Coopération sanitaire dans l’espace AES : Vers une souveraineté médicale décisive d’ici novembre 2026

Des experts ont élaboré les trois variables pour leur engagement en faveur du renforcement de la coopération sanitaire dans notre espace communautaire

Des experts du secteurs de la santé de l’Alliances des États du Sahel se sont réunis à Ouagadougou pour élaborer trois livrables pour l’AES : la surveillance des maladies et ripostes, la réglementation pharmaceutique et l’achat groupé de médicaments. Cette rencontre a pris fin le vendredi 14 août 2026 à Ouagadougou.

Face aux défis humanitaires et sécuritaires interconnectés du Sahel, les réponses fragmentées appartiennent désormais au passé. Du 11 au 14 août 2026 à Ouagadougou, des experts de la santé du Burkina Faso, du Mali et du Niger se sont réunis en vue de matérialiser la vision commune de l’Alliance des États du Sahel (AES) à travers trois chantiers prioritaires que sont la surveillance épidémiologique, la régulation pharmaceutique et l’approvisionnement groupé en médicaments. Les travaux de cette rencontre des experts de l’AES ont été clôturés le vendredi 14 août 2026 à Ouagadougou.

Le ministre de la Santé du Burkina Faso, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou a invité l’ensemble des experts à poursuivre le travail avec le même engagement

Pour sa part, le ministre de la Santé du Burkina Faso, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a qualifié cette rencontre d’« opportunité historique ». Pour le ministre, faire face aux risques d’épidémies et aux pénuries récurrentes de médicaments impose une refonte profonde du modèle d’approvisionnement des trois États.

Il a souligné la nécessité de s’affranchir des chaînes logistiques extérieures tout en renforçant les exigences en matière de contrôle de la qualité au niveau communautaire. Il a indiqué aux experts que la finalisation de ces livrables est impératif. Pour le ministre burkinabè de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, cette rencontre en présentiel à Ouagadougou était indispensable pour « accélérer la cadence ». Il a rappelé l’importance des trois livrables majeurs attendus pour la fin de l’année : un politique harmonisé.

Le Ministre de la Santé et du Développement social de la République du Mali “Il est donc tout naturel que nous soyons en train d’exécuter les chantiers de cette deuxième année, et le secteur de la santé n’a pas été en reste”.

« Nous devons absolument et impérativement avoir une politique d’achat groupé pour pouvoir mutualiser nos efforts », a martelé le ministre Kargougou. Se réjouissant de l’état d’avancement des travaux, il a assuré que les engagements pris seront tenus : « Nous sommes rassurés de ce que les délais de novembre vont être respectés ».

L’AES, une alliance qui parle d’une seule voix

Pa ministre malienne de la Santé et du Développement social, le colonel-major Assa Badiallo Touré, cette réunion est la preuve tangible que l’AES est désormais une entité solide qui « marche et parle d’une seule voix ».

Elle a rappelé que cette initiative découle des orientations fixées lors du sommet fondateur de la Confédération puis confirmées par le Conseil des ministres de février dernier. Pour elle, la santé ne constitue pas seulement un service public indispensable, mais s’impose comme un pilier fondamental de la souveraineté nationale et du développement socio-économique des trois nations. Elle a de ce fait indiqué qu’il s’agit de bâtir une architecture sanitaire solidaire capable d’anticiper les crises épidémiques plutôt que de les subir. « La santé de nos populations est le socle sur lequel repose le développement socio-économique. En renforçant nos systèmes de santé, nous consolidons la souveraineté de nos États », a-t-elle insisté, réaffirmant l’engagement ferme des trois gouvernements à mettre en œuvre les orientations stratégiques retenues.

 

 Harmoniser des dispositifs hétérogènes

Le Directeur général de la Santé publique du Burkina Faso, M. Joseph Soubeiga, a affirmé qu’à partir de ces analyses, la lumière a été sur les forces, les faiblesses ainsi que les points de convergence.

Le Directeur général de la Santé publique du Burkina Faso, M. Joseph Soubeiga, a expliqué le travail technique accompli durant ces quatre jours. L’exercice a consisté à réaliser une cartographie précise des dispositifs nationaux existants afin d’en extraire les synergies et de combler les divergences.

Il a affirmé que les analyses conduites révèlent en effet des disparités institutionnelles et techniques. Si les trois pays disposent déjà de cadres de surveillance épidémiologique, leurs équipes d’intervention rapide affichent des degrés d’opérationnalité inégaux. De même, a-t-il souligné, la régulation pharmaceutique et les statuts juridiques des centrales d’achat diffèrent. Joseph Soubeiga a soutenu que le travail mené a ainsi permis de jeter les bases juridiques et organisationnelles nécessaires à une véritable politique d’achat groupé, incluant la définition claire des mécanismes de paiement et de gouvernance.

Wamini Micheline OUEDRAOGO

Inoussa SONDE

Crédit photo : Inoussa SONDE   

 

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