Actu vert: augmenter les productions malgré le changement climatique

Face au changement climatique, le stockage de l'eau pendant la saison des pluies dans les barrages est un impératif.

Au Burkina Faso, les producteurs sont désormais confrontés à une pluviométrie de plus en plus faible et irrégulière. Les pluies arrivent tard, s’interrompent brutalement ou tombent avec une violence qui emporte les sols au lieu de les fertiliser. Ce dérèglement climatique constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles à l’atteinte de la souveraineté alimentaire.

Les campagnes agricoles se succèdent, mais elles sont de plus en plus différentes les unes des autres. Pour faire face à cette réalité, la Révolution progressiste et populaire a décidé de faire de l’offensive agricole un moyen important pour transformer le secteur rural. L’objectif est clair : augmenter les productions malgré les problèmes climatiques. Cette stratégie repose notamment sur la rénovation des barrages, des bas-fonds et des plaines aménagées pour mieux utiliser les ressources en eau et développer les cultures irriguées.

Pour soutenir les cultures de contre-saison, il faut stocker l’eau pendant la saison des pluies, d’où l’importance de rénover les barrages. Les bas-fonds offrent des terres naturellement plus humides où peuvent prospérer le riz, le maïs ou les cultures maraîchères. Les plaines aménagées présentent une exploitation plus intensive des terres tout en sécurisant la production. Mais, ces infrastructures hydrauliques ne suffisent pas. La véritable révolution agricole passe également par l’adoption de techniques culturales adaptées aux réalités de chaque région du Burkina Faso.

Les producteurs obtiennent de meilleurs résultats et de restauration
des terres dégradées grâce aux techniques du zaï, des demi-lunes,
des cordons pierreux et l’apport de fumée biologique.

Dans la zone sahélienne, qui couvre notamment les régions Yaadga, Soum, Liptako et une partie des Koulse, où les prélèvements sont faibles, la priorité reste la conservation de l’eau et des sols. Les producteurs obtiennent de meilleurs résultats grâce aux techniques du zaï, des demi-lunes, des cordons pierreux et l’apport de fumée biologique. Ces techniques permettent de retenir les eaux de pluie, de restaurer les terres dégradées et d’améliorer progressivement leur fertilité.

Combiner les techniques avec la rotation des cultures Dans les régions de Oubri, de Nando et du Nakambé, les producteurs peuvent combiner ces techniques avec la rotation des cultures, le paillage et l’utilisation de semences améliorées à cycle court. Ces variétés arrivent à maturité avant la fin des pluies et réduisent les risques de pertes liées aux sécheresses de fin de saison. Pour ce qui est des régions des Tannounyan, du Djôrô et du Guiriko, où les prélèvements sont généralement plus abondants, l’enjeu est moins que la rareté de l’eau que sa bonne gestion.

La rénovation des plaines aménagées permet de mieux utiliser les ressources en eau et développer les cultures irriguées.

Les aménagements antiérosifs, le drainage des parcelles, l’agroforesterie et la diversification des cultures permettent de préserver la fertilité des sols tout en limitant les effets des pluies intenses. Il ne faut pas oublier l’agroforesterie qui consiste à associer des arbres utiles aux cultures pour améliorer la fertilité des sols, réduire l’évaporation, protéger les champs contre le vent et contribuer à maintenir l’humidité. La réussite de l’offensive agricole dépendra donc autant des ouvrages réalisés que de la capacité des producteurs à adopter ces pratiques résilientes.

Cela suppose un accompagnement technique renforcé du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques pour un meilleur accès aux équipements agricoles, aux semences performantes et aux conseils des services d’encadrement. Une chose est certaine, la résilience agricole au Burkina Faso n’est plus un simple choix technique. Elle est devenue une condition indispensable pour garantir la sécurité alimentaire et construire une agriculture capable de nourrir durablement le pays.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO

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