Le Réseau des jeunes ambassadeurs pour la promotion de la santé de la reproduction et de la planification familiale (JASRPF), en collaboration avec l’ONG RAES, a conduit des activités de mobilisation des adolescents et des jeunes dans le cadre de la campagne « C’est la vie ! » au Burkina Faso. Au cours de la période 2025-2026, les actions menées ont notamment porté sur la création de clubs scolaires et l’organisation d’une activité artistique ayant mobilisé plus d’une centaine de jeunes à Bobo-Dioulasso.
La connaissance du corps, la planification familiale et la prévention des pratiques néfastes figurent parmi les thèmes abordés par le Réseau des jeunes ambassadeurs pour la promotion de la santé de la reproduction et de la planification familiale (JASRPF) lors de ses activités de sensibilisation au profit de leurs pairs.
En s’appuyant sur des approches participatives et ludiques, les interventions du JASRPF ont permis aux jeunes de s’approprier les messages clés, d’exprimer leurs perceptions et leurs expériences et de développer une meilleure compréhension de leurs droits et responsabilités.
Sensibiliser les adolescents et les jeunes aux droits et à la santé sexuels et reproductifs ne consiste plus seulement à leur transmettre des informations. Avec « C’est la vie ! – Phase II », du Réseau africain pour la santé et l’éducation (RAES), l’enjeu a également été de leur donner une place active dans le processus de sensibilisation.
En effet, à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, les jeunes ambassadeurs et les pairs éducateurs du JASRPF/BF ont animé plusieurs activités autour de la santé sexuelle et reproductive, de la planification familiale, des grossesses précoces et non désirées, des infections sexuellement transmissibles, des violences basées sur le genre, ainsi que des mariages et unions précoces.
Au cours de la période, huit causeries éducatives ont permis de toucher directement 80 adolescents et jeunes, dont 51 garçons et 29 filles. Les échanges, basés sur le dialogue et les questions-réponses, ont notamment utilisé le kit éducatif « C’est la vie ! ».
Pour le président du JASRPF/BF, Arthur Daboné, au-delà du nombre de participants, l’intérêt de cette démarche réside dans le rôle confié aux jeunes. Ceux-ci ne sont pas seulement bénéficiaires des messages : ils deviennent progressivement des relais capables d’échanger avec leurs pairs et de contribuer à la diffusion de l’information dans leurs milieux de vie.
Des réalisations satisfaisantes

Les activités destinées aux leaders religieux et communautaires ont réuni 46 participants, contre une cible de 40. Avec ces personnes-ressources, les discussions ont notamment porté sur les normes sociales et les conséquences des mariages et unions précoces. Les participants ont été invités à contribuer à la diffusion des messages de prévention au sein de leurs communautés.
Les quatre ciné-débats organisés à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso ont, pour leur part, rassemblé 260 adolescents et jeunes, alors que la cible était d’au moins 200 participants.
La projection des épisodes de « C’est la vie ! » a servi de point de départ aux échanges. Les jeunes ont ensuite pu réagir, poser leurs questions et discuter avec les pairs éducateurs et des professionnels de santé.
Cette formule, soutient Alima Coulibaly, animatrice du réseau des JASRPF mêlant audiovisuel, discussion et intervention de professionnels, semble avoir facilité la prise de parole des jeunes sur des questions parfois difficiles à aborder dans les cadres traditionnels de sensibilisation.
Le projet a également choisi de sortir des cadres classiques de la sensibilisation en associant messages de santé et activités sportives.
Deux tournois mixtes de football et de handball, organisés à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, ont mobilisé environ 644 adolescents et jeunes, participants et spectateurs confondus.
La particularité de ces rencontres résidait dans la constitution d’équipes mixtes et dans l’intégration de séquences éducatives entre les matchs. Les participants ont notamment été sensibilisés au fonctionnement du corps, à l’égalité entre les sexes et aux questions liées à la santé sexuelle et reproductive.
Si les activités communautaires ont permis des échanges directs, la radio a donné au projet une capacité de diffusion beaucoup plus importante.
Quatre émissions interactives ont été réalisées au cours de la période. Elles ont permis de toucher environ 100 000 auditeurs cumulés. Les jeunes ambassadeurs et les points focaux ont participé à la préparation et à l’animation des émissions, donnant ainsi une place centrale à la parole des jeunes.

Inscrire les acquis dans la durée
L’une des avancées importantes du projet est la création de huit clubs de santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes dans des établissements scolaires de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso.
Environ 80 jeunes y sont activement impliqués, avec une attention portée à la parité. Ces clubs constituent une évolution importante dans la stratégie d’intervention. Contrairement aux activités ponctuelles, ils peuvent servir de relais permanents pour l’information et l’éducation par les pairs.
Selon Béatrice OUEDRAOGO, chargée de communication du réseau des JASRPF. Ils offrent également aux adolescent.e.s et jeunes un espace où ils peuvent échanger, poser des questions, partager des informations et contribuer eux-mêmes à la sensibilisation de leurs camarades. Pour le projet, cette dynamique favorise l’appropriation des messages et contribue à faire émerger de jeunes leaders capables de poursuivre les actions au sein de leurs établissements.
Le défi sera désormais de consolider les clubs scolaires, de maintenir l’engagement des jeunes ambassadeurs et de renforcer les passerelles entre information, dialogue et accès à des services de santé adaptés aux adolescents et aux jeunes retorque SANOU Leonel membre dudit réseau.
Boureima SANGA






