RDC : un nouvel espoir

Après plusieurs mois de négociations en Suisse, la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe politico-armé, M23, ont convenu de l’élaboration d’une feuille de route pour les pourparlers de paix. L’information émane du gouvernement suisse, qui a publié un communiqué à cet effet, le dimanche 23 août 2026. Ce document stratégique devra définir les étapes successives et le calendrier des négociations devant aboutir à un accord de paix final.

Cette avancée suscite un nouvel espoir depuis que l’exécutif congolais se montre plus flexible à parler avec le M23, qu’il considère comme un groupe terroriste. Le régime Tshisekedi, qui préférait jusque-là discuter avec le présumé parrain du mouvement, le Rwanda voisin, semble désormais faire preuve de pragmatisme. Si les initiatives diplomatiques se multiplient, avec les protocoles d’accord signés au Qatar, aux Etats-Unis et maintenant en Suisse, les réalités du terrain incitent au pessimisme.
Ramener la stabilité dans la région des Grands Lacs est un gros défi, avec les armes qui continuent de crépiter au quotidien.

Dans l’Est de la RDC, zone qui échappe en partie au contrôle du pouvoir en place, les combats n’ont jamais cessé. Le M23, qui y détient des grandes villes comme Goma et Bukavu, ne rechigne pas encore à s’imposer par les armes à feu. Face à une armée congolaise puissante mais mal organisée, ce mouvement rebelle considère les avancées militaires comme une position de force à même de peser dans les négociations. Avec cette vision du M23, les parties vont parapher encore et encore des accords, sans que les armes ne se taisent dans l’Est de la RDC.

Tous les cessez-le-feu envisagés ont été violés. Certains n’ont même pas eu le temps d’entrer en vigueur. Aucune trêve n’a pu tenir. On assiste à un non-respect chronique des cessez-le-feu dans l’Est congolais, ce qui est de nature à fragiliser le processus de paix. Peut-on négocier pendant que les armes crépitent et que le sang coule ? Ce n’est pas le scenario idéal. L’obstacle majeur à franchir sur le chemin du retour à la paix en RDC est d’obtenir un cessez-le-feu durable. Les médiateurs de tous horizons, qui ne sont pas encore parvenus à ce résultat, doivent user de tous les ressorts en leur possession, pour aller dans ce sens.

Dans le cadre du protocole d’accord suisse, les parties en conflit se sont engagées à mettre en place une méthode standardisée pour signaler les allégations de violations de cessez-le-feu. Des missions de vérification vont être déployées sur le terrain, en vue de l’opérationnalisation de ce système. On espère que, cette fois-ci, sera la bonne, au regard des nombreux échecs enregistrés dans le respect des différents cessez-le-feu déclarés. Aucun processus de paix ne peut être crédible pendant que les massacres et les déplacements forcés de populations s’observent toujours dans l’Est de la RDC. Il est temps de sortir de cette routine macabre, si l’on veut véritablement mettre fin à la guerre dans ce pays d’Afrique centrale et appréhender l’avenir avec sérénité. Que ce soit à Doha, à Washington ou à Genève, les facilitateurs, avec leur bonne foi et leur détermination salutaires, savent qu’aucune paix ne peut se construire dans un tel climat. Il faut travailler à éviter l’éternel recommencement dans ce dossier congolais.

Kader Patrick KARANTAO

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