Il se tient du 8 au 10 juin 2026 à Ouagadougou la dernière mission conjointe gouvernement /Banque mondiale sur la mise en œuvre du projet de résilience et de compétitivité agricole (PReCA).
Miser en œuvre le 14 janvier 2020, le projet de résilience et de compétitivité agricole (PReCA) prend fin le 30 juin prochain. L’heure est donc au bilan. C’est dans ce cadre que tous les acteurs du projet sont réunis pour faire le bilan de mise en œuvre du 08 au 10 juin 2026 à Ouagadougou. Il s’agit pour eux d’apprécier les résultats obtenus, de terminer les activités résiduelles, les rapports d’achèvement et l’évaluation économique. « La présente mission d’appui conjointe permettra d’échanger concrètement sur les recommandations issues de la dernière mission d’appui, les questions fiduciaires, notamment la gestion financière et la passation des marchés, les sauvegardes environnementales et sociales, le suivi-évaluation, la communication et la gestion des connaissances et les documents de clôture du projet » a expliqué le chef de la délégation de la Banque mondiale, Idriss Sermé.
Au titre de la composante 1 « amélioration de la productivité agricole », le PReCA a permis l’aménagement de 4 périmètres irrigués d’une superficie totale de 1 933 hectares au profit de 5 328 producteurs dont 39 % de femmes et 26 % de jeunes, ainsi que l’aménagement de 32 bas-fonds couvrant 1 434 hectares. Selon le coordonnateur du PReCA, Adama Siri, cela va permettre de produire au moins trois campagnes agricoles. « Ce sont là les orientations phares que nous avons reçues du niveau sectoriel dans le cadre de l’offensive agro-pastorale et halieutique » a-t-il ajouté.

Pour le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, Gaoussou Sanou, la mise en valeur de ces infrastructures a généré des performances agricoles appréciables, soutenues par la réalisation de 16 forages à gros débit accompagné de périmètres maraichers sur les sites des basfonds aménagés et la mise à disposition d’équipements destinés à la réduction des pertes post-récolte.
La composante 2 « amélioration de la compétitivité et facilitation à l’accès au marché » a permis la réalisation de 8 comptoirs d’achat, de 64 magasins de stockage et la réhabilitation/construction de 114 kilomètres de pistes rurales et routes en terre, permettant le désenclavement des zones de production et facilitant l’amélioration de la commercialisation des productions agricoles.

S’agissant de la composante 3 « promotion et développement de l’agro -industrie par le secteur privé », le projet a financé 2 174 microprojets et sous-projets sur l’ensemble du territoire national pour un montant supérieur à 21,6 milliards de FCFA dont 526 au profit des personnes déplacées internes réinstallés dans leur localité contribuant ainsi à faciliter leur relèvement. En effet, « le PReCA a contribué à financer la réinstallation des populations qui ont jadis été chassées de chez eux pour permettre leur relèvement avec plus de 500 projets » a souligné le coordonnateur. Ces performances enregistrées témoignent donc de l’engagement exemplaire des équipes du projet, des structures partenaires de mise en œuvre, des services techniques déconcentrés, des collectivités territoriales ainsi que des organisations professionnelles bénéficiaires, a poursuivi le SG. « Grâce à cette mobilisation collective, le projet affiche un taux de décaissement de 100 %, un taux physique cumulé de 96,84 % et un taux financier cumulé de 96,65 %. Les impacts sont également perceptibles à travers la progression des ventes des bénéficiaires estimée à 68 % pour le riz, 90 % pour la mangue, 85 % pour le karité, 60 % pour la tomate et 69 % pour l’oignon » a-t-il précisé. Au total, 193 329 bénéficiaires, dont 36 % de femmes, ont été touchés, soit 129 % de la cible finale. Une enquête réalisée en 2025 révèle par ailleurs que plus de 88 % des bénéficiaires se déclarent satisfaits de la mise en œuvre du Projet. « C’est dire que le PReCA laisse un héritage important en matière d’investissements structurants, de renforcement de la résilience des producteurs et de développement des chaînes de valeur agricole. Il a atteint ses objectifs de développement » a relevé Gaoussou Sanou.

Dans une perspective de durabilité des investissements, le PReCA a accordé également une attention particulière à la responsabilisation des bénéficiaires à travers la mise en place et l’opérationnalisation de structures communautaires de gestion adaptées aux différents ouvrages réalisés. Il s’agit de la mise en place des organisations des usagers de l’eau (OUEA) pour les périmètres irrigués, des groupements d’intérêt économique (GIE) pour les comptoirs d’achat, des comités de gestion (COGES) pour les magasins, des Sociétés coopératives simplifiées (SCOOPS) pour les bas-fonds ainsi que des Comités de veille et d’entretien des pistes rurales (CVEP) pour les pistes rurales.






