Secteur minier dans les Tannounyan: deux nouvelles coopératives d’artisans miniers mises en place

C’est en AG comme ici à Mangodara, que les artisans miniers ont choisi les membres de leurs comités.

Le ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières, à travers sa Direction régionale des Tannounyan, a procédé à la mise en place de deux coopératives d’artisans miniers, les 27 et 28 décembre 2025, sur deux sites, respectivement dans les communes de Mangodara et de Tiéfora.

Le ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières franchit une nouvelle étape dans l’opérationnalisation des réformes prévues par le nouveau code minier. Dans cette dynamique, la Direction régionale des mines des Tannounyan a procédé à l’installation des deux premières sociétés coopératives simplifiées d’artisans miniers dans la région, marquant ainsi un tournant décisif vers une exploitation plus structurée et encadrée du secteur artisanal.

C’était respectivement le samedi 27 décembre 2025, à Mangodara pour la coopérative « Mambo » du site de Koflandé et le dimanche 28 décembre à Tiéfora pour la coopérative « Songtaaba Yagnina » du site de Tieradeni, toutes dans la province de la Comoé. Dans les deux localités, des bureaux ont été mis en place. Ces bureaux se composent d’un comité de gestion composé de 3 membres et d’un comité de surveillance de 3 membres également. Selon le Directeur régional (DR) en charge des mines des Tannounyan, Ahmed Diarra, il s’agit, à travers, la création des coopératives, d’organiser l’artisanat minier, pour plus de sécurité de l’activité, et afin que son impact soit plus positif pour la population.

Il a, par la même, invité les artisans miniers à recourir aux services de la direction régionale pour les accompagner afin que leur activité soit plus rentable bénéfique. Alexis Dakuyo, chargé de mission au ministère des Mines, a conduit une équipe depuis le ministère pour la supervision de mise en place des deux sociétés coopératives. A l’entendre, ces mises en place de coopératives ne sont qu’une application de la loi 016-2024 portant nouveau code minier. Pour Alexis Dakuyo, c’est avant tout une vision du gouvernement qui a été transcrite dans le nouveau code minier. « C’est un secteur porteur dans la vie de nos populations, mais qui n’était malheureusement pas suffisamment encadré ou pas du tout encadré », a fait remarquer le chargé de mission.

Pour plus de traçabilité

Et d’ajouter que le gouvernement, dans sa nouvelle politique, a décidé de ces réformes pour faire du secteur de l’artisanat minier un véritable secteur porteur avec des emplois décents. Il a, en outre, expliqué que du moment où l’or qui est extrait de l’artisanat minier était difficilement traçable. En encadrant l’activité, cette traçabilité sera désormais possible et permettra de lutter par ricochet contre la déperdition des devises nationales. Le chef du service en charge de la formalisation et de l’encadrement technique au niveau de la Direction générale des mines et de la géologie, Sylvain Sanou, a déroulé une communication sur le processus de la mise en place d’une coopérative suivant l’acte uniforme OHADA.

Le processus, à l’entendre, consiste à identifier d’abord les différents sites propices à la formalisation. Une fois le site identifié, a-t-il poursuivi, la mairie informe sur le projet de mise en place de la coopérative et lance un appel à souscription pour la coopérative afin
de permettre à tous les acteurs qui souhaitent s’inscrire de le faire. Une fois la liste close, une assemblée générale constitutive est convoquée par la mairie et les différents souscripteurs s’y retrouvent pour la mise en place du bureau de la coopérative. Sylvain Sanou a, par ailleurs, rappelé qu’il s’agit de coopératives simplifiées, et que le ministère suggère un effectif d’au moins 5 membres et au plus 100 pour une meilleure organisation.

Ce qui, a-t-il précisé, ne signifie pas que seuls les membres de la coopérative ont droit de travailler sur le site. « La coopérative assure l’organisation et la gestion du site.
D’autres artisans miniers non membres de la coopérative peuvent y travailler aussi, à condition qu’ils soient identifiés par la coopérative », a-t-il clarifié. Moussa Sankara, le président du comité de gestion de la coopérative « Mambo », a salué à sa juste valeur, l’initiative de création des coopératives. Pour celui qui s’est installé à Koflandé depuis 2019 dans le cadre de l’orpaillage, la recherche de l’or, tout ce qui prône l’union des acteurs de l’artisanat minier est la bienvenue.

Alpha Sékou BARRY
alphasekoubarry@gmail.com

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.