La Confédération des Etats du Sahel est une opportunité stratégique pour les trois pays qui le composent. C’est la conviction du Pr Aboubacar Yenikoye Ismaël de l’université Abdou-Moumouni de Niamey (Niger) qui a publié un livre au titre sans équivoque : Genèse et exégèse de la refondation au Sahel ».
«C’est dans un élan de souveraineté et de solidarité que, le 16 septembre 2023, le Burkina, le Mali et le Niger ont créé l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Ce processus qui a débuté avec la signature d’une Charte du Liptako-Gourma a pour but, non seulement de lutter contre l’insécurité qui gangrène la région mais, aussi d’asseoir une véritable souveraineté économique et politique depuis la sortie de ces Etats de la Communauté économique de Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
La naissance de l’AES a suscité des ires et des rires de part et d’autre en Afrique et dans le monde, et tout doucement le train avance en avalant des distances de transformation politique. C’est dans le but d’apporter sa contribution à cette initiative que le professeur émérite, Aboubacar Yenikoye Ismaël, de l’université Abdou-Moumouni de Niamey (Niger) a publié un livre au titre sans équivoque :
« Genèse et exégèse de la refondation au Sahel ». Le Tome 1 de cette publication qui fait 275 pages s’intéresse au : contexte historique et enjeux stratégiques. Cas du Niger. L’image de la couverture du livre a une forte charge symbolique positive : un ciel bleu, éclairé de nuages. On peut y voir la promesse d’un avenir meilleur pour l’AES avec deux composantes centrales : la lumière et l’eau qui s’annoncent à travers les nuages.
Les nuages sont les signes des perturbations nécessaires à la prospérité à
venir, c’est-à- dire les accommodations, pour user d’un langage cognitiviste.
Dès la page de dédicace, l’auteur plante le décor à travers les hommages suivants : Aux victimes civiles et militaires de la guerre imposée au Sahel. Aux veuves et aux orphelins de la terreur sponsorisée au Sahel. La suite se lit comme un roman. Dans un style pédagogique, cet enseignant-chercheur qui a passé plus de 40 ans de sa vie à enseigner la psychologie, les sciences de l’éducation à des étudiants, dont certains sont aujourd’hui ses collègues, décrit la situation socio-politique nigérienne qui a précédé la création de l’AES et donne la voie à suivre pour ne pas décevoir les espoirs naissants.
Entre éléments d’histoire et analyse sociopolitique, l’auteur décortique la Franc’Afrique vue du Niger dans une langue accessible, pleine de figure de style qui facilitent la lecture.
Le Tome 1 de cette chronique des transformations socio-politiques en cours est subdivisé en trois parties après une entrée consacrée à la définition des concepts et à la position du problème. Ce détour par la démarche scientifique est fait dans un style simple et accessible à tout lecteur. Dans cette partie introductive, le thème qui a retenu notre attention est celui de la théorie de la refondation ou la stratégie de rupture.
Selon l’auteur, la réussite de toute réforme visant à proposer des termes d’un destin salvateur pour l’Afrique, n’est possible qu’en présence d’une « réforme mentale » préalable et ou concomitante, porteuse de l’Esprit de la Réforme elle-même, tant du côté de ceux qui l’incarnent, que de celui des populations à la base. Les doutes et les résistances sont de la nature humaine, mais la conviction par le verbe et l’action produit toujours des effets. Cette refondation, Pr Yenikoye, l’appréhende autour de 7 axes.
Après cette entrée en matière, Le livre premier : Le contexte historique et les enjeux de la guerre au Sahel, compte au total 7 chapitres. Dans le premier consacré au contexte historique, l’auteur fait appel à l’histoire contemporaine des conflits violents dans la région des Grands Lacs, le Golfe de Guinée et l’assassinat du Guide Suprême de le
Révolution libyenne, commejalons nécessaires pour aider à comprendre l’actualité des conflits au Sahel. A qui profite le crime ? La réponse à cette question coule de source.
« L’Occident dominateur et conquérant ayant expérimenté dans l’impunité, l’usage de la violence sur la terre africaine… » (P 82).
Professeur Yenikoye Ismaël démontre comment les violences ont été créées en Afrique, notamment dans des régions africaines aux riches ressources naturelles, pour continuer à déposséder, au prix du sang versé par les filles et fils, des territoires entiers de leurs richesses. De la traite négrière à la colonisation, l’Afrique a toujours été le continent des violences orchestrées par l’Occident à des fins machiavéliques. A la lecture de cette entrée, on comprend alors que les pays dits pauvres très endettés, ne seraient pas à ce niveau s’ils avaient eu la latitude de s’épanouir sans l’adversité sanglante des puissances prédatrices venues d’ailleurs.
« Ces Napoléons des temps modernes » comme l’écrit l’auteur, ont certes, de nos jours d’autres méthodes et d’autres stratégies plus subtiles, mais le résultat final visé reste le même : s’enrichir sur le dos des pauvres Africains.
L’auteur conclut son ouvrage en ces termes : Pour l’Afrique et les Africains, pour tous les Hommes épris de justice, de paix, d’égalité, de fraternité et de solidarité à travers le monde, l’Alliance des Etats du Sahel doit vivre, survivre et prospérer pour consacrer la fierté, la dignité et la souveraineté des Peuples d’Afrique et du Sahel qui aspirent à se prendre en main.
L’invite à la rupture stratégique passe par la construction d’un nouvel humanisme. A bon entendeur, bonne lecture ! »
Issa Abdou Moumoula et Ludovic
Ouhonyioué KIBORA
Correspondance particulière






