Le service régional de la circulation et de la sécurité routière de Nando, le commissariat central de police de Koudougou et la police municipale ont mené, le vendredi 21 août 2026, une opération conjointe de contrôle du port du casque dénommée : « Bouclier tête ». L’objectif est d’amener les usagers des engins à deux et trois roues à adopter définitivement le port du casque comme un geste quotidien de sécurité routière.
Dans la matinée du vendredi 21 août 2026, dès les premières heures, des agents de la Police nationale et municipale ont investi les principales artères de la ville de Koudougou ainsi bouclée pour un contrôle du port obligatoire du casque par les usagers de la route notamment les motocyclettes et les tricycles. Au total, 11 postes de contrôle ont été installés pour vérifier le respect de la mesure avec la consigne suivante : tout usager circulant sans casque doit être systématiquement refoulé ou s’en procurer sur place avec les vendeurs avant de poursuivre son trajet.
A l’entrée de Koudougou sur l’axe Koudougou-Réo, ceux qui se rendaient au centre-ville, y compris des usagers en provenance de Réo, ont ainsi été contraints de se conformer à la mesure. Sur le terrain, certains usagers ont dû modifier leur programme. Les personnes qui ne disposaient pas de casque avaient le choix entre retourner le chercher ou s’en procurer auprès des vendeurs présents à proximité des points de contrôle. Des usagers ont expliqué avoir oublié leur casque. D’autres, après avoir été refoulés, sont retournés à leur domicile pour le récupérer. Cette situation traduit les difficultés qui subsistent dans l’application d’une mesure pourtant présentée comme obligatoire.
Certains motocyclistes disposent d’un casque, mais ne l’utilisent pas systématiquement. L’assistant de police municipale Armel Yaméogo a relevé cette situation lors de l’opération, tout en constatant une adhésion importante des usagers au dispositif. Pour les forces de sécurité, il ne s’agit donc plus seulement de rappeler la règle, mais de favoriser son application effective. Le chef du service régional de la circulation et de la sécurité routière de Nando, le capitaine de police Henri Yamyaogo, a indiqué que le taux de port du casque constaté au cours de l’opération était d’environ 80 %. Un résultat jugé encourageant, mais qui reste en deçà de l’objectif de 100 %.
Le message des agents reste centré sur la prévention et la protection des usagers.
« Nous invitons tous les usagers de la route au respect du Code de la route et à faire également du port du casque un geste quotidien », a déclaré le capitaine Henri Yamyaogo.
« Intégrer le casque dans les habitudes »
A Koudougou, l’opération « Bouclier tête » entend ainsi transformer progressivement les habitudes. Au-delà de la présence des agents sur les axes routiers, les autorités misent sur la sensibilisation pour faire du casque un équipement systématique. L’objectif reste clair : parvenir à 100 % de port du casque et faire de la sécurité routière une responsabilité partagée par tous les usagers. Cette opération a été une occasion pour les vendeurs de casques de se frotter les mains. Ouattara Wenanato propose plusieurs modèles de casques dont les prix varient entre 6 500 et 17 500 F CFA.
Il a fait savoir que son équipe commerciale, composée d’une douzaine d’agents postés aux différents carrefours de la cité du Cavalier rouge écoule parfois plus d’une centaine de casques par jour, toutes catégories confondues. D’ailleurs, il a enregistré des ruptures de stocks pour certains modèles. Abdoulaye Ouédraogo est venu acheter un autre casque en remplacement de l’ancien jugé moins protecteur.
Pour lui, le port obligatoire institué par les autorités vise à protéger les usagers et les citoyens devraient le comprendre ainsi. « C’est dans notre intérêt parce qu’avec le casque en cas d’accident, il évite les blessures graves à la tête pouvant conduire à la mort », a-t-il précisé. Il a salué la mesure et appelé les motocyclistes à intégrer le port du casque dans les habitudes en circulation pour préserver leur vie. Interceptée et stoppée à son retour du marché, Lucienne Zagré, a reconnu l’importance du casque mais a affirmé avoir oublié le sien à la maison.
Beyon Romain NEBIE
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