était de 3,5% en 2024. Il a expliqué que cette évolution fait suite à la hausse des prix de la production céréalière au cours de la campagne agricole 2025-2026 , la baisse des prix des produits alimentaires et énergétiques importés et la mise en œuvre par certains Etats de mesures pour assurer la sécurité alimentaire et énergétique des ménages. Dans le cadre du deuxième axe prioritaire en 2025, Jean Claude Kassi Brou a indiqué que la Banque centrale a poursuivi ses efforts pour la stabilité financière. Cela s’est traduit par la mise de ressources à la disposition des différentes banques commerciales dans les Etats membres. « Le secteur bancaire demeure globalement résilient avec des ratios de solvabilité élevés, malgré la décision que nous avons prise d’augmenter leur capital. Les actions pour maintenir la stabilité financière se sont concrétisées également par la désignation de la Banque comme Autorité macroprudentielle, consolidant son rôle majeur dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme », a-t-il précisé.
Le choix de PI-SPI, une innovation majeure
L’accélération des efforts pour améliorer davantage l’inclusion financière dans les huit Etats a été matérialisée par le lancement de la plateforme interopérable du système de paiement de l’UEMOA (PI-SPI UEMOA), selon le gouverneur de la BCEAO. Il s’agit en fait d’une innovation majeure va rendre les transactions moins chères et instantanées, quelle que soit la banque ou l’opérateur de mobile monnaie des utilisateurs dans l’Union. La BCEAO a fixé le délai de connexion de l’ensemble des banques au 30 septembre 2026. Quant aux établissements de Miro crédit, ils ont jusqu’en juin 2027.

Des cadres de la banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest se sont relayé ensuite pour apporter plus d’éclairages sur les différentes priorités de 2025. Le directeur général de l’économie et de la monnaie, Blehoué Toussaint Damoh, a déclaré que l’assouplissement des taux directeurs en 2025 qui sont passés à 3,25% contre 3,50% en 2024 et à 5,25% contre 5,50% en 2024 pour le taux d’intérêt sur le guichet de prêt marginal se justifie en partie par les efforts de consolidation budgétaire par les Etats, avec une meilleure collecte des impôts. Cette politique monétaire de détente a favorisé le financement de l’économie par les banques commerciales, a-t-il poursuivi.
Le directeur général des opérations et de l’innovation financière, Djibril Diaw, a confié que la Banque centrale a fait le choix de l’interopérabilité comme socle de l’inclusion financière à travers la conception de PI-SPI, « au 30 juillet, 80 acteurs se sont déjà connectés à PI-SPI et nous encourageons les autres à la faire », a-t-il informé. Djibril Diaw a souligné que la Banque centrale a poursuivi ses efforts pour la promotion et l’accompagnent de l’innovation financière propice au développement des FinTechs, tout en garantissant la stabilité financière.
Nadège YE






