Nous sommes au pied de la Tour de Babel
Les fondations du mastodonte chancellent
L’ouvrage vacille, tangue de gauche à droite
Parmi les bâtisseurs, des mains maladroites
La main de l’inimitié porte les gants de la fraternité
Celle qui construit est la même qui détruit la cité
Parfois l’agneau qui broute est un vilain félin qui simule
Rien ne sert de crier au loup qui en nous est et se dissimule
La parole nacrée ne professe plus la vérité, elle n’est plus sacrée
Seuls les actes ont valeur de pacte pour l’idéal tant détesté
Celui de ne jamais se retourner contre les siens juste pour soi
Celui de ne jamais trahir la cause qui transcende l’égo aux abois
Ceux qui construisent n’apportent pas des briques à l’édifice
Ils apportent leurs cœurs en guise de pierre pour le sacrifice
Ceux qui se tuent à mains nues au pied du mur du défi sont fiers
Ils resteront dans l’histoire des hommes qui croisent les fers des cerbères
Parce que la grandeur n’est plus dans la taille du boucan de Babel
Parce que les coups reçus ne valent pas le coût du sublime rêve sacrificiel
Parce que la foi des maçons de la nation est aveugle mais juste et sincère
Parce que la voie des entêtés est l’ultime chemin de croix qui libère de l’enfer.
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr





